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30/04/2014

DEUX MEDICAMENTS PROMETTEURS CONTRE LA MIGRAINE

 

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Deux traitements utilisés en prévention de la crise de migraine ont des résultats encourageants.

 

Empêcher la migraine d'arriver. Voilà le rêve de milliers de personnes qui attendent chaque semaine ou chaque mois, résignées, la crise suivante, sachant qu'elle provoquera douleur, éventuellement nausées, et obligera peut-être à interrompre activités professionnelles et sociales. Mais que faire contre cela?

Les cas les plus sévères bénéficient souvent d'un traitement préventif destiné à réduire la fréquence des crises et leur sévérité. Mais leur efficacité est limitée et très variable d'un patient à l'autre. Il s'agit de médicaments développés dans d'autres indications et pour lesquels un effet sur la migraine a été remarqué a posteriori, tels que certains antihypertenseurs, antidépresseurs ou antiépileptiques.

Voilà pourquoi de nouveaux médicaments spécifiques, en cours de développement, sont actuellement porteurs d'espoir. Il s'agit d'anticorps monoclonaux qui agissent de façon ciblée contre la migraine, en bloquant le peptide relié au gène calcitonine ou CGRP, un messager de la douleur libéré par le système trigéminovasculaire responsable de la crise.

Plus de 5 jours de migraine en moins chaque mois

Deux de ces candidats (l'ALD403 d'Alder Biopharmaceuticals et le LY2951742 de Lilly) sont pour ainsi dire les stars du congrès de l'Académie américaine de neurologie, qui se tient du 26 avril au 3 mai à Philadelphie. Les études cliniques révélées à cette occasion indiquent qu'ils semblent au moins aussi efficaces que les meilleurs traitements de fond actuels, mais avec une facilité d'utilisation accrue.

«Le fait que les données positives se confirment avec ces deux anticorps est très stimulant», reconnaît le Dr Peter Goadsby, coauteur des deux études et spécialiste de la migraine à l'Institut de neurologie de Londres. L'ALD403 a été testé contre placebo en une injection intraveineuse unique chez 163 patients souffrant de migraine entre 5 et 14 jours par mois. En l'espace de 5 à 8 semaines, le médicament a permis de réduire de 5,6 le nombre de jours de migraine par mois, contre 4,6 sous placebo.

Quant au LY2951742, il a été testé chez 217 personnes présentant 4 à 14 jours de migraine par mois. La moitié a reçu une injection sous-cutanée d'anticorps monoclonaux toutes les deux semaines pendant 3 mois, et l'autre moitié un placebo. Au terme du suivi, les auteurs ont constaté une diminution du nombre de jours de migraine par mois de 4,2, contre 3 avec le placebo. Si les résultats paraissent à première vue relativement modestes, ils sont, pour le Dr. David Dodick, neurologue à la Mayo Cinic en Arizona et coauteur de ces travaux, «au moins aussi bons que ceux obtenus avec le topiramate, un des traitements préventifs les plus prescrits, et pertinents sur le plan clinique avec un vrai bénéfice attendu pour les patients. En outre, les taux de réponse à ces médicaments sont excellents. Pendant le suivi, 70 % à 77 % des patients ont connu une baisse de moitié du nombre de jours de migraine par mois, et 31 % à 41 % une rémission totale», explique-t-il.

Encore un peu de patience

Alors, petite pépite thérapeutique? Pour le savoir, il faudra attendre les résultats d'études dites de phase III, menées sur une plus grand nombre de personnes. L'une d'elles, concernant un troisième anticorps monoclonal de la même famille, l'AMG334 du laboratoire Amgen, démarrera début 2015 dans une dizaine de pays et cinq centres français, selon les informations du Dr Dominique Valade, responsable du Centre d'urgences céphalées de l'hôpital Lariboisière à Paris, qui participera à cet essai.

Une dernière étape cruciale qui devra également confirmer la sécurité de ces anticorps. Si les données actuellement disponibles sont plutôt rassurantes, il ne faut pas oublier que le développement d'une molécule chimique de la même classe thérapeutique (le telcagépan), a été brutalement arrêté en raison de toxicité hépatique. «Un risque a priori écarté cette fois, grâce à la grande spécificité des anticorps pour leur cible, qui empêche le parasitage d'autres molécules de l'organisme», rassure cependant David Dodick.

Pour Dominique Valade, ces nouveaux médicaments sont plutôt séduisants à ce stade. «Si l'efficacité se confirme, ils permettront de traiter les patients avec une injection mensuelle unique, contre souvent plusieurs comprimés par jour actuellement», rappelle-t-il. Mais un autre problème risque d'être celui du prix. «Les laboratoires voudront probablement vendre chaque injection quelques centaines euros, alors qu'aujourd'hui une boîte de propranolol en traitement de fonds revient à environ 6 euros par mois. Et même si les autorités de santé arrivent à faire largement baisser ce tarif, ce blocage pourrait retarder de plusieurs années l'accès au médicament par rapport à d'autres pays d'Europe, comme ce fut le cas pour les triptans entre 1992 et 1997. Il ne faudrait pas refaire la même erreur: la migraine est une maladie invalidante, et 400 euros par mois reviennent moins chers que plusieurs jours d'arrêt de travail».

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  • (source LeFigaro.fr // Par Aude Rambaud) 

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