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02/05/2014

EMPLOI : LES SENIORS, CIBLES DU CONTRAT DE GENERATION

 

 

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Avec seulement 24.000 demandes formulées à ce jour, la première année d'application de ce dispositif, imaginé par François Hollande mais jugé «trop complexe» par les PME, est un échec.

Après avoir axé pendant deux ans sa politique de l'emploi sur les jeunes, l'exécutif prend, enfin, conscience de l'ampleur du chômage des seniors. Il était temps car le nombre de chômeurs de plus de 50 ans a été multiplié par 2,5 depuis 2008. Symboliquement, un des outils destinés à favoriser le recrutement de jeunes - et imaginé par François Hollande lui-même - va être aménagé pour aider les seniors: il s'agit du contrat de génération.

Actuellement, le contrat de génération lie l'embauche d'un jeune de moins de 26 ans au maintien dans l'emploi d'un salarié de plus de 57 ans. Les entreprises de moins de 300 salariés ont droit à une aide de 4.000 euros par an pendant trois ans pour chaque contrat signé. «L'idée est d'accroître l'aide lorsqu'un senior est embauché», explique-t-on au ministère du Travail. Faudra-t-il toujours recruter en parallèle un jeune? Ou pourra-t-il être déjà présent depuis quelques mois en entreprise?

 

«Ces questions ne sont pas tranchées. Nous en discuterons  dans le cadre de nos rencontres avec les partenaires sociaux», répond-on rue de Grenelle. Reste également à savoir si ces évolutions passeront par des modifications législatives. En tout cas, l'objectif est que la réforme soit mise en œuvre avant l'été.

Premières sanctions

On peut toutefois se demander si le contrat de génération est l'outil le plus approprié pour lutter contre le chômage des seniors. Car ce dispositif, en place depuis mars 2013, ne rencontre pas un franc succès. En début d'année, le gouvernement Ayrault a pourtant essayé de le relancer, en accordant aux entreprises de 50 à 300 salariés un accès direct à l'aide, comme pour celles de moins de 50 salariés. Il a aussi manié le bâton, en stipulant que les entreprises de 50 à 300 salariés seraient soumises à une pénalité de 1 % de leur masse salariale si elles n'avaient pas signé un accord sur les jeunes et les seniors - ou été couvertes par un accord de branche - avant mars 2015. Quant aux entreprises de plus de 300 salariés, le ministère du Travail leur a rappelé fin janvier qu'elles devraient avoir entamé des négociations pour signer un accord avant fin février, sous peine de pénalités égales à 1 % de la masse salariale. «Les premières sanctions sont tombées», assure le ministère du Travail. Sans vouloir donner de chiffres ou de noms.

«Dispositif trop complexe»

Malgré ces aménagements, à peine 24.000 demandes d'aides ont été à ce jour déposées. Et seulement 17 accords de branche ont été conclus. Résultat, l'objectif de 75.000 contrats de génération signés la première année a été manqué. Et de loin. «Le dispositif est perçu comme trop complexe par les chefs d'entreprise», explique Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la Confédération générale des PME.

 

Sur le fond, lier l'embauche d'un jeune et d'un senior est factice. La conjoncture n'a pas non plus aidé: les entreprises n'embauchent que si elles ont de l'activité, aides ou pas. Au ministère du Travail, on veut croire que si la reprise se dessine, l'outil, réaménagé, sera efficace. Et pas question à ce stade de renoncer à l'objectif des 500.000 contrats de génération signés sur le quinquennat. Mais l'exécutif veut aussi jouer sur les contrats aidés pour réduire le chômage des seniors. «Pour relancer l'emploi de façon structurelle, la solution est surtout de permettre aux entreprises de redevenir compétitives», corrige-t-on au Medef.

 

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(source LeFigaro.fr / Cécile Crouzel )

 

 

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