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30/05/2014

ASCENSION : ET SI LES POLITIQUES EN PROFITAIENT POUR PRENDRE DE LA HAUTEUR

 

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FIGAROVOX/TRIBUNE - Entre les turpitudes des affaires et l'obsession de la courbe du chômage, les hommes politiques oublient la question du sens. Pour Laurent Stalla, (photo) aumonier de l'Assemblée stalla.jpgnationale, la fête de l'Ascension pourrait être le moment d'en faire une cause nationale. (Laurent Stalla-Bourdillon est aumonier à l'Assemblée nationale, directeur du SPEP et curé de Sainte Clotilde)

 

Crise de légitimité, crise de crédibilité, la vie politique connaît des turbulences. Il n'y a rien d'étrange à cela dans un régime démocratique. Le problème le plus grave vient de ce que les «crises» en elles-mêmes deviennent les seuls sujets politiques. Les partis ne font pas l'actualité par ce qu'ils proposent mais par leurs errances et la béance de leur projet de fond. La saturation médiatique de l'UMP n'a d'égale que la vacuité de cohérence d'un PS en proie au doute. «La politique de la majorité s'est trouvée orpheline d'un récit structurant, permettant d'en saisir la perspective et la cohérence» écrivait Bruno Leroux, président du groupe SRC à l'Assemblée Nationale dans Le Monde du 27 mai 2014.

Le problème le plus grave vient de ce que les « crises » en elles-mêmes deviennent les seuls sujets politiques. Les partis ne font pas l'actualité par ce qu'ils proposent mais par leurs errances et la béance de leur projet de fond.

La polarisation médiatique sur les personnalités et les échéances électorales est telle, que l'on devient obsédé par savoir qui sera dans le casting du prochain drama-présidentiel. Cette sélection l'emporte sur le fait de savoir le contenu du projet qui sera porté par les différentes formations politiques. Peu à peu la divergence des intérêts de chacun se creuse et les raisons de la faillite apparaissent. Le véritable intérêt de chacun se fait jour: les médias s'intéressent aux personnalités, car il s'agit d'un pur spectacle d'acteurs. Les politiques s'intéressent aux tactiques car c'est un combat. Les électeurs n'ont plus que leur main pour glisser dans l'urne leur incompréhension. Ce décalage entre l'essentiel et l'accessoire a atteint des sommets et le constat s'impose: nous ne sommes plus face à la réalité de la vie commune. Les élites politiques semblent persuadées que l'emploi, le pouvoir d'achat, la baisse des impôts, sont les clés du bonheur des citoyens. Si elle conditionne la possibilité d'une vie décente, ils oublient que la vie matérielle n'est pas tout, et qu'elle n'est même rien sans la joie de la vérité et de la gratuité. Gratuité de cette vie temporelle dont nous serons tous redevables un jour envers Celui qui nous l'a donné. Réveiller les responsables politiques du primat du sens de la vie est une véritable cause nationale. Qui nous en parlera?

 

Les élites politiques semblent persuadées que l'emploi, le pouvoir d'achat, la baisse des impôts, sont les clés du bonheur des citoyens. Si elle conditionne la possibilité d'une vie décente, ils oublient que la vie matérielle n'est pas tout

 

Ce syndrome est bien connu dans la vie spirituelle. Il fait se concentrer sur les soucis de la vie, sans plus se demander ce qui est vraiment en jeu dans la vie. A ce sujet, une célèbre petite histoire raconte qu'un moine croisant un jour un autre moine se désolant, lui demanda pourquoi il était triste. «Parce que lorsque j'étends un drap blanc avec un point rouge au centre et que je demande à mes frères «que vois-tu?», ils me disent: «un point rouge» et aucun de ne dit: «un drap blanc». Nous ne savons donc plus collectivement à quoi correspond cette vie, ni où elle mène. Sans doute est-ce là la première faillite de nos sociétés. Le redressement de toutes les courbes passera par un retour, par une Ascension, vers la question du sens.

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(source LeFigaro.fr / Laurent Stalla-Bourdillon)

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