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21/06/2014

LES SECRETS DU SOURIRE AUTHENTIQUE :)

 

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L'authenticité du sourire est liée à la contraction de trois muscles, selon une étude de l'université de Genève.

 

«Et c'est parfois dans un regard, dans un sourire, que sont cachés les mots qu'on n'a jamais su dire», chantait Yves Duteil dans Les choses qu'on ne dit pas. Ces mots, ces pensées, il nous arrive aussi de souhaiter les dissimuler. Masquer ses émotions derrière un sourire forcé sera peut-être facilité par les résultats d'une équipe de chercheurs des universités de Genève et du Wisconsin publiée le 10 juin dans PlosOne , qui ont étudié la manière dont nous interprétons l'authenticité du sourire d'autrui.

Les 31 jeunes volontaires pour l'expérience - 22 ans en moyenne - devaient évaluer la sincérité du sourire de huit avatars reproduisant à différentes intensités les mouvements des muscles qui y sont associés. Chaque avatar disposait alors d'une palette de 19 expressions du sourire, qu'il affichait de manière dynamique dans une vidéo de 2 secondes. Selon les rapports des participants, les chercheurs ont pu conclure que les sourires qui sollicitent le plus les muscles du visage sont les plus authentiques.

La perception d'un sourire sincère relève d'un ensemble de contractions musculaires. Trois muscles en particulier contribuent à la sincérité du sourire: les muscles orbiculaires, qui entourent les yeux et font apparaître en leur coin les petites rides caractéristiques, les corrugateurs qui commandent le froncement de sourcils, et les célèbres zygomatiques, chers à l'humoriste Raymond Devos et qui relèvent les coins de la bouche. L'apparition des pattes d'oies au coin des yeux était précédemment considérée comme significative de la sincérité du sourire, mais les études s'appuyaient sur l'interprétation d'images fixes. «La nouveauté de cette étude repose sur le dynamisme temporel du sourire que l'utilisation d'avatars animés permet», explique le Pr Didier Grandjean du centre interfacultaire en sciences affectives de l'université de Genève, et l'un des auteurs de l'article.

Un sourire en réponse à un autre

Pour aller plus loin dans la compréhension des mécanismes affectifs liés au sourire, l'équipe de chercheurs a étudié les mouvements des muscles faciaux des participants, lorsqu'ils devaient juger les sourires des avatars. A l'aide d'un électromyographe - appareil enregistrant les courants électriques qui accompagnent la contraction des muscles - elle a mis en évidence la «mimicry», sorte de mimétisme inconscient qui, comme en réponse au sourire des avatars, active une contraction très faible des muscles faciaux du sujet.

Lorsqu'on nous adresse un sourire, nous aurions donc tendance à y répondre en l'imitant très faiblement et de manière invisible, en contractant involontairement les mêmes muscles. Et la politesse n'est pas responsable. «L'imitation est associée au développement chez les bébés», rappelle le Pr Grandjean. «Le mimicry serait un résidu fonctionnel déclenché par une simulation de l'état de l'autre. Autrement dit, nous reproduisons le sourire que nous voyons pour l'associer à un état émotionnel que nous connaissons, afin de mieux le comprendre.»

Enseigner les émotions aux autistes

Les découvertes ouvrent les portes d'un champ de recherche dans la perception de l'émotion faciale, et plus généralement dans les sciences affectives. Elles peuvent aussi nourrir plusieurs domaines d'applications. Les autistes atteints du syndrome d'Asperger, qui ont une capacité d'empathie limitée, pourraient ainsi apprendre à interpréter les expressions d'une grande palette d'émotions humaines subtiles, à travers le sourire. «On ne retrouve pas ces schémas de mimicry chez les autistes», explique le Pr Grandjean. «Mais ils aiment les procédures, et il est possible de mettre en place un entraînement, en activant des comportements d'imitation.» La justice pourrait aussi profiter des résultats de ces recherches lorsque des enfants témoignent, notamment en cas d'abus sexuels. Peu de marqueurs objectifs existent, et la validation des témoignages repose souvent sur l'instinct des enquêteurs.

D'autres secteurs seraient sans doute très motivés à comprendre les mystères du sourire. On peut aisément imaginer des femmes et hommes politiques, des commerciaux - ou toute autre personne utilisant les ressorts de la psychologie humaine à des fins personnelles - utiliser ces découvertes en psychologie de l'émotion pour convaincre leurs interlocuteurs. L'émotion et le mensonges sont des choses très complexes, difficiles à simuler par les mouvements du visage. Mais, même si l'homme est naturellement performant pour détecter les expressions authentiques, il pourrait bien se laisser convaincre par des personnes qui détournent la science pour leur profit… Le tout, servi avec un grand sourire!

EN SAVOIR PLUS:

L'autisme

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  • (source LeFigaro.fr /Par Jonathan Herchkovitch)

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