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04/07/2014

ALZHEIMER : LE DIAGNOSTIC SE FAIT PLUS PRECIS

 

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Les récents progrès sur des marqueurs biologiques permettent une définition plus fine de la maladie.

 La maladie d'Alzheimer touche 850 000 personnes en France, et devrait encore progresser dans les années à venir. Si la découverte de traitements efficaces est un enjeu largement médiatisé, l'établissement d'un diagnostic fiable et précis de cette maladie neurodégénérative est un prérequis qui a, longtemps, constitué le vrai défi.

Difficile, en effet, de trouver les premiers sans le second. Et délicat, sur le plan éthique, de risquer de se tromper en diagnostiquant ou en écartant une pathologie évolutive grave et incurable. Mais les récents progrès sur les marqueurs biologiques spécifiques à Alzheimer ont permis d'affiner les éléments de diagnostic, qui viennent d'être formalisés dans la revue The Lancet Neurology.

Évaluation clinique

Avec la collaboration d'une trentaine de spécialistes européens, le Pr Bruno Dubois, directeur du Centre des maladies cognitives et comportementales (Pitié-Salpêtrière, Paris), dresse un tableau clair et concis de la maladie, s'appuyant sur les récentes avancées de la recherche médicale. «Ce travail est complémentaire de deux études de ce groupe de travail international, parues en 2007 et 2010. Il apporte une garantie aux praticiens et permet d'établir un diagnostic précoce, avant l'apparition des premiers symptômes», résume le neurologue au Figaro.

La première formalisation des signes de la maladie remonte à 1984, définition utilisée jusqu'à la fin des années 2000 pour identifier les patients participant aux essais cliniques. Or l'imprécision des critères a conduit à inclure dans des essais cliniques jusqu'à 36 % de patients n'ayant pas la maladie d'Alzheimer, un réel problème lorsqu'il s'agit d'établir l'efficacité d'une molécule, rappelle Bruno Dubois.

Le groupe de travail européen accorde une place prédominante à l'évaluation clinique des symptômes, pierre angulaire du diagnostic. La forme «typique» d'Alzheimer, qui concerne 86 % à 94 % des malades, se caractérise par des troubles de la mémoire récente (incapacité à se souvenir, même à l'aide d'indices, d'une liste d'objets apprise peu avant). Mais il arrive aussi que certaines personnes (les 6 % à 14 % restants) ne présentent aucune amnésie. Ces formes atypiques peuvent se manifester par des troubles du langage (incapacité à se rappeler certains mots), des troubles visuo-spatiaux (difficultés gestuelles, difficulté d'identification des objets ou des mots avec perte de la lecture) ou du comportement.

Sur la base de ces symptômes, le diagnostic peut, dans un second temps, être confirmé par des mesures biologiques. Deux marqueurs de diagnostic ont été retenus par les experts européens: la concentration de trois protéines (T-Tau, P-tau et bêta-amyloïde) dans le liquide céphalo-rachidien prélevé par ponction lombaire, et l'évaluation de peptides amyloïdes, après injection d'un traceur qui les révèle par scintigraphie (TEP). Ces marqueurs permettent également, en l'absence de symptômes, d'identifier les personnes qui vont indubitablement développer Alzheimer, celles qui présentent des risques, et celles qui ne l'auront pas. «Dans l'ensemble, je trouve ces critères beaucoup plus fins et pertinents que les précédents», salue le Dr Mai Panchal, directrice scientifique de la Ligue européenne contre la maladie d'Alzheimer.

Définir un protocole

Cette définition affinée de la maladie vise d'abord à optimiser la recherche, en assurant une sélection fiable des participants aux essais cliniques. Les critères sont toutefois déjà connus et appliqués à divers degrés dans la trentaine de centres de référence en France, rappelle le Dr Marie-Anne Mackowiak, neurologue au CHRU de Lille. «Nous les utilisons pour les cas atypiques ou les sujets de moins de 65 ans», explique-t-elle.

On reste toutefois loin de l'examen de routine standardisé. Le Pr Dubois rappelle la nécessité de poursuivre les recherches, notamment pour définir un protocole de référence pour la mesure des protéines issues de la ponction lombaire, dont les résultats peuvent encore varier d'un laboratoire à l'autre. Quant à l'imagerie TEP amyloïde, elle reste pour le moment réservée aux protocoles de recherche et le territoire français est inégalement équipé.

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 ( Source LeFigaro.fr / Par Pauline Fréour)

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