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10/07/2014

POLITIQUE : QUAND ET COMMENT VALLS DOIT PARTIR ?

 

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Alexandre Vatimbella est un journaliste français. Il est, depuis 2008, directeur de la rédaction de l'agence de presse Les NouveauxMondes.org, qui est spécialisée sur les pays émergents et la mondialisation. Il est  également le directeur du Crec (Centre d'étude & de recherche du centrisme), un centre indépendant sur la pensée politique centriste, avec le site Le Centrisme.

S'il veut avoir un avenir post-Hollande dès 2017, Manuel Valls doit quitter Matignon avant la fin du quinquennat actuel en se positionnant comme une alternative possible et un recours crédible pour la prochaine présidentielle

 

S'il veut avoir un avenir post-Hollande dès 2017, Manuel Valls doit quitter Matignon avant la fin du quinquennat actuel en se positionnant comme une alternative possible et un recours crédible pour la prochaine présidentielle.

Dans cette optique, il doit, pour l'instant, continuer à affirmer, devant les Français, sa différence face à François Hollande et à la majorité du PS et ce, même si l'Elysée et la rue de Solferino ne lui laisseront sans doute pas faire ce qu'il veut et qu'il le savait dès sa nomination.

D'une part pour défricher le terrain en testant les grands principes de son futur programme présidentiel, par la multiplication de déclarations chocs (la finance n'est pas l'ennemie; sans se réformer la gauche risque de disparaître; mon rôle est de dire la vérité, la France est entravée, coincée, tétanisée; sans les réformes c'est l'enlisement qui guette la France; face aux blocages, il faut libérer les énergies; etc.) et par la mise en place de mesures radicales et spectaculaires (au cas où les députés PS le laissent faire…) afin de crédibiliser son discours.

D'où d'ailleurs son envie «d'avancer, d'aller vite», selon ses propres termes.

D'autre part afin d'éviter d'être le premier ministre victime expiatoire du désastre politique Hollande qui s'annonce sauf miracle, ce qui pourrait le carboniser pour une longue période.

Dans le même temps, il ne doit pas apparaître comme celui qui aura trahi (même si cela n'a pas nui ni à Chirac, ni à Sarkozy…).

C'est un exercice d'équilibriste qui comporte des risques mais qui peut être payant, in fine, comme l'a montré l'exemple de Nicolas Sarkozy (face à Jacques Chirac).

Néanmoins, dans ce dernier cas, Nicolas Sarkozy avait pour but d'apparaître comme celui qui reviendrait aux fondamentaux de la Droite face à un président au style «rad-soc» (avec comme principe politique d'en faire le moins possible afin de heurter le moins de monde possible) alors que celui de Manuel Valls est d'incarner une nouvelle gauche face à la décrépitude du modèle socialiste actuel, donc de s'opposer aussi à une grande partie de l'establishment du PS.

Toujours est-il que le premier ministre devra mettre en scène son départ en choisissant, et le bon moment, et la bonne manière.

L'important dans sa démarche sera de prendre les Français à témoin qu'il a essayé et que la voie qu'il aura voulu tracer est la seule capable de sortir le pays de la crise

Bien évidemment, tout cela dépendra de la situation politique et, surtout, économique et sociale du pays.

Si une amélioration se fait jour, Manuel Valls pourra partir en déclarant avoir rempli sa mission et vouloir se préparer pour d'autres échéances.

Si aucun mieux ne survient, il devra partir en indiquant qu'on ne lui a pas donné les moyens de sa politique dont il aura martelé les grands principes dans ses déclarations chocs.

Dan les deux cas, il devra quitter Matignon au moins un an avant la prochaine présidentielle mais, plus sûrement fin 2015.

Car il lui faudra un certain temps, en effet, pour constituer un rassemblement autour de sa personne et, éventuellement, se présenter aux primaires à gauche.

L'important dans sa démarche sera de prendre les Français à témoin qu'il a essayé et que la voie qu'il aura voulu tracer est la seule capable de sortir le pays de la crise.

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(Source LeFigaro.fr // Alexandre Vatimbella-Photo)

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