UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11/07/2014

SANTÉ : INTERROGATIONS SUR LES INFILTRATIONS ANTALGIQUES

Canal 3+.jpg

 

Pour un canal lombaire rétréci, les corticoïdes seraient superflus.

 

Une étude publiée par l'une des principales revues médicales internationales, le New England Journal of Medicine, soulève de nombreuses questions sur l'intérêt des infiltrations pour soulager des douleurs du dos et des jambes dues à un rétrécissement du canal lombaire, dans lequel passent les racines nerveuses. Au point d'enflammer les médias américains. Pour le New York Times,c'est «un traitement usuel des douleurs du dos et des jambes qui n'aide pas beaucoup». Encore plus radicale, la chaîne américaine NBC estime que «les infiltrations de corticoïdes pour les problèmes lombaires pourraient être inutiles», tandis que l'agence de presse internationale Reuters voit «peu de bénéfices et quelques inconvénients» à ce traitement.

Un véritable séisme dans un pays où l'on estime que plus de 11 millions d'infiltrations sont réalisées chaque année, dont environ un quart pour un canal rétréci. Un enjeu économique aussi, puisque ces injections coûtent aux États-Unis entre 500 et 2000 dollars. «Le rétrécissement du canal lombaire concerne surtout des gens de plus de 60 ans, explique au Figaro le Dr Sylvie Rozenberg, rhumatologue à la Pitié-Salpêtrière (Assistance publique-Hôpitaux de Paris). Il se manifeste notamment par des douleurs lombaires, fessières et dans les jambes, avec une gêne à la marche qui oblige à s'arrêter après un certain périmètre de marche.»

Le mois dernier, lors d'une séance de l'Académie de chirurgie consacrée à la chirurgie du rachis (colonne vertébrale, NDLR), le Pr Philippe Bancel rappelait que «85 % de la population de 65 à 74  ans sont atteints d'arthrose vertébrale», la principale cause de rétrécissement du canal lombaire et que, à l'hôpital Cochin, par exemple, «le canal rétréci représente 5 % des hospitalisations». Car lorsque tous les traitements médicaux (infiltration, rééducation) ont échoué et que l'état du patient le permet, une intervention chirurgicale est parfois proposée. S'il est vrai que l'étude américaine dénonce sans ménagement l'intérêt des infiltrations, il est pourtant prématuré d'en tirer des conclusions. Tout d'abord parce que le protocole de l'étude n'est pas parfait. Loin de là. Les auteurs ont en effet choisi de comparer des infiltrations contenant soit de la lidocaïne, un anesthésique local, associée à des corticoïdes, anti-inflammatoire, soit l'anesthésique seul. «Utiliser comme groupe contrôle des patients recevant un anesthésique par la même voie d'injection que l'association n'est pas idéal», remarque le Dr Rozenberg. «Ce serait intéressant de refaire une étude avec un véritable groupe contrôle qui ne recevrait pas du tout d'infiltration et d'associer à l'infiltration une prise en charge globale de type rééducation», suggère-t-elle.

Complications possibles

Il faut donc prendre au pied de la lettre les propos du Dr Janna Friedly, de l'université de Washington à Seattle, qui a dirigé l'étude, lorsqu'elle conclut: «Comparées aux injections d'anesthésique local seul, les infiltrations avec les corticoïdes ne fournissent aux patients que peu ou pas de bénéfices supplémentaires.» Mais une infiltration d'anesthésique, ce n'est pas rien, même si l'effet du produit est censé être relativement bref.

Par ailleurs, deux méthodes ont été testées, car les infiltrations peuvent être faites très localement ou de façon plus diffuse. Or, la voie locale est moins performante que la voie diffuse. «Il est logique que la plus grande efficacité apparaisse dans ce dernier cas, remarque le Dr Rozenberg, car le canal lombaire rétréci concerne plusieurs étages du rachis.»

Enfin, il faut rappeler que les infiltrations rachidiennes doivent rester une technique de dernier recours avant la chirurgie et après l'échec des traitements habituels par antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens et myorelaxants, car des complications graves sont possibles, même si elles restent exceptionnelles.

LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE:

Retard de diagnostic pour les lombalgies inflammatoires 

 

  • (source LeFigaro.fr / Par Damien Mascret) 

Les commentaires sont fermés.