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21/07/2014

L'ETAT PEINE A RECRUTER DE NOUVEAUX PROFS

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Les derniers résultats du Capes, où plus de 10% des postes n'ont pas été pourvus, contredisent l'optimisme affiché par Benoît Hamon.

Le bel optimisme de Benoît Hamon suffira-t-il à enrayer la «crise de recrutement» du métier d'enseignant? Pendant que le ministre se félicite des résultats aux concours 2014 qui traduisent, selon lui, «une réelle attractivité du métier» et «la confiance dans le plan ambitieux de recrutement sur cinq ans engagé par le gouvernement», les chiffres pour le second degré attestent d'«une crise qui perdure», selon les mots de Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes, principal syndicat du secondaire. Globalement, plus de 12 % des postes n'ont pas été pourvus au Capes 2014, contre 16 % en 2013 et 14 % en 2012.

Dans certaines disciplines, la situation est préoccupante. La moitié des places sont restées vacantes en lettres classiques, 17 % en lettres modernes et 36 % en allemand. Mais l'inquiétude porte surtout sur les mathématiques, où la tendance s'accentue d'année en année. Avec des causes bien identifiées: une désaffection générale pour la filière scientifique et la possibilité pour un étudiant en mathématiques de se diriger vers des métiers autrement plus rémunérateurs que celui d'enseignant, où l'on débute à 1500 euros net… À la session 2014, 33 % des postes ouverts au Capes de maths n'ont pas trouvé preneur, contre 31 % l'année précédente. Seuls 2529 candidats se sont présentés, pour 1592 postes… Les jurys ont coutume de dire que, pour assurer un recrutement de qualité, le taux de sélectivité doit être de un sur quatre.

 «Le jury doit arbitrer entre admettre des candidats qui ont une faible maîtrise des contenus à enseigner ou ne pas pourvoir tous les postes», explique dans un communiqué la commission française pour l'enseignement des mathématiques (CFEM), qui a demandé à rencontrer Benoît Hamon.

Une image écornée du plus beau métier du monde

Au-delà de cette filière, la commission pointe l'impact de ce que l'on nomme dans le jargon la «mastérisation», à savoir un niveau de recrutement des enseignants porté en 2008 de bac+3 à bac+5. Un allongement des études peut-être décourageant au vu des rémunérations et de l'image quelque peu écornée du plus beau métier du monde… Enfin, depuis cinquante ans, les recrutements d'enseignants ont connu, dans toutes les disciplines, d'importantes fluctuations. «Des rapports de 1 à 10 dans un sens ou l'autre», explique la commission pour l'enseignement des mathématiques, qui décrit des variations «souvent déconnectées des besoins réels et résultant d'autres considérations». Politiques peut-être? «Néfastes», quoi qu'il en soit, conclut la commission. «On ne peut agir au jour le jour (…) sans vision stratégique: le recrutement d'un enseignant engage le pays pour quarante ans.»

Fait plus récent, l'agrégation, elle aussi, est en perte de vitesse. 9 % des places sont restées vacantes en 2014, contre 6 % l'année précédente. Les mathématiques comptent à elles seules 30 % de postes non pourvus.

Mais concrètement, comment l'Éducation nationale va-t-elle pallier ce manque? En faisant appel aux traditionnelles listes complémentaires. Des instructions ont été données pour «repêcher» les meilleurs parmi les «collés». Plus de 800 candidats sont concernés cette année, a indiqué le ministère qui établit ainsi le nombre de lauréats à 9477 personnes (pour 10.800 postes ouverts). Cette solution ne suffisant pas, il faudra toutefois, comme les années précédentes, aller chercher des «contractuels» aux profils très variés. «Ils ont généralement une licence, explique Jean-Rémi Girard, au Snalc, ils peuvent venir du secteur privé. Certains sont excellents. Mais lorsque l'on a été ingénieur, on n'est pas forcément armé pour enseigner les maths à des collégiens», résume-t-il. Dans certaines grosses académies, comme Versailles, touchée de plein fouet par la crise du recrutement, la recherche de contractuels est un vrai défi.

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(source LeFigaro.fr / Caroline Beyer

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