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15/10/2014

SERAFINA LA GIRAFE , ALBUM OUBLIÉ .... A DECOUVRIR AVEC NOS ENFANTS

 

 

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Les Éditions Hélium ont publié un album oublié des années 1960, inédit en France. Il est signé Laurent de Brunhoff. Surprise, aucun éléphant n'y figure.

 

Un éléphant, ça trompe énormément. Quand il s'appelle Babar, c'est encore plus flagrant. On croit ainsi que Laurent de Brunhoff a voué sa vie de dessinateur au fameux pachyderme créé par son père, poursuivant son œuvre après sa mort prématurée en 1937. Mais Babar est le baobab qui cache la forêt secrète de l'artiste. Et dans cette savane gambade Serafina, une petite girafe inventée par Laurent, qui donna lieu à trois albums, publiés à partir de 1961. Le premier, intitulé Serafina la Girafe, vient d'être réédité chez Hélium. Une belle surprise pour les enfants et même pour son créateur. Laurent de Brunhoff, qui habite désormais aux États-Unis, a découvert avec enthousiasme cette réédition lors d'un séjour à Paris, le mois dernier: «Je croyais Serafina disparue, depuis des années. Je suis très heureux de la retrouver dans cet album avec une impression si soignée. Cela me rappelle sa drôle de naissance. À l'époque, je voulais échapper à Babar et créer quelque chose de personnel. J'ai toujours aimé dessiner les girafes avec leur long cou. Elles ne font pas partie de la société de Célesteville. J'ai un peu honte de le dire, mais j'ai toujours dessiné en pensant à moi plutôt qu'aux enfants!»

Dans cet album, la girafe, en vacances chez sa grand-mère, retrouve ses copains d'été Patrick le Lapin, Hugo le Kangourou, Béryl la Grenouille et vit mille aventures trépidantes. La fraîcheur de l'album est intacte, tout comme l'éclat des couleurs, de l'orange, du jaune et du vert pimpants. Délaissant le trait de crayon noir rehaussé d'aquarelle qui a fait la signature de Babar au profit d'aplats de teintes vives, Laurent de Brunhoff a livré un album qui reflète une personnalité artistique différente de celle de son père. «Dans mon atelier de Montparnasse, je voulais être peintre, abstrait de préférence. Mais il y avait Babar que je ne pouvais abandonner comme cela. J'ai dessiné l'album Babar et ce coquin d'Arthur. Ma mère était très heureuse, l'éditeur aussi. Mes deux frères avaient leur vie. Je ne me suis jamais demandé pourquoi moi. Je l'ai fait très naturellement», nous confiait-il, il y a trois ans, à l'occasion de l'exposition consacrée au héros enfantin au Musée des arts décoratifs à Paris. Pourquoi lui? À la mort de son père, Jean de Brunhoff, c'est à Laurent, alors âgé de 13 ans, que son oncle demanda de finir de colorier les pages de Babar en famille, l'album inachevé.

Un classique de l'illustration française du XXe siècle

Chez les Brunhoff, l'héritage est cet éléphant, le plus délicat de la littérature enfantine, qui porte chapeau et costume, élégant jusqu'au bout de ses souliers vernis. Il n'a jamais changé. Le dessinateur, âgé de 87 ans, incarne ce monde. Il avait 5 ans lorsqu'il entendit parler de Babar pour la première fois par la voix de sa mère, Cécile, qui inventa cette histoire à l'intention de ses garçons ; 6 ans lorsque son père, peintre, publia la première histoire de Babar aux Éditions du Jardin des modes, créant sans le savoir un classique de l'illustration française du XXe siècle, l'équivalent du Peter Rabbit de Beatrix Potter pour les petits Anglais. Et il avait 20 ans lorsqu'il décida de reprendre la suite des histoires. Il n'a jamais cessé depuis.

Aujourd'hui, les albums paraissent d'abord aux États-Unis, où il s'est installé à la fin des années 1980 auprès de sa femme, Phyllis, un auteur américain. Il les traduit ensuite pour les petits Français. Mais, avouons-le, les albums de Babar édités en France sont bien plus jolis que leurs homologues anglo-saxons, bénéficiant ici du même traitement raffiné depuis 1936, qui se niche jusque dans le choix du papier, le fameux «papier Babar». Dans le prochain album, l'éléphant et sa famille, qui s'est considérablement étoffée depuis sa création, partent à l'aventure sur «l'île de Paradis». En attendant de le retrouver en librairie, il faut ouvrir Serafina pour goûter avec un immense plaisir ce monde imaginaire merveilleux et facétieux où les animaux seront toujours les rois.

«Serafina la Girafe» de Laurent de Brunhoff, Éditions Hélium, 40 p., 14,90 euros.

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( source LeFigaro.fr / Françoise Dargent

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