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01/09/2014

CIRRHOSES DU FOIE : UN TEST TRES SIMPLE POUR LE DEPISTAGE

 

 

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Fiable et non invasif, il devrait, une fois commercialisé, pouvoir éviter les actes chirurgicaux comme les biopsies.

 

Les médecins devraient bientôt, au plus grand bénéfice de leurs patients, disposer d'un nouveau test simple, non invasif et fiable pour diagnostiquer une cirrhose du foie et pouvoir éviter un acte chirurgical, la biopsie hépatique. Trois années de travail auront été nécessaires à une équipe de chercheurs franco-chinois pour établir et valider leurs hypothèses de travail. Les résultats de leurs travaux ont été publiés dans la revue Nature.

Le point de départ est la constatation que la flore intestinale, aussi appelée microbiote (ensemble des bactéries du tube digestif) de personnes atteintes de cirrhose est très différente de celle des personnes saines. En particulier, chez les malades, le microbiote présente une proportion importante de bactéries que l'on ne trouve normalement que dans la bouche. Il semble que le dysfonctionnement du foie perturbe la production de bile qui agit normalement comme une barrière entre les bactéries présentes dans la bouche et celles de l'intestin. Donc, la présence de bactéries orales dans l'intestin signe une faiblesse du foie.

Une piste très prometteuse

«Le test se fait à partir d'analyses sur les selles des patients», précise Dusko Ehrlich, directeur de recherche à l'Inra, l'un des auteurs de ces travaux. «Il s'agit de rechercher la présence de sept espèces bactériennes. Cet outil diagnostic est très prometteur car il est non invasif et fiable à plus de 90 %. De plus, les résultats montrent qu'il existe une corrélation entre la proportion de ces bactéries buccales dans l'intestin et le degré d'insuffisance hépatique, et donc la sévérité de la maladie. Il serait ainsi possible non seulement d'identifier les personnes atteintes mais aussi de déterminer le stade d'avancement de la maladie.»

Bien sûr, ce test ne sera pas disponible avant plusieurs mois dans les hôpitaux et cliniques, le temps que le côté industriel de sa réalisation se mette en place. «Mais les choses peuvent aller vite, assure Dusko Ehrlich. Et il donnera un résultat en quelques jours.»

En attendant, les médecins cliniciens vont devoir continuer à utiliser les tests non invasifs déjà disponibles comme l'élastométrie (ultrasons) ou la fibrométrie (marqueurs biologiques sanguins). «Mais tous les nouveaux tests non invasifs sont les bienvenus, estime Victor de Ledinghen, hépatologue au CHU de Bordeaux et secrétaire de l'Association française pour l'étude du foie. Et la piste du microbiote est très prometteuse. Cela sera sans doute une arme en plus.»

La perspective d'une nouvelle approche

Car ces travaux ont aussi d'autres intérêts. Ils ouvrent des pistes de recherche prometteuses qui devraient permettre de caractériser les fonctions exactes des bactéries prépondérantes dans les intestins des personnes atteintes de cirrhose. Ainsi, selon de premières observations, certaines de ces bactéries surproduisent des molécules impliquées dans l'encéphalopathie hépatique, une des complications connues de la cirrhose du foie. Parmi les pistes thérapeutiques envisagées, l'une consisterait à éliminer ou «désactiver» ces bactéries ; une autre serait de mieux comprendre les raisons du dysfonctionnement de la bile pour la «réactiver» afin d'éviter la migration de ces bactéries de la bouche à l'intestin.

«Nos travaux se placent dans la perspective d'une nouvelle approche de ces dysfonctionnements, insiste Dusko Ehrlich. On considère de plus en plus le microbiote intestinal comme un organe à part entière. Dans le cas de la cirrhose, il faut considérer que cet organe est dégradé. Il faut donc de manière globale le régénérer. On parle aujourd'hui d'une solution comme la transplantation de microbiote. Mais cela pourrait aussi être par une action ciblée sur les “mauvaises” bactéries pour permettre la restauration des différentes fonctions déficientes.»

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