UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

03/09/2014

SANTÉ : POURQUOI CESSE-T-ONDE BOUGER POUR MIEUX ECOUTER ?

 

 

ecoute-300x251.jpg

Des neurones moteurs savent inhiber leurs « cousins » du cortex auditif. Un processus qui nous permettrait d'être plus attentifs aux bruits extérieurs.

 

Le réflexe est unanimement partagé: nous arrêtons de bouger pour écouter attentivement quelque chose. Il ne s'agirait pas seulement d'éviter tout bruit parasite ; mais aussi de laisser notre cerveau travailler plus efficacement. C'est la leçon d'une étude parue dans l'édition électronique de Nature , sous la plume de trois chercheurs du laboratoire de neurobiologie du Pr Richard Mooney, à la Duke University School of Medicine (Caroline du Nord).

Lorsqu'un animal est engagé dans une tâche impliquant une écoute attentive, certains neurones de son cortex auditif sont inhibés ; un phénomène qui, pour étonnant qu'il puisse sembler, est en réalité très logique et extrêmement utile: c'est ce qui nous rend capable, par exemple, d'«étouffer» le bruit d'une foule pour mieux entendre un interlocuteur précis.

Mais on sait par ailleurs que la zone cérébrale qui préside au mouvement peut aussi contrôler certains neurones du cortex auditif. Comment? Et pourquoi?

Moins entendre pour mieux écouter

Une équipe menée par Richard Mooney avait, en 2013, montré sur des cerveaux de souris que les axones (ces fibres nerveuses qui transmettent les signaux électriques) de certains neurones spécifiques du cortex moteur possédaient des prolongements jusqu'à d'autres sous-ensembles neuronaux, situés au sein du cortex auditif. Restait à savoir comment ces connections fonctionnent chez un animal éveillé et en mouvement.

Les trois neurobiologistes américains ont donc mis des souris sur des tapis roulants, et observé le fonctionnement de leur cerveau en mêlant enregistrements électriques, optogénétique (une technique qui permet d'observer une population très précise de cellules nerveuses rendues sensibles à la lumière), analyses comportementales et manipulations pharmacologiques.

Cette série d'expériences très sophistiquées leur a alors dévoilé le mécanisme: certains neurones particuliers du cortex moteur sont capables, juste avant qu'un animal ne commence à bouger puis tout au long de son mouvement, d'envoyer des signaux pour inhiber le fonctionnement des neurones auditifs, et donc baisser la réponse auditive cérébrale.

Contrôler le volume

Mais à quoi peut bien servir cette manipulation de nos capacités auditives lorsque l'on est en mouvement? Il ne s'agit en fait pas de moins entendre, mais de mieux entendre: le cortex moteur cherche, par ce processus, à contrôler le «volume». Objectif: neutraliser tous les bruits prévisibles que nos gestes ne manqueront pas de provoquer, afin de rester plus disponible pour mieux percevoir les sons inattendus, qui sont potentiellement lourds d'informations.

Cette étude présente un intérêt fondamental pour les neurosciences car elle permet de comprendre comment se coordonnent deux régions cruciales du cortex. Mais elle pourrait aussi aider à comprendre deux handicaps auditifs fréquents: les mêmes circuits corticaux sont impliqués «dans différentes formes d'audition anormale, notamment les acouphènes ou les hallucinations auditives», concluent les auteurs.

LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE:

La perte d'audition accélère le déclin cognitif 

Les aveugles peuvent «voir» avec les oreilles

L'homme perçoit mieux les odeurs après un petit verre

 

Les commentaires sont fermés.