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04/09/2014

SORTIES : HIPPOCRATE, LES COMBATTANTS.... LE BON CAPITAL SANTE DU CINEMA FRANÇAIS

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Après Les Combattants et Party Girl, Hippocrate illustre à son tour la vitalité des jeunes réalisateurs.

 

Tout fout le camp. Cela fait trois mercredis d'affilée que Le Figaro dit du bien d'un film français (lire la chronique d'Hippocrate). Ses journalistes doivent couver une maladie grave. Ou bien, autre hypothèse, Hippocrate est un nouveau symptôme. Celui d'un jeune cinéma français en bonne santé. Après Les Combattants de Thomas Cailley et Party Girl du trio Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, déjà en salle, le film de Thomas Lilti arrive, propulsé par une critique dithyrambique depuis le Festival de Cannes. Hippocrate, valois d'or au récent Festival d'Angoulême (après Les Garçons et Guillaume, à table! en 2013), est reparti de la Croisette en mai dernier, où il était dévoilé en clôture de la Semaine de la critique, avec une solide réputation. Tout comme Les Combattants, qui a raflé toutes les récompenses à la Quinzaine des réalisateurs, et Party Girl, présenté en sélection officielle à Un certain regard et récompensé de la caméra d'or.

L'enthousiasme des festivaliers a contaminé le public. Pour ceux qui aiment les chiffres, le box-office est éloquent. Les Combattants cumule 207.351 entrées depuis le 20 août et continue de gagner des écrans - il grimpe de 214 à 226 ce mercredi. Party Girl, sorti une semaine après, n'a pas à rougir avec ses 64.000 spectateurs sur 150 copies. Pas mal pour deux premiers films sans têtes d'affiche qui confirment au passage le talent d'une nouvelle génération d'acteurs. Adèle Haenel (Suzanne, L'homme qu'on aimait trop) est irrésistible en fille indocile et revêche - Kevin Azaïs, son partenaire, est, lui, une vraie révélation. Dans Hippocrate, Vincent Lacoste (Les Beaux Gosses, Jacky au royaume des filles) et Reda Kateb (Un prophète, Gare du Nord) portent la blouse et le film avec une aisance déconcertante. Son distributeur, Le Pacte, veut et peut lui aussi y croire en sortant le film sur 228 copies.

Le risque payant du prototype

Évitons le ridicule de parler de «nouvelle vague». Ou même d'évoquer un nouveau souffle. On risquerait d'être déçus assez vite. Constatons simplement que, dans cette industrie du prototype qu'est le cinéma, certains préfèrent le risque du prototype plutôt que la facilité du produit industriel. Les Combattants est simplement la comédie romantique la plus originale et la plus drôle que l'on ait vue depuis longtemps. Party Girl est une vraie fausse fiction, un portrait de femme réalisé par une «troupe libre», deux filles et un garçon qui ne retourneront peut-être jamais ensemble mais qui, c'est certain, ne s'arrêteront pas là. Hippocrate mêle chronique sociale et récit d'apprentissage à l'hôpital avec un humour et une crédibilité rares. Normal, son réalisateur est aussi médecin.

Au passage, la Fémis récolte une brassée de lauriers. La prestigieuse école de cinéma, après des années d'auteurisme nombriliste et abscons, est à nouveau un vivier de talents. Après Rebecca Zlotowski (Belle Épine, Grand Central) ou Céline Sciamma (Naissance des pieuvres, Tomboy et Bande de filles, l'autre sensation de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, en salle le 22 octobre), Thomas Cailley est un nouvel exemple d'étudiant issu du département scénario passé avec brio derrière la caméra. Tout comme Marie Amachoukeli, coréalisatrice de Party Girl avec Claire Burger qui y a appris le montage. Il semblerait que le département réalisation de la Fémis soit la voie idéale pour ne pas réaliser de film à la sortie de l'école. Thomas Lilti, lui, avait songé après le bac à préparer le concours de la Fémis. La pression familiale l'en a détourné, l'orientant vers des études de médecine, comme papa. Rien n'y fait, le cinéma est un virus. Et le diagnostic est implacable: Lilti a du talent.

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(source LeFigaro.fr / Sorin Etienne)

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