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14/09/2014

ANNE FULDA DECRIPTE LA SEMAINE : "PHOBIE ADMINISTRATIVE", LOUBOUTIN ET NICOLAS HENIN

 

 

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FIGAROVOX/CHRONIQUE - Des errements de Thomas Thévenoud au témoignage choc de Nicolas Hénin en passant par les débuts d'Emmanuel Macron à l'Assemblée, Anne Fulda nous décrypte sa semaine.

 Anne Fulda est grand reporter au Figaro et responsable de la page portraits ( Succès) du quotidien. Journaliste au service politique jusqu'en 2000, elle a notamment été accréditée à l'Elysée sous Jacques Chirac. Elle a publié en 1997 «Un président très entouré» (Grasset) et en 2012, «François Baroin, Le faux discret» (Lattès). A la télévision, elle a été co-auteur du film de Patrick Rotman sur Jacques Chirac (diffusé sur France 2 en 2006), puis du documentaire sur Le Clan Chirac (diffusé en 2013 sur France 2) et a notamment été chroniqueuse «Chez Fog», l'émission de Franz-Olivier Giesbert. A la radio, après RTL, elle a participé l'année dernière à un débat politique hebdomadaire avec Olivier Duhamel, sur Europe 1.

 

Lundi 8 septembre

Négligence. La descente aux enfers continue. Emportés par la folie médiatique qui a entouré la sortie du livre de Valérie Trierweiler, les chaînes d'information ont sorti le grand jeu pour épingler leur nouvelle cible: Thomas Thévenoud. On le traque, on l'attend au pied de son immeuble. Le voici avec sa femme désigné comme la proie du jour, l'homme à abattre, à cerner, à pister. A chaque jour ses révélations. On apprend ainsi au fil de la semaine - et des délations? - que l'ambitieux député de Saône et Loire ne payait pas non plus ses loyers, ni le kiné de sa fille. Pour sa défense, l'éphémère secrétaire d'Etat du gouvernement Valls II indiqué au «Journal de Saône et Loire»: «au fond, ma rigueur dans la vie publique n'a eu d'égale que ma négligence dans la gestion privée»(sic).

 

Mardi 9 septembre

Phobie administrative, est-ce que j'ai une gueule de phobie administrative? On découvre dans le «Canard Enchaîné», qui paraît le lendemain, que pour sa défense Thomas Thévenoud indique aussi désormais qu'il est atteint de «phobie administrative». Phobie administrative?! Françoise Zannier, une psychologue interrogée par «Les Echos» s'amuse de cette soi-disant pathologie qui n'est pas répertoriée dans les ouvrages de référence. Et d'ajouter: «en revanche, les transgressions diverses et variées des règles morales et de droit, relèvent plus sûrement de pathologies narcissiques perverses, le diagnostic en question étant bien moins protecteur et victimisant que celui de «phobie administrative». Et la psychologue d'ajouter: «rappelons brièvement ici que le pervers confond son désir avec la loi. Littéralement, il substitue celui-ci à celle-là, ceci caractérisant la grande majorité des transgressions.»

Dans le même «Canard Enchaîné», Jérôme Cahuzac assure que son cas n'a rien à voir avec celui de Thomas Thévenoud. Difficile de ne pas voir de troublantes similitudes pourtant. Cet étrangement dédoublement de la personnalité qui fait que le personnage privé fait le contraire de ce que proclame le personnage privé. Comme si l'un et l'autre étaient des êtres distincts.

 

L'homme aux semelles rouges. Projection, à la Pagode, du documentaire réalisé pour Arte par Farida Khelfa sur Christian Louboutin. Pour célébrer ce chausseur à la réussite phénoménale «apprécié des têtes couronnées comme des stars internationales» - actrices, riches héritières, femmes de footballeurs -, celle qui a déjà réalisé un documentaire sur Nicolas et Carla Sarkozy a interrogé du beau monde et suivi l'itinéraire de ce garçon parti de rien et qui est aujourd'hui à la tête d'un empire de la chaussure avec 80 boutiques dans le monde. Christian Louboutin est devenu le chausseur attitré des femmes du monde qui veulent avoir l'air canaille (son modèle le plus célèbre d'escarpins s'appelle d'ailleurs Pigalle) et des bimbos qui veulent avoir l'air classe.

En tout cas, ce soir, le spectacle est aussi dans la salle. Public résolument hype. Arielle Dombasle, Valérie Lemercier, Pierre et Gilles, Ali Mahdavi, Albert Elbaz, Jean-Paul Goude, Jean-Paul Gaultier, ils sont venus, ils sont tous là pour célébrer leur «Christian» qui a imaginé la fameuse semelle rouge de ses chaussures en empruntant un jour le vernis rouge de son assistante.

Mercredi 10 septembre

L'image et le son. Séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. C'est le baptême du feu d'Emmanuel Macron. L'Assemblée, c'est un rite initiatique, un passage obligatoire qui tient lieu depuis toujours de bizutage un peu barbare . Le nouveau ministre de l'Economie, à qui certains comme Jacques Attali ou Julien Dray promettent un avenir présidentiel, est attendu au tournant. Les vieux de la vieille, les crocodiles et professionnels de la politique, s'en lèchent déjà les babines. Ils rêvent de voir «l'hémisphère droit» de François Hollande, ce «monsieur parfait» devenu la nouvelle mascotte des médias se prendre les pieds dans le tapis.

Jeté dans la fosse aux lions, celui qui ne s'est jamais présenté encore au suffrage universel et n'a pas encore quitté ses costumes rayés de banquier, a une petite voix fluette, un peu tremblante. L'émotion, peut-être? Ou la prise de conscience que le monde politique est d'une violence sans égal. Quels que soient les beaux diplômes et les années en cabinets ministériels.

Manuel Valls, lui a des poses de matamore. Et il déclare à propos de Thomas Thévenoud que si ce dernier, qui a choisi de rester membre de l'Assemblée nationale, décide de lui apporter sa voix, lors du vote de confiance du 16 septembre, il demandera qu'elle ne soit pas comptabilisée. On dirait que la France s'est trouvée un nouvel ennemi public numéro un.

D'un Valls l'autre. Atmosphère plus sereine dans le bureau de Jacques Grange avec qui j'ai rendez-vous. Cet architecte d'intérieur de talent, à la réussite internationale, a mis en scène la Biennale des Antiquaires et me montre sur un chevalet un portrait de lui peint par le père du premier ministre, Xavier Valls.

Jeudi 11 septembre

La stratégie du pas de côté. J'ai François Baroin au téléphone. Il a chassé durant ses vacances, se prépare à devenir sénateur et à postuler à la présidence de l'Association des maires de France. Une stratégie totalement à rebours de celle adoptée par ses petits copains quadra et quinqua de l'UMP. Une manière aussi d'être en réserve, loin du brouhaha médiatique et de la fièvre partisane. Pas bête par les temps qui courent. A suivre.

Le sucre. Conversation avec Jean-Jacques Aillagon. L'ancien ministre de la Culture de Jacques Chirac prépare pour le musée Branly une exposition de portraits culturels de l'ancien président de la République. «Il s'agira d'illustrer sa vie à travers des oeuvres et des objets». Cet ancien de la mairie de Paris a une jolie formule pour décrire la décomposition actuelle du système politique. «C'est un phénomène inédit. On dirait un sucre qui fond dans une tasse de café.»

 

Vendredi 12 septembre

Effroi. Il faut lire dans «Le Point» le témoignage glaçant de Nicolas Hénin, ce journaliste qui a été otage en Syrie et a reconnu en Mehdi Nemmouche, auteur présumé de la tuerie de Bruxelles, son geôlier. Il raconte quelques scènes de torture et histoires banales d'un «jeune homme perdu à l'égo surdimensionné». Extrait parmi d'autres d'un délire de Nemmouche: «Tu sais comment ça se passe quand je rentre dans une maison chiite? D'abord je tombe sur la grand-mère. Elle n'est pas très intéressante, la grand-mère. Je m'en débarrasse que d'une balle, elle vaut pas plus. Après je vois la femme. Là, ça commence à devenir plus marrant. D'abord, je la viole et ensuite je lui coupe la gorge. (..)Après je tombe sur le bébé. Ah un bébé! Tu peux pas savoir, c'est un tel plaisir de couper la tête d'un bébé».

 

 ( source LEFIGARO.FR / Anne Fulda )

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