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17/09/2014

NOS ADOLESCENTS : DES COSTAUDS FRAGILES - JOURNEES DU PATRIMOINE

 

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Inaugurée par le mini-séisme de la puberté, l'adolescence doit être accompagnée  par l'attention réelle, mais discrète, des parents.

 

Aux États-Unis, l'Association professionnelle des pédiatres (AAP) vient de demander qu'on retarde le début des cours le matin pour laisser les adolescents dormir plus longtemps. Spécialiste en médecine des adolescents, le Dr Paul Jacquin (CHU Robert-Debré, Paris) est du même avis, et pour cause: «À l'adolescence, le sommeil se décale physiologiquement vers le soir. Or le lycée commence souvent à 8 heures. Si on réveillait les adolescents une heure plus tard, ils seraient peut-être plus efficaces et les accidents de trajet moins nombreux.» Avec leurs gros besoins de sommeil, le coucher doit intervenir entre 22 h 30 et 23 h 30, tous écrans éteints. «Il faut aussi respecter la grasse matinée du dimanche, qui permet de récupérer la dette de sommeil accumulée dans la semaine.»

C'est aussi la période de la vie où on a le plus besoin de manger: un enfant double son poids entre 9 et 13 ans. «L'obésité vient de l'enfance, mais peut s'aggraver à l'adolescence. Le regard des autres, dont l'adolescent est très dépendant, et parfois la répétition de prises en charges inadaptées peuvent l'emprisonner dans des mécanismes conduisant à un trouble du comportement alimentaire.» Pour le pédiatre, «le plus important est de préserver le rythme des deux ou trois repas quotidiens en commun. Un ado pour qui manger devient un problème, qui vide les placards ou au contraire disparaît de la table familiale et s'isole pour manger, doit attirer l'attention des parents. En cas de souci, il ne faut pas hésiter à en parler avec lui et à demander l'avis du médecin».

Impulsivité

L'adolescence s'ouvre avec la puberté, l'acquisition progressive de la maturité sexuelle et de la capacité reproductrice, qui débute vers 10-12 ans chez les filles, 12-14 ans chez les garçons. Certaines pathologies peuvent se révéler à ce moment. «C'est le cas de maladies génétiques rares comme le syndrome de Klinefelter (1), de retards pubertaires, de retards de croissance dus à un déficit partiel en hormone de croissance, ou encore de tumeurs hypophysaires dévoilées par la forte sollicitation hormonale», explique le Dr Jacquin. «Les pathologies thyroïdiennes, la sclérose en plaques, le diabète de type 1 ont aussi une fréquence accrue à l'adolescence, probablement en raison des interactions entre hormones et immunité. Certaines formes d'épilepsies, de leucémies et de cancers ont aussi des spécificités à l'adolescence.»

Mais globalement, c'est l'âge de la vie où la consommation médicale est la plus faible, et 85 % des adolescents s'estiment en bonne santé. Pour autant, c'est une période de fragilité psycho-affective et cognitive. «Des travaux actuels montrent qu'à l'adolescence il y a un décalage entre la maturation des zones du cerveau impliquées dans la réflexion et celle du contrôle des émotions. L'impulsivité, les brusques changements d'humeur de l'adolescent, qui a du mal à réguler ses émotions, son intolérance à la déception ont une base physique», souligne le Dr Jean Chambry, pédopsychiatre (CHU Kremlin-Bicêtre). Avec la maturation cognitive apparaît aussi peu à peu la capacité d'abstraction, la possibilité de penser le monde en dehors de la réalité.

À l'adolescence, le jeune va se confronter à une modification de son corps qu'il ne maîtrise pas, à l'entrée dans la sexualité génitale adulte et aux remaniements psychiques liés à la puberté. C'est donc l'âge des expérimentations pour s'approprier ce corps et ce monde nouveaux. C'est aussi celui où l'adolescent prend conscience de l'écart entre son idéal de lui-même et la réalité, explique le médecin: «Si l'image de soi qu'il s'est construite dans l'enfance est assez bonne, cet écart ne sera pas trop écrasant et l'adolescent s'arrangera de ces ajustements. Sinon, cela risque d'être plus difficile.»

Une co-construction avec les parents

La durée de l'adolescence est en grande partie une construction culturelle. «Dans certaines sociétés, le passage de l'adolescence à l'âge adulte est quasiment instantané, au travers de rites d'initiation, rappelle le Pr Priscille Gérardin, pédopsychiatre (CHU de Rouen). Dans la nôtre, l'adolescence s'est énormément étirée. Avec l'allongement des études, le jeune peut rester longtemps à la charge de ses parents, dans une adolescence prolongée plus ou moins subie.» Car l'adolescence, c'est aussi la marche vers l'autonomie adulte. «La qualité de cette dernière étape dépend des processus de séparation et d'individuation qui se sont construits dans l'enfance, insiste la pédopsychiatre. L'adolescence interroge le jeune sur sa capacité à se prendre en charge, à définir ce qu'il est, ce qu'il souhaite. Il doit tout à la fois pouvoir s'appuyer sur ses proches et s'en différencier, s'y opposer parfois. Les parents doivent accepter et accompagner ce processus. Plus l'adolescent pourra se confronter et dialoguer avec les adultes, mieux il parviendra à s'autonomiser. Mais plus les parents seront dans le contrôle, l'intrusion, plus il sera dans des conduites d'opposition. C'est donc une co-construction plus ou moins facile…»

À l'adolescence, le jeune découvre que ses parents ne sont pas les êtres idéaux de son enfance. Les parents, eux, doivent accepter que l'adolescent, par ses choix professionnels, amicaux, culturels, diffère de l'idéal qu'ils s'en étaient fait.

(1) Cette présence d'un chromosome X excédentaire (XXY) touche un garçon sur 600. Elle se manifeste à l'adolescence par des anomalies variables du développement sexuel et une infertilité, sans handicap intellectuel.

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  • (source LeFigaro.fr // Par Martine Lochouarn) 

BOULOGNE-BILLANCOURT 

 

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Martine Lochouarn

Écrit par : Lochouarn | 11/11/2014

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