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28/09/2014

MICROBES : COMMENT ILS ENVAHISSENT NOS LIEUX DE VIE

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À l'heure de la mobilité internationale, connaître le comportement des virus et des bactéries dans divers environnements intérieurs permet de mieux s'en protéger.

 

Invisibles à l'œil nu, les microbes sont partout: sur nos tables, nos mains, nos téléphones, notre animal de compagnie. Virus ou bactéries, ils ne sont pas tous dangereux et ne nous rendront pas nécessairement malades. Mais à l'heure où la mobilité des individus ne cesse de croître, renforçant les risques d'une dispersion rapide, étudier la mobilité des germes est plus que jamais un enjeu de santé publique.

Des chercheurs de l'université de Chicago se sont ainsi intéressés aux flux de bactéries dans une maison. Ces travaux, publiés dans la revue Science, s'appuient sur l'observation de sept familles pendant six semaines. Pieds, mains, cavités nasales et mobilier ont été soumis à une analyse microbiologique. Les chercheurs ont pu constater que les habitants d'une même maisonnée présentent des «profils bactériens» très proches, qu'ils partagent largement avec leur habitation. D'ailleurs, il ne fallait que quelques heures à une famille venant d'emménager pour laisser son «empreinte bactérienne» sous son nouveau toit. Ces observations permettent de prévoir et d'évaluer, grâce à un logiciel interactif, la présence de micro-organismes en fonction de différents paramètres comme degré d'humidité, température ou encore nature des surfaces. Appliquée à terme aux hôpitaux, elle devrait permettre de favoriser des matériaux, une organisation des soins et un aménagement des lieux en défaveur de la transmission des bactéries, notamment celles porteuses de gènes pathogènes ou de résistance aux antibiotiques.

Convergence vers la machine à café

Le Dr Charles Gerba de l'université d'Arizona aux États-Unis a pour sa part cherché à mesurer la vitesse de circulation d'un virus dans un immeuble de bureaux abritant 80 personnes. Pour ce faire, il a déposé sur une poignée de porte à battants un virus inoffensif pour l'homme, très proche en structure des rhinovirus et norovirus qui déclenchent rhumes et gastro-entérites. Quatre heures plus tard, le germe était présent sur les mains de la moitié des employés et sur la moitié des surfaces touchées par ces personnes, a-t-il expliqué lors de la présentation de ses résultats au congrès annuel de la Société américaine de microbiologie la semaine dernière.

«Nous avons relevé en outre plusieurs particularités: la salle de pause, où siège la machine à café, est la pièce la plus rapidement contaminée, et la dispersion du virus par la main est beaucoup plus rapide que celle par l'éternuement ou la toux», souligne cet expert de la transmission des pathogènes dans l'environnement.

De quoi laisser songeur quand on sait qu'un éternuement peut pourtant propulser les microbes à des distances spectaculaires. Selon une étude du MIT (Massachusetts) parue en avril dans le Journal of Fluids Mechanics, les gouttelettes de salive expulsées par un individu enrhumé peuvent voyager sur 6 mètres. Mieux: en raison des propriétés physiques propres aux nuages, les gouttelettes se répandent rapidement dans toute la pièce et les germes, portés par les courants d'air, peuvent atteindre le système de ventilation et, par là, les autres salles qu'il dessert. De quoi amener certains hôpitaux, notamment, à se pencher sur leur système d'aération.

Des applications concrètes

Heureusement, la lutte contre la propagation des microbes ne nécessite pas forcément des moyens coûteux ou compliqués: se laver les mains et utiliser des lingettes désinfectantes pour le mobilier permet souvent de frapper fort. L'expérience de Charles Gerba et son équipe a été renouvelée après avoir expliqué au personnel de la société leur intérêt contre la propagation du virus. «On a alors observé un recul spectaculaire de la présence du virus, avec 60 à 80 % de surfaces contaminées en moins. C'est d'autant plus impressionnant que seulement la moitié des personnes sensibilisées avaient accepté d'utiliser ces produits hydroalcooliques», témoigne l'expert.

Pour Arnaud Fontanet, chef de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur et professeur au Cnam, étudier la mobilité et la survie des microbes est «très important». «Ces travaux vont permettre de savoir quelle est la nature des contacts avec le patient qui peuvent transmettre la maladie», explique-t-il. Une question déterminante lorsque l'on a affaire à un virus très contagieux comme le coronavirus du sras ou le virus Ebola. «On sait qu'il faut suivre l'entourage du patient une durée équivalant à la période d'incubation de la maladie pour voir ceux qui vont déclarer la maladie et les isoler. On entre alors dans des considérations très pratiques: qui considère-t-on comme ayant eu un contact à risque avec le malade? En termes de logistique, surveiller 10 ou 50 sujets contacts ne mobilise pas le même nombre de personnes. Et lorsque les ressources sont rares, comme dans le cas de l'actuelle épidémie d'Ebola, l'enjeu peut être vital.»

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