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27/09/2014

SENATORIALES : LES ENJEUX POLITIQUES DU SCRUTIN DE DIMANCHE

 

 

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 Passé à gauche en 2011 pour la première fois de la Ve République, la chambre haute de Parlement pourrait retomber dimanche dans l'escarcelle de la droite. Un basculement qui ne serait pas sans conséquences pour l'exécutif.

• Une majorité qui devrait rebasculer à droite…

La droite aiguise ses couteaux depuis plusieurs mois déjà. Le renouvellement de la moitié (178) des 348 sénateurs dimanche devrait lui permettre de reconquérir le Palais du Luxembourg, après sa défaite historique de septembre 2011. Avec 178 sièges, la gauche ne détient que de six voix la majorité au sein de la Haute Assemblée. Si le Parti socialiste perd ce scrutin, ce serait sa troisième défaite électorale, après celles des municipales et des européennes de 2014. C'est d'ailleurs la vague bleue de mars qui lui fait craindre le pire puisque 95 % des grands électeurs sénatoriaux sont conseillers municipaux ou délégués. Autre facteur qui pourrait jouer dimanche en sa défaveur: la défiance des élus locaux envers la politique menée par le gouvernement. Réforme territoriale, politique budgétaire, rythmes scolaires, baisse des dotations aux collectivités locales… Les sujets de mécontentement sont nombreux.

En savoir plus:

» L'UMP optimiste sur ses chances de regagner le Sénat

• …et impacter la politique du gouvernement

Sur le papier, les conséquences d'un basculement du Sénat à droite sont minimes. Car en cas de désaccord entre les deux chambres sur un texte législatif, c'est toujours l'Assemblée qui a le dernier mot. Mais si ce scénario se confirme dimanche, les choses deviendront malgré tout plus compliquées pour le gouvernement. Une fois à droite, le Sénat aura recours aux différentes ficelles procédurières existantes pour retarder les textes auxquels il s'opposera. Les socialistes ne considèrent cependant pas qu'un Sénat de droite serait une grande perte politique. Depuis le retour de la gauche aux responsabilités, la Haute Assemblée a rejeté plusieurs textes importants pour la majorité, comme ceux sur le budget ou la réforme régionale. En cause: les vingt sénateurs communistes, campés dans l'opposition au gouvernement. Ce basculement pourrait cependant coûter cher politiquement à François Hollande alors qu'il arrive à la moitié de son mandat et que son adversaire de 2012, Nicolas Sarkozy, vient de faire son retour officiel en vue de 2017.

• Présidence du Sénat: un poste convoitée à droite

Trois sénateurs UMP sont en campagne pour enlever la présidence de la chambre haute: l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, l'ex-président du Palais du Luxembourg Gérard Larcher (2008-2011) et l'actuel président de la commission des finances, Philippe Marini. Tous les trois avaient déjà postulés en 2008 lors de la succession de l'ancien élu RPR Christian Poncelet. Une primaire les départagera mardi, à la veille de l'élection au «plateau». Un poste convoité pour le statut qu'il confère: celui de deuxième personnage de la République. C'est le président du Sénat qui assure l'intérim en cas d'empêchement du chef de l'État, de décès ou de démission. Il dispose aussi d'un important pouvoir de nominations, désignant trois des neuf membres du Conseil constitutionnel et un du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Le chef de l'État doit par ailleurs obligatoirement le consulter avant toute dissolution de l'Assemblée nationale. À gauche, le patron de sénateurs socialistes et élu de la Drôme, Didier Guillaume, avait officialisé sa candidature mi-juillet pour «rassembler la gauche». L'UDI a également sa candidate: la sénatrice de l'Orne, Nathalie Goulet. Le vainqueur succèdera à Jean-Pierre Bel, président depuis 2011, qui quitte la vie politique après ce scrutin.

En savoir plus:

» Trois candidats UMP se disputent la présidence du Sénat

• Le FN aux portes du Palais du Luxembourg

Le Front national se tient prêt à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de conquête du pouvoir. Après ses succès électoraux aux municipales et aux européennes, le parti de Marine Le Pen se tient en embuscade, notamment en Provence-Alpes-Côte d'Azur où il espère faire élire les deux premiers sénateurs frontistes de l'Histoire à la Haute Assemblée. C'est dans cette région qu'il avait remporté ses plus grands succès en mars en prenant cinq villes et une mairie à Marseille. Alors qu'il présente des candidats dans les 58 départements renouvelables, le Front national mise plus particulièrement sur David Rachline, le maire de Fréjus, et sur Stéphane Ravier, l'édile du 7e secteur de la cité phocéenne. Il compte également sur son nouveau socle de 1600 conseillers municipaux, dont 1040 sont désormais concernés par le scrutin. Les conséquences de l'entrée d'un sénateur frontiste seraient toutefois surtout symboliques. Car sans groupe politique, il serait très isolé et disposerait de très peu de moyens.

(Source LeFigaro.fr // Marion Joseph)

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