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04/10/2014

LE GOUVERNEMENT VEUT SUPPRIMER LES SACS PLASTIQUES

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Le projet de loi sur la transition énergétique, débattu à l'Assemblée nationale, prévoit l'interdiction des sacs en plastique à usage unique. Une démarche déjà testée à l'étranger, mais qui ne fait pas l'unanimité.

Haro sur le sac plastique. Le projet de loi sur la transition énergétique, débattu ce mercredi à l'Assemblée nationale, prévoit l'interdiction de ces contenants à usage unique à partir du 1er janvier 2016, qu'ils soient gratuits ou payants. Ces dernières années, des progrès ont certes été réalisés: le nombre de sacs plastiques jetables distribués dans les grandes surfaces alimentaires est passé de 10,5 milliards en 2002 à 700 millions en 2011. Mais on en utilise encore 5 milliards en caisse chaque année, auxquels s'ajoutent 12 milliards d'unités pour les fruits et légumes. Dans son projet de loi, le gouvernement n'entend toutefois pas interdire les sacs plastiques épais et réutilisables - gratuits ou payants - ni les sacs jetables «biosourcés» (faits de matière organique) ou compostables en compostage domestique. Il appelle aussi à l'utilisation «d'autres modes de transport des marchandises, comme par exemple des cabas ou des chariots».

A Paris, on souhaite même anticiper ces mesures: la maire Anne Hidalgo a proposé mardi au Conseil de Paris de mener une large concertation avec la grande distribution et les petits commerces, pour faire de la capitale la première ville de France à arrêter la distribution de sacs plastiques à usage unique. Parmi les alternatives énoncées: des sacs biodégradables, compostables et dépourvus de perturbateurs endocriniens.

 

TWEET de @Anne_Hidalgo

Je propose cet après-midi que #Paris soit la 1ère ville de France à cesser de distribuer des sacs plastiques à usage unique #ConseildeParis

Des disparités en Europe

La démarche française s'inscrit dans une volonté plus large, au sein de l'UE, de réduire la pollution causée par le plastique. La Commission européenne a en effet demandé l'an dernier aux États membres de réduire de 80% le nombre de sacs jetables - environ 100 milliards - mis chaque année sur le marché de l'UE. Ce projet permettrait de mettre fin aux grandes disparités subsistant au sein de l'Union: le Danemark et la Finlande affichent 4 sacs plastique consommés par an et par habitant, contre plus de 450 pour certains pays comme l'Estonie ou la Pologne.

 

Certains, dans le monde, ont déjà pris les devants: la Californie est devenue mardi le premier État américain à interdire les sacs en plastique à usage unique dans les épiceries et les pharmacies, à compter du 1er juillet 2015, en permettant aux magasins de facturer 10 cents des sacs en papier ou réutilisables. Cette loi «réduit le torrent de sacs plastiques qui pollue nos plages, nos parcs et même le vaste océan lui-même», a assuré le gouverneur Jerry Brown. San Francisco ou Los Angeles ont déjà mis en place ce genre de mesures, de même que des pays entiers, comme le Rwanda.

Mis en garde contre une hausse des prix alimentaires

Le projet de loi défendu par le gouvernement français est loin de plaire à tout le monde: la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) et l'Union nationale des syndicats de détaillants en fruits, légumes et primeurs (UNFD), évaluent à 300 millions d'euros le surcoût de cette disposition et mettent en garde contre une hausse des prix pour les fruits et légumes. La Fédération de la plasturgie, elle, estime que le projet menace quelque 3.000 emplois en France.

De leur côté, les associations environnementales saluent l'effort du gouvernement... tout en soulignant le retard pris. Agnès Banaszuk, coordinatice du réseau prévention et gestion des déchets pour France Nature Environnement (FNE). rappelle ainsi que «la mise en place d'une taxe de 6 centimes d'euros par sac plastique à usage unique devait entrer en vigueur le 1er janvier 2014 dans le cadre de la TGAP («Taxe générale sur les activités polluantes»), mais cela n'a jamais été le cas. En Irlande, une mesure du même genre a pourtant permis de réduire de plus de 90% en un an l'utilisation» de ces contenants.

La fédération d'associations FNE appelle aujourd'hui le gouvernement à aller plus loin: «Dans le projet de loi, ce n'est pas l'usage unique qui est visé, mais seulement le plastique. Or ce qui est préjudiciable, c'est l'acte de jeter: nous prônons l'usage du sac durable», explique Agnès Banaszuk. Pour elle, donc, l'argument de la FCD et de l'UNFD ne va pas dans le bon sens: «Ils partent du principe qu'ils vont devoir remplacer tous leurs sacs plastiques par d'autres, alors que si on change les comportements, il n'y aura plus besoin d'autant de sacs». Les défenseurs de l'environnement rappellent qu'un sac plastique peut mettre jusqu'à 400 ans avant de se désagréger. Il en atterrit 14.400 chaque heure sur les plages françaises, et 100.000 mammifères marins meurent chaque année en ingérant du plastique.

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(source LeFigaro.fr / Anne-Laure Frémont)

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