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08/10/2014

CONSOMMATION : POURQUOI LES PRIX BAISSENT DANS LES RAYONS ALIMENTAIRES

 

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La négociation des tarifs 2015 démarre avec de nouvelles règles. La crise complique la donne.

Les géants de l'agroalimentaire et des produits de grande consommation seront privés de leur bouffée d'air frais. Pour la première fois depuis l'entrée en vigueur de la loi de modernisation de l'économie (LME) en 2008, ils s'attendaient à entamer ces jours-ci les négociations tarifaires annuelles avec les distributeurs, un rituel aussi crucial que douloureux, avec de nouvelles armes leur redonnant un peu de pouvoir.

La loi Hamon, entrée en vigueur le 17 mars, est censée apporter des garde-fous aux dérives constatées depuis 2008. Elle exige ainsi que les conditions générales de ventes des industriels soient la base de négociation avec les enseignes, prévoit la rédaction d'une convention annuelle récapitulant les engagements, interdit le non-respect des prix convenus… Autant d'exigences au service des industriels, qui semblent mieux protégés.

La loi Hamon ne devrait pourtant leur être que d'un maigre secours, tant l'environnement a changé depuis son instauration: la guerre des prix entre enseignes gagne sans cesse en intensité, la consommation en grande surface patine, et certains distributeurs s'allient pour peser plus lourd dans les négociations.

«80 % des références des marques nationales les plus vendues sont en déflation sur l es huit premiers mois de l'année»

 

La guerre des prix dans laquelle sont engagés Leclerc, Carrefour, Géant Casino, Auchan, Système U et Intermarché se concentre sur les produits de marques nationales. Et en particulier les plus vendus, ceux pour lesquels la comparaison d'un hyper à l'autre est la plus facile. Le positionnement tarifaire et l'image prix sont les priorités des enseignes pour gagner des parts de marché, d'autant que la consommation des ménages semble de plus en plus déprimée. La guerre des prix fait des ravages: - 14 % en moins de deux ans sur le paquet de 200 g de café Maxwell, - 16 % sur celui des nouilles Panzani, sans pour autant augmenter les volumes.

«80 % des références des marques nationales les plus vendues sont en déflation sur les huit premiers mois de l'année, se désole Richard Panquiault, directeur général de l'Ilec, qui représente les géants de la grande consommation. Or les panels ont prouvé que cela ne faisait pas progresser pour autant les volumes.» «Nous finançons contraints et forcés la guerre des prix, renchérit Jean-Philippe Girard, son homologue à l'Ania (Association nationale des industriels de l'alimentaire). Je me battrai pour qu'on redonne leur juste valeur aux produits.»En juin, l'association a exprimé auprès du premier ministre, conjointement avec Coop de France et la FNSEA, sa colère sur une guerre des prix «poursuivie, entretenue et amplifiée par les enseignes de la grande distribution».

Le rapprochement annoncé début septembre entre Auchan et Système U ne va rien arranger aux négociations qui démarrent pour cinq mois. Les deux enseignes, surnommées «Système A», ont lancé un pavé dans la mare en mutualisant leurs achats de produits de marque. Cela leur permet de revendiquer le statut de «réseau de distribution le plus fort et le plus cohérent de France» en faisant valoir leur position de leader, avec 21,6 % du marché. «Cette guerre ne va pas s'apaiser à court terme», pronostique Serge Papin, patron de Système U.

«L'objectif du rapprochement entre Auchan et Système U est de mettre une pression supplémentaire sur les entreprises pour obtenir de meilleures conditions commerciales»

Obligés de réagir pour ne pas décrocher face à Carrefour ou Leclerc, Système U et Auchan réveillent la méfiance des industriels. «L'objectif de ce rapprochement est de mettre une pression supplémentaire sur les entreprises pour obtenir de meilleures conditions commerciales, déplore Richard Panquiault. Cela va dégrader la rentabilité des industriels. Nous ne sommes pas à l'abri de dérapages.»

«Pour être vraiment efficaces, il faudra que les deux alliés développent un plan d'affaires très précis pour prouver qu'ils vont booster le chiffre d'affaires des marques», précise Jean-Daniel Pick, chez OC & C. Le cas échéant, «Système A» pourrait obtenir des rabais de 0,5 à 1 %, réinvestis dans les prix. Avec la possibilité que ses concurrents en remettent une couche, quitte à flirter avec la légalité. Plusieurs fournisseurs dénoncent la tentation des distributeurs à vendre des produits à perte.

Sans renier «qu'il n'y a pas de raison pour que les consommateurs ne profitent pas des rabais obtenus», Serge Papin affirme rester un fervent défenseur d'une trêve dans une bataille du «prix à tout prix» qu'il juge mortifère. Un discours relayé mezzo voce par Georges Plassat, le patron de Carrefour. L'enseigne reprendra le leadership de la distribution française une fois bouclé le rachat de Dia. Ses acheteurs ne semblent pas en tirer profit pour augmenter la pression sur les industriels, avec qui les relations seraient «plus tempérées», selon un fabriquant.

Toujours méfiants et prêts à crier avant d'avoir mal, les industriels comptent sur l'appui de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence et la répression des fraudes), dont le contrôle accru par la loi Hamon est censé limiter les tentatives d'abus des distributeurs. Elle est intervenue cet été pour clarifier la loi Hamon. Les subterfuges pour dépasser les délais de paiement seront sanctionnés d'une amende de 375.000 euros. Réclamer abusivement des ristournes pour compenser la perte de rentabilité sera aussi passible d'une sanction administrative.

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(source LeFigaro.fr // olivia Derreumaux)

 

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