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18/10/2014

LE MENAGE A DOMICILE BOULEVERSÉ PAR L'ARRIVEE DE NOUVEAUX ACTEURS QUI CASSENT LES PRIX

 

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Plusieurs entreprises se sont lancées ces dernières semaines dans l'Hexagone. Elles proposent de mettre en relation des particuliers avec des aides-ménagers autoentrepreneurs.

 

Les acteurs traditionnels du secteur n'ont qu'à bien se tenir. Plusieurs sites proposant de faciliter le ménage à domicile se sont lancés ces dernières semaines dans l'Hexagone. Après l'allemand Helpling cet été, ce sont les anglo-saxons Hassle et Homejoy qui ont investi en octobre le marché français. Avec une recette grosso modo identique: proposer un service de mise en relation entre particuliers et aides-ménagers indépendants, un peu sur le modèle d'Uber pour le transport.

Loin des agences de nettoyage traditionnelles, qui salarient leur personnel, les forment et leur fournissent le matériel, ces entreprises ne sont que des intermédiaires, qui trouvent ou permettent aux clients de trouver l'aide-ménager qui correspond le mieux à leurs exigences, leur lieu d'habitation et leur planning. Un modèle économique qui permet à ces nouveaux venus de casser les prix: alors que le tarif d'une heure déclarée de ménage à domicile dépasse 20 euros dans les agences installées de longue date dans l'Hexagone, Helpling affiche un tarif de 16,90 euros avant déduction fiscale, Hassle 15,90 euros et Homejoy 18,90 euros. Ces sites se rémunèrent en ponctionnant une commission, généralement autour de 20%, sur la rémunération des aides-ménagers.

«L'important pour nous n'est pas d'être les moins chers»

Adora Cheung, co-fondatrice d'Homjoy

Chacun présente cependant ses spécificités. Homejoy met par exemple l'accent sur la qualité de la prestation: chaque aide-ménager est recruté à la suite d'un entretien téléphonique, puis physique, qui précède un test réel et des contrôles qualité effectués au hasard chez les clients. Le matériel de nettoyage est fourni aux aides-ménagers. Et un service après-vente s'occupe de ne pas laisser les clients mécontents sans réponse. «L'important pour nous n'est pas d'être les moins chers, mais d'offrir un service de qualité», précise sa co-fondatrice, Adora Cheung. Issue de l'incubateur californien Y Combinator (dans le giron duquel ont grandi AirBnB ou Dropbox), Homejoy a levé près de 40 millions de dollars fin décembre. La start-up propose les services de 1500 aides-ménagers aux Etats-Unis, et d'une centaine en France... dont plus de la moitié sont des hommes, à rebours du cliché de la femme de ménage.

Réplique allemande d'Homejoy, Helpling est de son côté déjà présente dans 150 villes européennes. Elle bénéficie de l'appui du groupe Rocket Internet, qui s'est fait une spécialité de copier des sites existants à succès, et de les lancer dans différents pays à vitesse éclair. 10.000 prestations de nettoyage auraient déjà été réalisées dans les pays où ils sont implantés. Quant au britannique Hassle, il se distingue de ses concurrents par une plus grande liberté laissée à l'utilisateur. Contrairement à Homejoy ou Helpling, qui choisissent l'aide-ménager qui correspond le mieux aux attentes du client, Hassle laisse celui-ci choisir parmi de multiples profils, avec photos, références et avis des clients précédents. À l'image de Blablacar pour le co-voiturage, «nous proposons simplement une plate-forme de mise en relation, où chacun est responsable de sa réputation», explique Michael Cohen, le country manager France de Hassle.

Une part d'aléa

Avant de grignoter des parts de marché aux acteurs traditionnels, les trois sites prétendent faire un sort au travail au noir, qui gangrène le secteur à hauteur de 40%. Et offrir ainsi une couverture sociale, même minimale, à des personnes qui en étaient jusqu'à présent dépourvues. Les acteurs traditionnels affirment ne pas craindre cette nouvelle concurrence. «Tout ce qui met l'accent sur nos métiers et la présence d'entreprises qui structurent le marché est une bonne chose», expliquait récemment au Figaro Guillaume Richard, le président d'O2, leader du marché. Malgré la réduction, depuis l'année dernière, des avantages fiscaux associés au travail à domicile, O2 affiche une croissance de 20% sur les six premiers mois de l'année.

Côté consommateur, «c'est une opportunité parce que cela leur permet de payer moinc cher, analyse Robert Rochefort, co-président de L'Observatoire Société et Consommation. Mais le service délivré n'est pas le même que celui des agences de nettoyage traditionnelles. Il comporte une part d'aventure, d'aléas, comparable à la différence entre un séjour chez un particulier via AirBnB et une nuit dans un hôtel classique». Au client de faire son choix.

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(source LeFigaro.fr // Marie Bartnik)

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