UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/10/2014

SANTÉ : PREVENIR L'ARTHROSE , C'EST POSSIBLE ( PARFOIS )

 

schema-fk-arthrose.jpg

Perçue comme une maladie sans gravité, c'est pourtant un réel handicap. En l'absence de traitement, l'accent doit être mis sur la prévention.

 

«L'arthrose est la première cause de handicap après 40 ans en France. Pourtant, elle ne fait l'objet d'aucune véritable politique de santé car elle n'est pas associée à un risque vital immédiat. C'est un Ranou 229fd3e.jpgscandale sanitaire», martèle le Pr François Rannou,(photo)  rhumatologue à l'hôpital Cochin à Paris. La plus fréquente des maladies rhumatismales est effectivement réputée comme sans gravité. «Pourtant, le handicap lié à l'arthrose des membres inférieurs est tel qu'il est associé à un excès de mortalité car il va entraîner une hausse de la sédentarité», insiste le Pr Pascal Richette, rhumatologue à l'hôpital Lariboisière à Paris.

Pour sortir cette maladie de l'indifférence, l'Alliance nationale contre l'arthrose vient de donner le coup d'envoi des premiers états généraux de l'arthrose. Des rencontres se dérouleront dans dix villes de France avant de déboucher sur une série de propositions dévoilées en octobre 2015. Elles porteront sur la prévention, les traitements ou encore l'optimisation du parcours de soins.

Dix millions de Français seraient atteints par cette pathologie dont 6 à 7 millions présenteraient des signes cliniques. Longtemps présentée comme une «usure» du cartilage liée à l'âge, l'arthrose est une véritable maladie. «Les principaux facteurs de risque sont l'âge, le patrimoine génétique, les contraintes mécaniques comme l'obésité ou les dysplasies (malformation liée à une anomalie de développement de certains organes, NDLR), les facteurs hormonaux, une inflammation locale. Suivant le type d'arthrose, chacun de ces facteurs pèsera plus ou moins lourdement», explique le Pr François Rannou. Les articulations essentiellement atteintes sont les genoux, les mains, les hanches, les étages lombaires et cervicaux de la colonne vertébrale.

Consulter le plus tôt possible

Et contrairement aux idées reçues, ce n'est pas uniquement une maladie de «vieux». L'arthrose du genou touche majoritairement la femme en surpoids de 68 ans mais elle n'épargne pas l'homme de 45 ans qui a subi une opération du ménisque quelques années auparavant. Ainsi, plus de la moitié des personnes atteintes ont moins de 60 ans et plus d'un tiers a commencé à souffrir avant l'âge de 40 ans, révèle une enquête réalisée en 2013 auprès de plus de 4 500 personnes par l'Association française de lutte anti-rhumatismale (Aflar).

La douleur est la principale répercussion sur la qualité de vie des patients. C'est d'ailleurs souvent cette douleur qui entraîne la visite chez un médecin. «Mais dans la majorité des cas, les patients consultent un peu tard. Car s'il n'existe pas de médicament capable de réduire la progression de l'arthrose. Nous avons à notre disposition des moyens de prévention, mais il vaut mieux les mettre en œuvre le plus tôt possible», insiste le Pr Francis Berenbaum, vice-président de la Société française de rhumatologie. Ces mesures, non médicamenteuses, permettent d'améliorer la fonction articulaire. Ce peut être le port d'orthèse, de semelles, la perte de poids… Cette dernière est particulièrement efficace sur l'arthrose du genou et de la main. «Mais il faut perdre entre 8 % et 10 % de son poids, c'est beaucoup. Et c'est pourquoi la prise en charge doit être pluridisciplinaire», explique Pascal Richette.

6000 pas par jour

L'activité physique est également particulièrement bénéfique. «L'idéal est de marcher, en dehors des poussées inflammatoires, 6 000 pas par jour, ce qui équivaut à 4 kilomètres par jour. Ou encore de faire du vélo ou de la natation», affirme Francis Berenbaum. Recommencer une activité physique après 50 ans, lorsque l'on est en surpoids ou obèse et que l'on a mal, se fait rarement seul. «Le kinésithérapeute peut alors agir comme un coach et accompagner une reprise progressive vers une activité adaptée», explique le rhumatologue.

Mais surtout les spécialistes sont formels: il est possible de diminuer la prévalence de l'arthrose de manière significative en martelant des messages de prévention. Comme dans de nombreuses maladies chroniques, la lutte contre l'obésité et le développement de l'activité physique demeurent des priorités. Mais des actions sont à mener spécifiquement auprès des sportifs ou de certains professionnels. Ainsi, les jeunes joueurs de foot qui imitent les professionnels et se donnent des coups sur le terrain augmentent leurs risques de traumatisme et d'arthrose.

Autre exemple, un carreleur à genoux toute la journée devrait porter un pantalon approprié pour diminuer les frottements… «Dans la mesure du possible, nous devons aussi éviter de retirer tout ou partie du ménisque. Nous enlevons encore trop souvent tout ou partie de ménisques fissurés. Lorsque le genou n'est pas bloqué, mieux vaut les garder intacts pour préserver l'avenir de l'articulation», met en garde Francis Berenbaum. Des messages que les états généraux espèrent pouvoir faire passer.

LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE:

AVIS D'EXPERT - Arthrose: perdre du poids pour souffrir moins 

AVIS D'EXPERT - Comment survient l'arthrose? 

AVIS D'EXPERT - Le sport peut-il provoquer de l'arthrose? 

 

  • (source LeFigaro.fr / Par Anne Prigent) 

Les commentaires sont fermés.