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04/11/2014

DISPARITION DE CHRISTIANE MINAZZOLI, COMEDIENNE CHARMANTE ET DELICATE

 

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DISPARITION -Du festival d'Avignon aux films de Jacques Demy, elle aura prêté sa silhouette délicate à des centaines de personnages. Elle s'est éteinte dimanche, vaincue par le cancer. Elle avait 83 ans.

Tout en elle était grâce et élégance. Christiane Minazzoli avait connu l'exaltante discipline de la danse avant de se tourner vers la comédie. Et toute sa vie elle conserva une silhouette fine, déliée, un port de tête aristocratique, une manière particulière de se mouvoir.

Cette très grande comédienne qui débuta avec les Branquignols, passa de nombreuses années au Théâtre National Populaire avant de connaître au cinéma, à la télévision, au théâtre privé, une très belle carrière, s'est éteinte dimanche 2 novembre dans un hôpital parisien. Elle a été vaincue par un cancer contre lequel elle se battait depuis longtemps. Elle était né le 11 juillet 1931.

Sa mère était du Nord, son père était italien, originaire du Piémont et ce bel alliage avait paré de bien des qualités la jeune fille. Elle était ravissante. Un visage au bel ovale, des yeux largement fendus, une bouche délicatement ourlée, un front haut et un petit nez légèrement retroussé et une chevelure chatain opulente qu'elle éclaircirait avec le temps.

Elle a tout d'une jeune première, Christiane Minazzoli et, après ses études de danse classique, c'est au Conservatoire national supérieur d'art dramatique qu'elle se forme à la comédie. Elle en sort en 1952 alors qu'elle a déjà connu ses premiers triomphes professionnels avec Yves Robert, Robert Dhéry, Colette Brosset et toute l'épatante bande des Branquignols pour un film.

Onze années fertiles aux côtés de Gérard Philipe

Dès 1952, Jean Vilar l'engage. Elle va demeurer onze années très fertiles et éblouissantes dans la troupe, notamment auprès de Gérard Philipe. Le Festival d'Avignon, le Théâtre national populaire à Suresnes et Chaillot, les grandes tournées internationales, Christiane Minazzoli a tout connu et gardait de ces années de merveilleux souvenirs. Citons par exemple dès le premier été chez les Papes, Dom Juan, le Médecin malgré lui de Molière, La Tragédie du Roi Richard II de Shakespare. En 54, Le Prince de Hombourg de Kleist et Lorenzaccio bien sûr, mis en scène par Gérard Philipe lui-même. Molière, Tchekhov, Hugo, et Vinaver en 59 sous la direction de Georges Wilson, et Brecht et Büchner avec Vilar, elle a tout joué, tout connu dans ces années là. Elle retrouvera Vilar une dernière fois pour L'Avare présenté en 66 au Festival du Marais. Et elle était revenue à Avignon pour «La Cour des comédiens», en 1996, au Festival d'Avignon, une soirée de souvenirs...

C'est l'époque où la télévision française, l'Ecole des Buttes Chaumont, notamment, produit des dramatiques de grande qualité et bien sûr Christiane Minazzoli est de la partie: Bluwal, Barma, Isker, Iglesis et Jean-Christophe Averty pour qui elle est une fantastique Titania dans Le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare. C'était en 1969.

Elle sera aussi l'une des vedettes de Au Théâtre ce soir, retrouvera Jean-Christophe Averty pour Chantecler de Edmond Rosatand. Elle jouait...la poule faisane mais aussi la Duchesse de Montpensier avec Marcel Cravenne ou Odettte Cléry dans Désiré de Guitry réalisé par Jeannette Hubert.

Au cinéma, le chemin est également brillant. Elle figure au générique de Casque d'or de Jacques Becker dès 1952 et tourne encore avec lui dans Rue de l'Estrapade. André Hunebelle, Bernard Borderie, Michel Deville la font également tourner. Sa jeunesse est radieuse, elle est capable de jouer des rôles graves et excelle dans la comédie. Jacques Demy la dirige dans Trois places pour le 26, en 1988 et Claude Chabrol l'engage pour Madame Bovary, Betty, L'Enfer, de 1991 à 1994.

Et toutes ces années là, elle continue à ravir les spectateurs sur les planches, avec sa voix cristalline et son esprit. En 75, L'Autre valse de Françoise Dorin, Le Jour et la Nuit d'Elie Pressmann, Les Rustres de Goldoni mis en scène par Claude Santelli en 78 à la Michodière où elle demeure pour jouer Coup de chapeau de Bernard Slade.

En 94 elle avait retrouvé Georges Wilson pour Henri IV de Pirandello, travaillé avec Gildas Bourdet, Francis Perrin Jean-Laurent Cochet autant d'hommes de théâtre qui apréciaient la délicatesse de son jeu et la sensibilité de sa présence.

Son dernier rôle aura été dans Ne réveillez pas Madame de Jean Anouilh au Théâtre de Paris, en 2001, sous la direction de Francis Perrin. On ne l'oubliait pas...

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(Source LeFigaro.fr / Armelle Heliot

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