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18/11/2014

DON WAS : " JOHNNY HALLYDAY ET LE MYTHE DE L'AMERIQUE "

 

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INTERVIEW- Pour Rester vivant, le producteur américain, qui a travaillé avec les Rolling Stones et Bob Dylan, a voulu un disque intime pour un authentique «chanteur de rock».

 

Lunettes noires, chapeau, tongs: l'allure bohème de Don Was se remarque à peine dans les couloirs du Costes, à Paris, où l'on s'affaire pour le passage de Jay Z et Beyoncé dans l'hôtel. Entre deux rendez-vous, le président du label Blue Note évoque son travail avec Johnny.

LE FIGARO. - Mesuriez-vous l'impact de Johnny en France en travaillant avec lui?

Don WAS. - Ce n'est que lorsque je suis venu à Paris et que j'ai joué en public avec lui que je me suis rendu compte de sa popularité. Je l'avais vu en concert, mais être derrière lui vous fait mesurer sa puissance.

Qu'est-ce qui vous frappe le plus?

C'est un vrai chanteur. Il est très bon. Même sans connaître ses cinquante albums par cœur, les musiciens respectent ça. Le premier disque que j'ai entendu de lui est celui qu'il a enregistré avec les Small Faces, à Londres en 1969. C'est lorsque je l'ai rencontré que je me suis aperçu qu'il est authentique, profond. Il m'a rappelé Muddy Waters. Il est aussi humble, mais chanter comme il le fait, c'est un sacré truc!

C'est la première fois que vous travaillez avec un chanteur francophone…

Je ne sais pas pourquoi on m'a appelé. Je n'ai même jamais posé la question. Mais j'étais très heureux de le faire. Ça s'est tellement bien passé.

Vous avez beaucoup collaboré avec les Rolling Stones. C'est très différent?

Les Stones écrivent en studio, cela peut prendre six mois pour faire un disque, dont quatre d'écriture. Avec Johnny, les chansons étaient prêtes. Nous en enregistrions deux par jour. Nous avons installé les musiciens en cercle, avec lui au centre. Aucun d'entre eux n'avait joué ensemble auparavant.

Quelle était votre ambition avec ce disque?

Je voulais qu'il sonne le plus vrai possible. Johnny est un chanteur de rock, je voulais capturer ce son collectif. C'est un disque assez intime.

Qu'est-ce qui le distingue d'un chanteur américain?

Je l'ai traité de la même manière qu'un Américain mais je me suis rendu compte que la langue française ne permet pas de cracher les mots. Pareil avec l'italien. Avec l'anglais, on peut être plus rythmique. Les Français sont plus crooners que rockers. Les nuances de la langue m'échappant, j'ai approché la voix de Johnny comme je l'aurais fait avec le saxophone de John Coltrane.

En tant qu'Américain, comment percevez-vous la fascination que votre pays continue d'exercer sur lui?

L'Amérique qu'il aime n'existe que dans les films. C'est un pur fantasme. Johnny ressemble encore plus à James Dean que Dean lui-même. Il est devenu comme ça. Johnny Cash ou Willie Nelson sont devenus leurs personnages. Johnny s'approche plus d'une icône américaine que les héros de l'Amérique eux-mêmes.

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(source LeFigaro.fr ) 

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