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23/11/2014

20% DE L'EAU POTABLE GASPILLÉE A CAUSE DE LA VÉTUSTÉ DES CANALISATIONS

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INFOGRAPHIE - Les professionnels du secteur tirent la sonnette d'alarme, un milliard de mètre cubes d'eau n'arrivant jamais jusqu'au robinet des Français. Des investissements urgents sont nécessaires pour renouveler le réseau devenu vétuste.

Des canalisations vieillissantes à l'étanchéité douteuse. La qualité du réseau d'eau s'est fortement dégradée en France, selon la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau. À la veille du salon des maires et des collectivités locales (les communes étant au centre de la gestion des eaux), cette dernière tire la sonnette d'alarme. Car les conséquences de la vétusté du réseau sont catastrophiques: un milliard de mètres cubes de fuite est enregistré en moyenne chaque année, selon l'Observatoire national des services d'eau et d'assainissement (Onema). Autrement dit, 20% de l'eau traitée n'arrive pas jusqu'au robinet des Français.

Le chiffre, déjà révélé par 60 millions de consommateurs en mars dernier, serait même sous-évalué car uniquement basé sur les informations des collectivités ayant fait remonter leurs données à l'échelle nationale. «Le taux officiel est déjà largement sous-estimé par les collectivités locales. D'après nos observations sur le terrain, aujourd'hui, on perd plutôt en moyenne 40% de l'eau distribuée», confie aux Échos Alain Grizaud, représentant des entreprises de canalisation.

D'après l'enquête de 60 millions de consommateurs, les disparités sont très fortes entre les villes: Paris est l'une des communes qui perd le moins d'eau (8% de pertes), tandis que Nîmes figure parmi les mauvais élèves (37%), aux côtés de Digne-les-Bains, Bar-le-Duc (48 %) ou encore Tulle (36%). Globalement, «le rendement de réseau est proportionné à la taille des collectivités, les services (communaux) de moins de 1000 habitants accusant 30% de pertes contre 15% pour les très grands services (plus de 100.000 habitants)», souligne l'Onema.

«À ce rythme, il faudra cent soixante ans pour remplacer le réseau alors que la durée de vie d'une canalisation va de trente à quatre-vingts ans»

(Philippe Maillard, président de la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau)

En cause: le manque criant d'investissements dans les 900.000 kilomètres de réseau d'eau potable. Entre 2009 et 2011, le taux de renouvellement de ces réseaux a baissé de 2,01%, tandis que celui de l'assainissement collectif a reculé de 3,69% . «Actuellement, seulement 0,6% en moyenne du réseau est renouvelé annuellement. À ce rythme, il faudra cent soixante ans pour le remplacer, alors que la durée de vie d'une canalisation va généralement de trente à quatre-vingts ans, selon les matériaux employés et les conditions d'exploitation», déplore Philippe Maillard, président de la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau, dans les Échos. Le montant des investissements, actuellement de 800 millions d'euros, doit être doublé, affirme-t-il.

Mais le blocage est souvent politique. Certains maires hésitent à engager des travaux qui entraîneront une hausse mécanique des prix de l'eau pour leur administrés. Pourtant, «la hausse serait très modeste. La facture moyenne est de 400 euros par an et par foyer. Il faudrait l'augmenter de 4 euros par an, soit de l'ordre de 1%. Rappelons que, contrairement aux idées reçues, en France, l'eau n'est pas chère», assure Philippe Maillard.

Création de 10.000 emplois directs et indirects

La Fédération professionnelle des entreprises de l'eau souhaite «provoquer une prise de conscience». Elle appelle l'État et les collectivités locales à engager un vaste plan de relance, à l'image de celui lancé pour les autoroutes. Fin juillet, Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, a fait un pas dans ce sens en demandant aux collectivités de «réaliser un diagnostic de leurs réseaux et lancer les travaux nécessaires». Afin de les aider, le gouvernement a annoncé que la redevance «prélèvement» due par les collectivités aux agences de l'eau ne sera augmentée qu'en 2015.

D'autres leviers d'action existent: «utiliser les prêts bonifiés de la Caisse des Dépôts, demander aux entreprises locales de l'eau de supporter les investissements, moyennant une extension de la durée de leur contrat de délégation», énumère Philippe Maillard.

 

Les professionnels assurent par ailleurs que «porter le taux de renouvellement du réseau de 0,6% à 1,5% générerait de l'ordre de 10.000 emplois directs et indirects» et «aurait une utilité sociale et environnementale incontestable». Si rien n'est fait, «nous allons vers de graves problèmes dans quelques années», prévient la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau.

(Source LeFigaro.fr /Hayat Cazzane) 

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