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25/11/2014

TAXIS : COMMENT LES VTC ONT CHANGÉ LES CODES

 

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G7, le numéro un parisien, adopte les standards de qualité qui ont fait le succès des VTC.

 

«L'image d'Épinal du taxi sale et peu aimable est statistiquement fausse!»Serge Metz, le patron des Taxis G7, leader à Paris avec 7500 voitures sur un parc de 17.000 environ (davantage encore à l'échelle du groupe G7, qui est aussi actionnaire des Taxis bleus), en a un peu assez des idées reçues. Mais il a aussi conscience que la montée en puissance des VTC, Uber en tête, a totalement transformé les codes de sa profession. «La concurrence des VTC a ceci de positif qu'elle conduit les chauffeurs de taxi et nous-mêmes à être encore plus exigeants», concède-t-il. Le marché des taxis parisiens, en même temps qu'il est bousculé par les nouveaux arrivants, connaît en effet une transformation salutaire au moins pour ses clients.

Car, depuis quelques mois, le Parisien qui hèle un taxi dans la rue aura de plus en plus souvent la bonne surprise de prendre place à bord d'une voiture propre, conduite par un chauffeur cravaté et qui accepte sans rechigner le paiement par carte bancaire. Une révolution? «La G7 nous a incités à changer de comportement. Ceux qui résistent et veulent continuer à conduire un taxi pourri n'ont plus les courses du central», raconte un chauffeur qui trouve d'ailleurs ce changement «complètement normal». Concrètement, G7 a discrètement créé en décembre dernier un segment «service +». «Cinq mille de nos voitures ont déjà basculé», se félicite Serge Metz. Une proportion considérable puisque la compagnie compte 7500 véhicules, dont 1000 «club affaires», le haut de gamme.

Défi marketing

Cette nouvelle catégorie emprunte largement aux marqueurs qui ont fait le succès des VTC: un chauffeur portant cravate (G7 en offre trois à chacun), une petite bouteille d'eau à la disposition du client, un chargeur de téléphone mobile et des tapis de sol en moquette plutôt qu'en plastique. «Tous les nouveaux affiliés doivent respecter ce nouveau code. Et nous encourageons les anciens à s'y conformer», explique Serge Metz. Les irréductibles - typiquement des indépendants en fin de carrière - n'ont pas accès aux réservations des abonnés de G7. Désormais, ils sont plusieurs dizaines à être désaffiliés chaque mois - un rythme deux fois supérieur à ce qu'il était auparavant.

«Tous les nouveaux affliés doivent respecter ce nouveau code. Et nous encourageons les anciens à s'y conformer»

Mais, comme le remarque Serge Metz, ce n'est pas une bouteille d'eau qui fait la différence. «Ça, c'est un peu de la poudre aux yeux», sourit-il, mettant en avant d'autres services, comme les sièges pour bébé ou le Wi-Fi… Ce que la concurrence a insufflé, c'est un état d'esprit, un renversement de situation. Le client n'entre plus chez le chauffeur quand il monte dans son taxi mais devient maître à bord, prend le pouvoir jusqu'à celui de choisir quelle station de radio il veut écouter, ou aucune…

Pour les historiques du métier, il reste plusieurs défis à relever. Le premier est matériel: il faut réaliser la montée en gamme des véhicules, que G7 subventionne sur certains segments («greencabs», accueil des personnes à mobilité réduite, etc.). Le deuxième est marketing, pour résister à la déferlante de jeunes entreprises mieux armées, notamment sur les réseaux sociaux. Le troisième est technologique, pour développer des applications aussi conviviales que celles de leurs jeunes concurrents, surtout Uber, né dans la Silicon Valley.

Chez les G7, Serge Metz refuse de laisser à Uber et à ses congénères le monopole de l'innovation. Le géant américain vient-il de lancer UberPool qui permet de partager un trajet? «Nous avons lancé dès 2012 Wecab, qui offre un service de taxi partagé vers les aéroports. Et on l'élargit aux gares parisiennes en janvier.» Sans pitié devant les tribunaux et dans leur lobbying au Parlement et auprès de l'exécutif, les taxis traditionnels semblent donc déterminés à se battre aussi sur le terrain. La concurrence a bel et bien d'heureuses conséquences…

 

Le cas UberPop n'est toujours pas tranché

Le tribunal de commerce  de Paris a fixé vendredi une nouvelle audience au 28 novembre dans l'affaire Uber, société attaquée pour concurrence déloyale pour son service UberPop, dont les chauffeurs ne sont pas des professionnels. Ce délai permettra d'examiner  des questions  de constitutionnalité  et d'adéquation aux règles européennes soulevées par la société américaine (nos éditions du 21 novembre).

Les requérants, LeCab et Transdev, ont dénoncé des manœuvres «dilatoires».  Ils ont demandé au juge d'accéder à leur demande d'interdire UberPop.

Ils ont été soutenus  à l'audience par le ministère public, les représentants  de Bercy et des associations de taxis.

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(source LeFigaro.fr /Bertille Bayart)

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