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13/12/2014

SANTÉ: LE CANCER DE L'UTERUS NE DOIT PAS ETRE NÉGLIGÉ

 

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INFOGRAPHIE - La prise en charge précoce d'une tumeur de l'endomètre permet une guérison dans 95 % des cas.

 

«Le cancer de l'utérus est le cancer gynécologique le plus fréquent, après le cancer du sein», rappelle le Pr Philippe Morice, chef du service de chirurgie gynécologique à Gustave-Roussy, à Villejuif. «Il a une bonne chance de guérison, car il est, dans la majorité des cas, dépisté très tôt.»

Le cancer de l'utérus touche environ 7000 femmes chaque année et a connu une très légère augmentation au cours des dernières années, sans doute en lien avec le vieillissement de la population. Le cancer de l'utérus, contrairement au cancer du col de l'utérus , touche en effet plutôt les femmes après la ménopause: l'âge moyen du diagnostic en France est de 68 ans.

Dans 95 % des cas, il s'agit d'un cancer de l'endomètre, la paroi intérieure de l'utérus. Les 5 % restant sont des sarcomes, qui touchent la paroi musculaire extérieure de l'utérus et sont souvent plus agressifs. Le cancer de l'endomètre est favorisé par les œstrogènes, auxquelles les femmes sont exposées tout au long de leur vie, ce qui explique son apparition tardive. La production d'œstrogènes s'interrompt pendant les grossesses, qui réduisent le risque de cancer de l'endomètre. Il augmente cependant en cas d'obésité, car le tissu adipeux produit des œstrogènes, ainsi qu'après un cancer traité par citrate de tamoxifène, dont les effets sont semblables aux œstrogènes.

«Le cancer de l'endomètre parle assez tôt», souligne le Pr Morice.(photo) «Il provoque rapidement des saignements, qui doivent alerter très vite une femme ménopausée.» Tout saignement après la ménopause portrait-morice0.jpgdoit conduire à consulter rapidement pour éliminer la possibilité d'un cancer de l'endomètre. Les traitements hormonaux substitutifs peuvent en effet provoquer des saignements intempestifs, de même que l'atrophie normale de l'utérus liée à l'âge, mais une simple biopsie pratiquée en consultation permettra de détecter très rapidement un éventuel cancer. Une telle prise en charge précoce permet une guérison dans 95 % des cas.

 

La chirurgie, traitement de référence

Borghese P1010042.jpg«La biopsie est le premier élément de décision pour la prise en charge du cancer de l'endomètre», indique le Pr Bruno Borghese, (photo)  responsable de l'unité d'oncologie gynécologique de l'hôpital Cochin, à Paris. «Elle doit comprendre des éléments essentiels, comme le type histologique du cancer ainsi que son grade». Les résultats de la biopsie pourront conduire à pratiquer une IRM, pour préciser la taille de la tumeur, l'invasion éventuelle du muscle utérin et les atteintes ganglionnaires. «L'IRM ne doit pas se limiter à la zone pelvienne, elle doit comprendre les reins pour inclure toute la chaîne des ganglions.»

Le cancer de l'endomètre comprend deux types cellulaires principaux. Le type 1, l'adénocarcinome endométrioïde, est à la fois le plus fréquent (80 % des cas) et le plus facilement guéri, car il est découvert tôt et se développe lentement. Dans 20 % des cas, le cancer est de type 2, l'adénocarcinome papillaire séreux. Plus agressif, il touche des femmes plus jeunes et nécessite un traitement également plus agressif, semblable à celui des cancers de l'ovaire. La chirurgie, dans les deux cas, est le traitement de référence, qui sera suffisant pour 40 % des femmes atteintes d'un cancer de type 1. L'ablation de l'utérus et des ovaires permet en effet d'éliminer le cancer lorsque les tumeurs sont très bien différenciées et localisées. L'intervention peut - et doit - être pratiquée par cœlioscopie dans plus de 80 % des cas: cette technique donne les mêmes résultats que l'approche classique tout en réduisant les complications, le temps de récupération et de cicatrisation. «La seule contrainte est la taille de l'utérus ou la localisation de la tumeur: la pièce opératoire doit pouvoir passer d'un seul tenant par les voies naturelles pour éviter toute dissémination des cellules cancéreuses», précise le Pr Borghese. La chirurgie mini-invasive est parfois assistée par robot, avec des résultats similaires à la cœlioscopie pratiquée par le chirurgien seul.

Pour un tiers des cas de type 1, il faudra ajouter une curiethérapie et pour les 30 % restant, une combinaison de plusieurs traitements postopératoires sera nécessaire: chimiothérapie, radiothérapie, curiethérapie. Selon le type et le grade du cancer, le chirurgien peut décider d'enlever certains ganglions dans les zones de la cavité abdominale où il est susceptible de s'être diffusé. «Une analyse microscopique complète de l'utérus et des ganglions prélevés lors de l'intervention est indispensable pour confirmer les choix de traitement», rappelle le Pr Morice. Le choix des traitements devra également tenir compte de l'état de santé général de la patiente, parfois très âgée ou atteinte d'autres pathologies liées à l'âge.

Les récidives étant rares au-delà d'une période de 6 mois, la surveillance par examen clinique sera très rapprochée au cours de la première année mais pourra s'espacer ensuite.

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(source LeFigaro.fr /Par Pauline Léna)

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