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11/12/2014

VITESSE SUR LES ROUTES : LA LIMITATION A 80 km/h EN DEBAT

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Parmis les diverses mesures prioritaires déjà votées, l'expérimentation du 80 km/h sur l'ensemble du réseau bidirectionnel français à la place du 90 km/h a les préférences du gouvernement.

Le Conseil national de la sécurité routière (CNSR), qui se tient ce lundi à Paris, a un goût de déjà-vu. Une fois de plus, la question de la vitesse va être au cœur des débats. Un texte rassemblant diverses mesures prioritaires déjà votées - comme la limitation à 80 km/km sur le réseau secondaire - va, en effet, donner lieu à examen. Cette initiative, encouragée par certains, se veut un rappel fort de la position du CNSR à l'adresse du gouvernement, critiqué par certains pour son inaction ou des orientations jugées inefficaces.

«Je suis de ceux qui ont voulu ce texte, indique le président de l'Automobile club médical de France, Philippe Lauwick. Ma crainte est de voter sans arrêt des mesures au CNSR et qu'on finisse par ne plus voir celles qui sont essentielles.» L'expérimentation du 80 km/h sur l'ensemble du réseau bidirectionnel français à la place du 90 km/h a donc les préférences du gouvernement. Il y a plus d'un an, des experts estimaient que ce tour de vis généralisé permettra d'épargner entre 350 et 400 vies. Purement consultatif, le CNSR avait voté, en juin dernier, un test en France sur toutes les routes concernées.

 

Or, ce point révèle une rupture d'approche entre le Conseil et le gouvernement. Dès juin dernier, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait signalé qu'il s'orienterait plutôt vers une expérimentation bien plus modeste. Il devrait annoncer son lancement en janvier et, selon nos informations, le 80 km/h serait testé sur trois axes. Parmi eux, la route Centre-Europe Atlantique (RCEA). Constituée par un ensemble de réseaux traversant la France d'est en ouest, cette dernière est parfois en deux fois deux voies et, d'autre fois, bidirectionnelle, notamment quand elle traverse l'Allier et la Saône-et-Loire. Certaines portions particulièrement meurtrières de cette route baptisée localement «la route de la mort» traversant ces deux départements seraient sélectionnées pour l'expérimentation. «Dans le cadre d'une recherche portant sur trois secteurs en France, cet axe a été proposé par les services de la sécurité routière au ministre qui doit valider ce choix», dit-on de source bien informée. Vendredi dernier, Bernard Cazeneuve s'est contenté d'indiquer que l'expérience «portera sur quelques routes».

«Après 140 réunions au sein du CNSR, aucune mesure importante n'a encore été prise!»

Or ce choix suscite forcément de vives critiques au sein du CNSR. «Si le test ne se fait que sur une poignée d'axes, ce sera totalement insuffisant. On ne pourra guère apprécier les effets et l'efficacité de cette limitation», estime Philippe Lauwick. Présidente de la Ligue contre la sécurité routière, Chantal Perrichon, est plus catégorique et souhaiterait l'adoption, sans délai, du 80 km/h en France. «Des experts scientifiques se sont clairement prononcés. Que faut-il de plus au gouvernement pour trancher? Après 140 réunions au sein du CNSR, aucune mesure importante n'a encore été prise!», fulmine-t-elle en pressant plus que jamais les pouvoirs publics à prendre des mesures fortes, en raison des mauvais chiffres de la sécurité routière.

On le sait, en effet, 2014 devrait marquer un renversement de la courbe de la mortalité. Après douze années de baisse consécutive, les chiffres devraient repartir à la hausse. Alors qu'en 2013 on avait dénombré 3268 tués sur nos routes, on s'attend à environ 100 victimes de plus cette année.

Jugée inquiétante, cette tendance doit, selon certains, contraindre Beauvau à agir vite et sur plusieurs fronts. Outre la vitesse, ce dernier devrait aussi batailler contre l'alcool au volant, la deuxième cause de mortalité sur nos routes. Dans le texte récapitulant les mesures phares préconisées par le CNSR figure d'ailleurs une disposition en faveur de l'éthylotest antidémarrage (EAD). Cet équipement, qui aurait pu être largement utilisé depuis plusieurs années, est pourtant resté dans les cartons. Car si une loi de 2011 prévoit son usage et son installation dans les voitures sur décision d'un juge en cas d'infraction liée à l'alcool, les installateurs agréés en France pour en équiper les véhicules font défaut…

Or cette mesure fait l'unanimité. Ainsi l'association 40 millions d'automobilistes y est aussi favorable. Cette dernière, on le sait, est hostile à toute baisse des vitesses. «Soyons sérieux avec les chiffres. Même avec une hausse des tués, 2014 restera la deuxième meilleure année dans l'histoire de la sécurité routière de notre pays. Alors arrêtons de s'en prendre, à chaque fois, à la vitesse», signale de délégué général de l'association, Pierre Chasseray, qui, à l'inverse, espère des actions concrètes pour lutter contre le fléau de l'alcool au volant. Sans risquer, cette fois, de se mettre à dos une partie des automobilistes, le gouvernement aurait donc tout à gagner à développer l'EAD. Il pourrait d'ailleurs annoncer des mesures dans ce sens.

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(source LeFigaro.fr / Angélique Négroni

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