UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/12/2014

GRAND-PARENT : TROUVER SA PLACE AUPRES DES ENFANTS DU WEB

 

WEB 2012-08-06_212259.png

Précocité, éducation, nouvelles technologies Les seniors sont parfois désarçonnés par leur descendance.

 

Avec cinq petits-enfants âgés de 5 à 21 ans, Elyette Joubert, 73 ans, est une grand-mère expérimentée. «J'ai là un panel assez large qui me permet de voir qu'entre les premiers nés et les plus jeunes, cela n'a déjà plus rien à voir, ce qui peut surprendre les grands-parents», commente-t-elle. «Les petits sont encore plus sollicités par le monde extérieur et vivent à un rythme encore plus rapide.» Mais elle en convient: «Avec eux, c'est tellement facile! Ils ont envie de jeux de société, de faire avec nous tout ce qu'ils n'ont plus le temps de faire à la maison avec des parents très occupés,se réjouit-elle. Si l'on installe des rendez-vous réguliers, si la complicité naît, ils continuent à avoir envie de nous voir lorsqu'ils sont ados et jeunes adultes! Mais pour que la relation reste intéressante, il faut qu'il y ait eu très tôt une vraie relation.» Ainsi, elle confie parler ouvertement de tous les sujets avec sa petite-fille de 16 ans, avec qui elle déjeune depuis toujours le mercredi.

 

Une image d'Épinal qui n'est pas le fait de tous les grands-parents d'aujourd'hui. «La majorité de ceux qui appellent notre ligne d'accueil téléphonique n'ont plus de contacts avec leurs petits-enfants à cause d'un conflit avec leurs propres enfants ou sont préoccupés face aux difficultés de leurs petits-enfants: anorexie, addiction au cannabis, chômage des plus grands», explique Marie-Claire Chain, psychologue à l'École des grands-parents européens (EGPE) de Paris. «Rappelons que ces seniors n'ont pas de statut légal, et garder la juste place n'est pas toujours facile à trouver.»

Besoin d'être initiés

Aussi le réseau EGPE - une quinzaine d'Écoles de grands-parents européens dans toute la France* multiplie-t-il les propositions pour aider les seniors à rester une force et un appui pour les plus jeunes, favoriser des relations interactives et fructueuses pour les deux générations.

Ancienne enseignante, Elyette Joubert croit en la prévention. Elle qui anime des ateliers intergénérationnels à l'EGPE se félicite d'avoir permis l'engagement de grands-parents dans douze écoles parisiennes, où ils rencontrent des enfants de maternelle. «Nous avons créé ces “ateliers d'aide au langage” pour prévenir de manière précoce la violence», explique-t-elle. «En améliorant leur verbalisation, les enfants renoncent aux coups au profit de la parole!»

Mais pour pouvoir être vraiment aidants, les grands-parents, qui se rendent toujours par deux dans les classes, reçoivent une formation régulière à l'EGPE par des spécialistes de la petite enfance (orthophonistes, psychologues…). «Ils ont notamment besoin d'en savoir plus sur cette tranche d'âge et comment canaliser l'attention de ces enfants qui ont peu de capacité de concentration», explique Elyette Joubert. Il s'agit donc d'installer des rituels pour donner des règles et des repères à cette rencontre, toujours commencer pas une comptine ou une activité gestuelle avant de rentrer dans l'apprentissage plus «lourd» (enrichissement des phrases, du vocabulaire…) qui ne doit pas excéder des tranches d'un quart d'heure. «Pour qu'ils soient écoutés, nous invitons les seniors à varier sans cesse leurs propositions», explique l'organisatrice de ces rencontres.

Rester dans son rôle

Ces grands-parents ont-ils donc tant besoin d'être initiés aux nouveaux comportements des jeunes? «Paradoxalement, les nouveaux grands-parents, ceux qui ont environ 60 ans, sont moins “souples” avec leurs petits-enfants», observe Marie-Claire Chain. «Ils sont encore trop actifs eux-mêmes, très proches de l'exigence parentale, et plus réfractaires à lâcher prise… À 75 ans, ils ont fait du chemin, acquis de l'expérience!»

Restent toutefois beaucoup de questions: «Pourquoi ma petite-fille ne dit-elle jamais le nom de famille de sa colocataire?», «Faut-il que j'embrasse sur la joue la copine de mon petit-fils?», «Mon petit-fils, à 6 ans, va encore dans le lit de ses parents, est-ce normal?», «Je n'ai pas Internet à la maison, comment donner envie à mes petits-enfants de venir me voir…». Pour Marie-Claire Chain, il est alors essentiel que les grands-parents restent dans leur rôle: «Nous leur disons: “N'essayez pas d'être comme vos petits-enfants - vos idées sont vos idées - mais donnez leur envie d'en discuter avec vous. Aimez-les comme ils sont”.»

Vivre avec toutes les nouveautés technologiques incite paradoxalement les seniors à inventer de nouvelles manières de communiquer avec leurs petits-enfants. Jeanne, 73 ans, confie comme elle est heureuse de son cadeau de Noël cette année: «Mes enfants vont m'offrir une tablette… Mais surtout, pour apprendre à l'utiliser, j'ai droit à “quelques heures de formation” par mon petit-fils de 19 ans. Je m'en réjouis d'avance.»

*Allo-grandsparents.fr - 12, rue Chomel, 75007 Paris. 01 45 44 34 93

LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE:

Les grands-parents, victimes collatérales de certains divorces 

Un couple israélien fait valoir son «droit à un petit-enfant» après la mort de leur fils 

Le marché des jeunes grands-parents est à inventer 

 

(source LeFigaro.fr / Par Pascale Senk)

JOYEUX NOËL A TOUS 

Arbre de Noel 778810_10201785118082555_2141114410_o.jpg

Les commentaires sont fermés.