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21/12/2014

GRANDS-PARENTS : " IL FAUT REINVENTER LA TRANSMISSION "

 

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INTERVIEW - Danièle Flaumenbaum évoque la transmission entre grands-parents et petits-enfants, alors que le temps et la société ont évolué.

 

Danièle Flaumenbaum, médecin gynécologue et acupunctrice, publie Les Passeuses d'histoires (Éditions Payot, en librairie le 7 janvier).

LE FIGARO. - Dans votre livre, vous montrez que la transmission est un nouvel enjeu pour les grands-parents actuels. Pourquoi?

Danièle FLAUMENBAUM. - Ceux qui deviennent grands-parents aujourd'hui ont environ 65 ans et sont des «baby boomers» comme moi. Les femmes notamment, nous avons vécu une véritable révolution des mœurs, avec la pilule et l'émancipation sexuelle, etc. Nous sommes encore imprégnées à notre insu des anciens modèles que nous avons cru rejeter - mais qui sont encore dans un arrière-plan de notre esprit.

Il y a une méconnaissance de ce que nous devons transmettre parce que, tout simplement, nous sommes encore en train de le découvrir et l'inventer! La société a tellement changé en quelques décennies! Nous savons aujourd'hui des choses sur le développement de l'enfant que nous ignorions alors. Il nous faut donc transmettre «autrement».

Le terme même de «transmission» semble avoir perdu de son aura. Il s'est un peu «ringardisé», non?

Oui, ce que vous dites est vrai et je le regrette. Il me semble que nous vivons dans un monde où chacun se sent menacé par la transmission, ce qui est un signe d'infantilisation généralisée. C'est comme si l'on savait déjà tout, comme si l'individu contemporain ne pouvait pas accueillir ce qui n'est pas de sa propre expérience, et qu'il ressent comme une entrave à sa liberté.

Les adolescents notamment n'aiment pas qu'on les considère comme des «petits» et souhaitent d'abord être écoutés. Aussi les grands-parents ont-ils à déployer toute une transmission créative et «maline» pour ne pas être intrusifs. Ils ne doivent pas avoir l'air de débiter des leçons de morale, avoir suffisamment de tranquillité intérieure pour parler «au bon moment», nuancer toujours leurs propos en disant «c'est ma façon de penser, ça me tient à cœur de te le dire, etc.». Bref, ils doivent ajuster sans cesse leur communication pour éviter les difficultés relationnelles y compris avec leurs propres enfants!

Beaucoup de grands-parents cependant passent du tempsà des activités culturelles ou ludiques avec leurs petits-enfants. Cela, c'est de la transmission non?

Bien sûr, jouer est une grande façon de communiquer et de transmettre. Mais jouer ou surfer sur Internet avec eux ne suffit pas si l'on reste dans la seule occupation du jeu.

Les grands-parents doivent garder à l'esprit qu'ils ont à passer des valeurs de vie, celles qui donnent de la valeur à la vie et permettront à ces jeunes d'être propulsés pour pouvoir se réaliser. En tant que grands-parents, nous sommes un socle sur lequel s'inscrivent leurs fondations.

Comment s'y prendre alors?

Il faut saisir les occasions de leur raconter l'histoire familiale sur trois générations, leur évoquer l'importance de la sexualité, de la mort… Ce ne sont pas des cours d'amphithéâtre qui les aideront, mais tout ce qui leur donnera conscience de la beauté et de la hardiesse de la vie.

Les moments favorables à de tels échanges se présentent toujours: quand je me promène avec ma petite-fille et que nous voyons des feuilles mortes par terre, nous parlons de leur beauté fanée, des cycles des saisons. L'être humain naît et meurt dans la parole, qui a d'abord une fonction d'éveil et d'apaisement. Ne l'oublions pas.

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(source LeFigaro.fr ) 

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