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11/01/2015

CHARLIE HEBDO : LA FRANCE, TERRE DE TRADITION DES JOURNAUX SATIRIQUES

 

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Les caricaturistes assassinés hier sont les héritiers d'une tradition française du pamphlet qui remonte au siècle des lumières.

 

La tristesse nationale provoquée par l'assassinat des talentueux dessinateurs de Charlie Hebdo nous rappelle que la caricature et la presse satirique montre l'attachement viscéral des français à la libre pensée. Héritier d'Hara-Kiri, le journal bête et méchant, créé en 1960 par François Cavanna et le professeur Choron, Charlie Hebdo est le continuateur spirituel des pamphlets qui sont nés au siècle des Lumières et qui ont fait flores pendant la Révolution française.

Le point commun de tous ces journaux est le courage. Quelles que soient les idées défendues, ils ont eu à affronter la censure. La censure du pouvoir royal avant la Révolution, la censure du Comité de salut public sous Robespierre, la censure légale sous les différentes républiques. Car il va de soi que la presse satirique et pamphlétaire est dans son essence dénonciatrice des systèmes politiques en place.

Le Figaro a commencé sa carrière il y a presque deux cents ans en jouant la satire. Aujourd'hui, il arbore toujours fièrement sa devise, la tirade de Beaumarchais: «Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur.»

● Les écrits interdits des philosophes des Lumières: Voltaire, Rousseau, Montesquieu...

Le XVIIIe siècle voit l'émergence de la philosophie des Lumières. Diderot, mais aussi bien sûr Rousseau, Voltaire, Montesquieu... ont tous été à un moment ou à un autre interdits de publier. On pourrait citer cent exemples. La presse - parfois de simples manuscrits pamphlétaires distribués par les ancêtres des vendeurs à la criée - relayait avec les moyens de l'époque les pensées des philosophes. Une simple lettre de cachet pouvait alors conduire «le délinquant» à la Bastille. Ou jusqu'à l'exil comme Voltaire.

 

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● Les pamphlets révolutionnaires

Après 1789, on assiste à une première forme de vulgarisation de la presse. Dans ce foisonnement, on retiendra L'Ami du peuple de Marat. L'aventure finira brusquement. On ferma ses imprimeries, dissuada ses collaborateurs de le soutenir et on le menaça. La liberté d'expression et sa longue lutte contre les pouvoirs établis naissait.

Le Figaro, La Silhouette, La Caricature, Le Charivari... les grands pionniers du XIXe siècle

À partir de 1830, on peut parler d'une époque bénie. Les journaux utilisent la satire, la caricature, le style pour défendre les grands courants politiques. Les journaux sont républicains et donc souvent antimonarchistes (La Silhouette, Le Corsaire, La Glaneuse, La Caricature, Le Charivari). Le Figaro, quotidien satirique fondé en 1826, connaît un destin exceptionnel. Il est racheté, en 1832, par des monarchistes plus libéraux proches de Louis-Philippe.

De L'Assiette au beurre à Charlie Hebdo en passant par Le Canard enchaîné, un âge d'or anarcho-libertaire et engagé

Les journaux satiriques du XXe siècle s'engagent. Le Canard enchaîné naît pendant la Première Guerre Mondiale en 1915. Il est toujours vaillant aujourd'hui. La Baïonnette (photos) n'hésite pas à railler les affres du conflit de 14-18. La droite extrême a aussi son organe de presse avec Minute, créé à la fin de la guerre d'Algérie en 1962. En 1960, le mensuel Hara-Kiri, de Cavanna et Choron, annonce les événements de Mai 68. Charlie Hebdo, invention de la même équipe de journalistes et de caricaturistes sera en quelque sorte, sous une forme hebdomadaire, le continuateur de l'esprit anarcho-libertaire des fondateurs du «Journal bête et méchant». 

● Le XXIe siècle ou l'avènement de la satire numérique

L'avènement de la presse digitale a donné naissance à une multitude de blogs, espaces éditoriaux et même journaux numériques. Il est impossible d'en dresser la liste exhaustive. Chaque citoyen, grâce aux nouvelles possibilités technologiques, peut se muer en satiristes.

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(source LeFigaro.fr / Bertrand Guyard)

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