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13/01/2015

CONSOMMATION : LA DISTRIBUTION PARTICULIEREMENT VULNERABLE FACE A LA FRAUDE

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Ce secteur est surtout touché par le «détournement d'actifs» qui inclut le vol, selon une étude du cabinet d'audit PwC. Relativement moins développée aujourd'hui mais en progression rapide, la cybercriminalité inquiète aussi les dirigeants d'entreprises.

 

 

Le secteur de la distribution et des biens de consommation est sévèrement touché par le fléau de la fraude économique. D'après l'étude «Economic Crime Survey 2014» du cabinet d'audit PwC, publiée ce lundi, 49% des dirigeants interrogés dans ce secteur ont déclaré avoir subi une forme de fraude au cours des 24 derniers mois, un chiffre en hausse de 12 points par rapport à 2009. Seule la finance égale ce score (49%), devant la communication (48%), l'industrie de l'hébergement et des loisirs (41%) ou encore l'administration publique (41%). En queue de peloton, les secteurs technologique (27%), de la pharmacie et de la chimie 27%), ou encore l'automobile et l'aéronautique (28%) semblent les plus épargnés.

«La distribution est plus exposée car elle dispose d'actifs attirants pour les fraudeurs, que ce soient des stocks, des liquidités ou des données clients», explique au Figaro Fabienne Borde, associée PwC du département Litiges et Investigations. En France, un tiers des entreprises déclarent avoir été victimes d'une fraude de plus de 100.000 dollars (85.000 euros). Une proportion qui grimpe à une sur deux à l'échelle mondiale.

Parmi les menaces pesant sur la distribution, la plus courante (à 76%) reste le «détournement d'actifs», qui inclut le vol, en magasin ou dans les entrepôts et réserves, ou le décaissement frauduleux. Loin derrière, la fraude aux achats (30%) - dans le procédé de sélection des fournisseurs ou des contrats de maintenance - arrive en deuxième position, suivie par la corruption (25%), surtout dans le cadre du développement à l'international des entreprises et des négociations avec des acheteurs et distributeurs locaux. «Parfois, refuser de payer un pot-de-vin peut même conduire à la perte d'un marché.»

La sécurisation des informations en jeu

A l'heure où les enseignes font beaucoup d'efforts pour se mettre aux nouvelles technologies, avec des sites de e-commerce mais aussi des outils de collecte de données des consommateurs, la cybercriminalité est une menace réelle pour la distribution. Citée par 22% des sondés, elle parait aujourd'hui anecdotique. Pourtant, «les dirigeants s'inquiètent de l'évolution des fraudes qui touchent la sécurisation des informations détenues par les distributeurs, comme les coordonnées bancaires de leurs clients», explique la spécialiste. Un patron sur quatre pense que son entreprise sera confrontée à des problèmes de cybercriminalité dans les deux prochaines années.

Le piratage est une arme de guerre économique

Des grands groupes comme Orange, le distributeur américain Target, ou le site d'enchères eBay, entre autres, ont ainsi été les victimes de cyberattaques spectaculaires ayant conduit au vol de données clients en 2013 et 2014. L'affaire de piratage de Sony Pictures, plus récemment, a été l'une des plus graves à ce jour. «Le piratage est une arme de guerre économique. Les fichiers dérobés sont revendus sur un marché parallèle. La cybercriminalité s'apparente de plus en plus au crime organisé», relève Fabienne Borde. Un crime qui érode sérieusement la réputation des entreprises vis-à-vis de leurs clients.

Des fraudes commises en interne

En parallèle, pourtant, ces nouvelles technologies ont aussi permis aux entreprises de mieux se protéger en améliorant les contrôles internes. Les distributeurs ont d'ailleurs investi massivement ces dernières années dans des outils pour leurs points de vente, comme des systèmes d'inventaires avancés. Des investissements qui ont porté leurs fruits. Une récente étude menée par Checkpoint Systems estimait en effet que, grâce à ces investissements, les vols et pertes de marchandises dans les magasins en France ont significativement reculé en 2013.

Sans surprise, enfin, l'étude révèle que plus des deux tiers (67%) des fraudes graves dans la distribution sont perpétrées par des collaborateurs internes à l'entreprise. Tous secteurs confondus, ce taux n'est «que de» 56%. «Les auteurs de ces faits occupent, pour la plupart, des postes de cadres intermédiaires qui ont un accès plus facile aux actifs de leurs entreprises et la possibilité de masquer leurs actes», détaille Fabienne Borde. «Mais le développement des attaques à distance va augmenter la part des fraudes venant de l'extérieur dans les prochaines années. 

 

(source LeFigaro.fr /Isabelle de Foucaud )

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