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23/01/2015

PAOLO CONTE : LES DANDYS SONT ETERNELS

 

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L'ancien avocat du nord de l'italie poursuit son parcours singulier avec une belle constance. Le voici qui revient à Paris, trente ans après son premier concert dans la capitale.

 

Avec ces deux concerts parisiens, Paolo Conte va célébrer un anniversaire. En 1985, pour son premier concert en dehors de l'Italie, c'est à Paris que le chanteur était venu, au Théâtre de la Ville. Le début d'une longue histoire d'amour entre la France et celui qui est devenu un des symboles de la musique italienne. Cette incursion au-delà des frontières de la péninsule marquait aussi le début de sa carrière internationale. À 78 ans, cet ancien avocat poursuit un parcours remarquable. S'il a abandonné les plaidoiries depuis bien longtemps, il a mené les activités de musicien et de juriste de longues années.

Initialement, Paolo Conte écrivait des chansons pour d'autres interprètes, notamment Adriano Celentano, à qui il offrit le tube Azzurro au début des années 1970. Il faudra attendre le milieu de la décennie pour que Conte, approchant la quarantaine, se décide à les interpréter lui-même. Son premier succès, Via con me (It's Wonderful), en 1981, est devenu un autre classique de la chanson italienne et continue d'être au programme de ses concerts.

Son dernier album, Snob (Universal Music), prolonge le travail de l'artiste avec une belle pertinence. Son titre n'a rien d'autobiographique: Paolo Conte, qui mêle plusieurs types de musiques sans souci de hiérarchie entre les genres, est l'ennemi du snobisme. Avec son costume, son nœud papillon et sa moustache, il tient plus du dandy un peu suranné, qui aurait fait de la décontraction permanente son mode de fonctionnement. En particulier sur scène, où Paolo Conte diffuse un charme immédiat, passant du piano au micro, distribuant les chorus à un orchestre élargi qui magnifie la moindre de ses inflexions vocales en racontant des histoires.

Ironie mordante

C'est de son amour immodéré pour le jazz qu'est née sa vocation. Paolo Conte fait alors partie d'une jeunesse qui s'enflamme pour la production musicale américaine. Son père parvient à braver l'interdit décrété par Mussolini en achetant, clandestinement, des disques, éveillant la curiosité de ses fils. «Seuls les grands classiques étaient autorisés, à condition d'être exécutés par des orchestres italiens et sous des titres italiens», se souvient-il. Il mettra des années à découvrir les titres originaux des pièces ainsi détournées, mais conservera intacte sa fascination pour la musique. Au milieu des années 1950, on commence à le remarquer au trombone ou au vibraphone au sein d'orchestres de sa ville d'Asti, dans le nord de l'Italie. Il fonde aussi une formation qui permet au jeune public local de se familiariser avec les répertoires encore peu connus en Europe de Gershwin, Rodgers & Hammerstein,Cole Porter ou Jerome Kern.

Dans ses propres chansons, Paolo Conte est souvent facétieux, faisant montre d'une ironie mordante qu'il dissimule à peine derrière son allure chic. Une dualité qui en fait le cousin d'un Randy Newman, capable de croquer ses contemporains avec férocité derrière une somptueuse mélodie. Modeste, Paolo Conte accepte le compliment. L'homme ne s'est jamais considéré comme une idole ou un héros. Et même s'il a déserté les prétoires depuis quatre décennies, il continue à aborder la musique avec distance.

Paolo Conte, Grand Rex, 1, bd Poissonnière (IIe). Tél.: 08 92 68 05 96. Dates: les 26 et 27 janvier à 20 h 30. Places: de 37 à 120 €.

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(source LeFigaro.fr / Olivier Nuc)

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