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24/02/2015

CONSOMMER DE L'ALCOOL EN FAIBLE QUANTITE POURRAIT ETRE BON POUR LE COEUR

 

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Ceux qui consomment un verre par jour ont un risque cardiaque réduit, mais pas forcément par le seul effet de l'alcool.

 

Oui, il y a bien un lien entre la consommation modérée d'alcool et la réduction du risque d'insuffisance cardiaque. En tout cas pour les hommes de plus de 45 ans (- 20 % sur plus de vingt années) et, à un degré moindre, les femmes (- 16 %) selon une étude américaine publiée le 19 janvier dans l'European Heart Journal.

Attention toutefois aux conclusions hâtives car il ne s'agit que d'une étude d'observation et non d'un essai avec deux groupes comparables soumis à des contextes différents pour déterminer s'il existe un lien de cause à effet.

Autrement dit, ce n'est pas parce que tous les basketteurs professionnels sont grands qu'il suffit d'être grand pour être basketteur professionnel. C'est là toute la différence entre l'observation d'une corrélation et l'existence d'un lien de cause à effet.

Voilà pourquoi il serait précipité de conseiller à tout le monde de se mettre à boire pour protéger son cœur. «D'abord parce que l'étude commence avec des personnes de plus de 45 ans et que cela exclut toutes les personnes ayant déjà fait des cardiomyopathies (maladies responsables d'insuffisance cardiaque, NDLR) avant cet âge», explique le Pr Claude Le Feuvre, président de la Fédération française de cardiologie.

Le plus important, c'est la dose

Deuxièmement, le lien observé entre consommation d'alcool et réduction du risque d'insuffisance cardiaque ne l'est que pour des consommations modérées, «environ un verre de vin (ou équivalent) par jour car il y a une augmentation de la mortalité quand on boit trop», note le Pr Le Feuvre. Professeur d'épidémiologie et de santé publique au CHRU de Lille, Philippe Amouyel confirme «qu'il s'agit d'une très belle étude», mais insiste sur la nécessité d'une consommation modérée: «Le plus important, c'est la dose, détaille-t-il. Une dose d'alcool par jour correspond, par exemple, à une chope de bière ou un baby (3 cl) de whisky.»

Pour le Pr Amouyel, «les effets directs à faible dose, de l'alcool sur le HDL cholestérol (protecteur), les parois artérielles» peuvent peut-être expliquer un certain bénéfice, mais, insiste-t-il, «l'observation d'un lien ne signifie pas automatiquement qu'il s'agit d'un lien de cause à effet».

En 2010, une équipe française à la Pitié-Salpêtrière (Paris), sous la houlette du Pr Boris Hansel, allait même jusqu'à évoquer «le mythe» de la protection cardiovasculaire de l'alcool avec modération. Les auteurs ne niaient pas l'observation de la réduction du risque cardiovasculaire qui apparaît chez les petits buveurs réguliers d'alcool mais avançaient une autre explication. En reprenant les données de plus de 150.000 personnes, dont un tiers de femmes, âgées en moyenne de 47 ans, et en particulier des paramètres plus rarement utilisés dans les études, tels que l'état de santé subjectif, le statut socioprofessionnel, l'anxiété ou même la fonction pulmonaire, ils concluaient que «la consommation modérée d'alcool est un puissant indicateur général d'un statut social optimal».

Autrement dit, ce n'est pas parce que l'on consomme un verre de vin par jour que l'on protège son cœur. En revanche, il y a de fortes chances que ceux qui boivent quotidiennement un verre de vin (ou équivalent) aient par ailleurs un profil général plus favorable à leur santé, contrairement même aux non-buveurs.

Il faut enfin noter que des écarts occasionnels, par exemple une soirée mensuelle trop arrosée, suffisent à annihiler tout le bénéfice observé de la consommation modérée d'alcool, avait constaté une étude canadienne en 2010.

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(source leFigaro.fr / Damien Mascret )

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