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19/02/2015

SANTÉ : COUPES FAIM ,MEDICAMENTS SOUS SURVEILLANCE

 

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La France s'oppose à l'autorisation en Europe de Mysimba, un nouveau médicament anti-obésité.

 

La France ne veut pas de Mysimba. Pour les autorités sanitaires françaises, ce médicament contre l'obésité qui associe le bupropion et la naltrexone comporte plus de risques qu'il n'apporte de bénéfices. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) fait part de ses craintes dans un courrier adressé à l'Agence européenne du médicament (EMA), qui est en passe d'autoriser ce médicament. Le directeur de l'ANSM, Dominique Martin, y explique ses doutes sur la sécurité cardio-vasculaire du médicament et sur les possibles risques de dépression et suicides.

Peu efficaces ou dangereux

«Les risques liés à ces molécules, même s'ils sont minimes, ce qui reste à démontrer, sont inacceptables au regard du bénéfice faible sur la perte de poids. Mais les autres pays européens n'ont pas connu les problèmes liés au Mediator qui était un médicament français. Ils sont donc moins prudents»,explique le professeur Jean-Louis Montastruc, pharmacologue au CHU de Toulouse. En effet, si la France a été échaudée, les États-Unis poursuivent activement la recherche de médicaments pour combattre l'obésité. Outre Mysimba, toute une série de médicaments indiqués dans le diabète ou la migraine sont désormais prescrits outre-Atlantique chez les obèses.

«Les médicaments de l'obésité sont utiles et nécessaires. Mais sans doute là plus qu'ailleurs, la notion de personnalisation est essentielle», insiste Michel Krempf, endocrinologue au CHU de Nantes. Sans doute. Mais jusqu'à présent, alors que la plupart des produits commercialisés depuis des décennies se sont révélés au mieux peu efficaces (Xenical) et au pire dangereux (Acomplia, ou rimonabant), il y a toujours eu un emballement pour ces molécules qui affichent la promesse de kilos en moins. Le mirage de la pilule miracle pour maigrir n'est pas près de s'évanouir.

Baclofène, de l'alcoolisme au régime

Dernière molécule à la mode: le baclofène, médiatisé dans la prise en charge de l'alcoolisme, est aujourd'hui expérimenté par des boulimiques ou… pour perdre simplement quelques kilos. «Le baclofène, myorelaxant, agit sur certains récepteurs des neurones en coupant l'envie irrépressible de recherche d'alcool. Il peut avoir le même mécanisme d'action sur l'envie irrépressible de nourriture rencontrée dans la boulimie», explique Gilles Mithieux, directeur de recherche de l'unité Inserm 655 Nutrition et cerveau à Lyon. Peut-on pour autant prescrire le baclofène à des boulimiques? «Cette molécule pourrait être intéressante dans certains troubles du comportement alimentaire. Elle n'a cependant fait l'objet d'aucune étude scientifique dans ce cadre et nous devons donc rester très prudents. Mais il est certain que nous avons besoin de nouvelles approches», affirme le professeur Philip Gorwood, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne, spécialiste des troubles du comportement alimentaire.

En clair: le baclofène est bel et bien prescrit par certains spécialistes à des patients boulimiques. Le problème, c'est que pour le grand public, ce médicament popularisé par le docteur Olivier Ameisen qui s'était guéri de son alcoolisme en se le prescrivant apparaît aujourd'hui comme la nouvelle pilule miracle contre les fringales: les forums de discussion et les blogs fourmillent de références à ses vertus «coupe-faim».

«J'ai une de mes patientes obèses qui s'est servie du baclofène de son mari, soigné pour alcoolisme», raconte le professeur Krempf. Face à cet engouement, l'ANSM a rappelé, il y a quelques semaines, que l'efficacité du baclofène dans la boulimie n'a pas été démontrée et que son mésusage entraîne des effets indésirables potentiellement graves (dépression, anxiété, troubles de la vigilance, somnolence, hypotonie musculaire, hypotension, nausées…).

Mais si le baclofène est le plus connu, un certain nombre d'autres médicaments sont également détournés comme coupe-faim et font l'objet d'une surveillance de l'ANSM. Autant dire que les ventes des deux principes actifs retrouvés dans Mysimba sont suivis de très près.

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(source LeFigaro.fr / Anne Prigent)

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