UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/03/2015

ECLIPSE SOLAIRE DU 20 MARS : LE RESEAU ELECTRIQUE EST MENACÉ

 

eclipse-2015-03-20.GIF

Le 20 mars, la production photovoltaïque des centrales solaires - soit 10 % de la consommation de l'Europe - pourrait faire défaut.

 

Pour le réseau électrique européen, la date du 20 mars 2015 est entourée en rouge depuis plusieurs mois. Vendredi, de 9 heures à midi, une éclipse solaire traversera l'Europe, du Portugal à la Finlande, avec une étape en France entre 9 h 10 et 11 h 50. En fonction du degré d'ensoleillement, ce sont quelque 35.000 mégawatts (MW) solaires qui risquent de disparaître brutalement en Europe. Le volume est conséquent: cela représente 10% de la consommation européenne, soit l'équivalent aussi de quarante réacteurs nucléaires. Si rien n'est entrepris, la menace sur l'alimentation du Vieux Continent est réelle. Rien qu'en France, il faut se préparer à pallier la perte, potentielle, de 2000 MW.

Réseau de transport d'électricité (RTE), filiale indépendante d'EDF en charge des lignes à haute et très haute tensions, a mis en place une cellule «éclipse» depuis plusieurs semaines. «Nous devons être en situation de pouvoir compenser une variation très rapide de la production, souligne Nathalie Lemaître, directrice adjointe du Centre national d'exploitation du système (Cnes), l'outil névralgique de RTE qui supervise la gestion de l'ensemble des flux électriques dans l'Hexagone. Une coordination européenne est indispensable puisque la fréquence électrique de 50 hertz - correspondant à l'équilibre entre production et consommation, nécessaire pour assurer l'alimentation électrique - doit être impérativement maintenue dans tous les pays.»

Action de délestage

L'Europe étant interconnectée, tout déséquilibre dans un pays pourrait alors avoir des incidences dans les autres pays. Cependant, chaque territoire n'est pas exposé dans les mêmes proportions: l'Allemagne arrive en tête, avec une puissance installée de 40.000 MW solaires, le double de l'Italie (20.000 MW) et six fois plus que l'Espagne (6.700 MW). «Le cas échéant, nous pourrons être amenés à aider nos voisins en exportant du courant», poursuit Nathalie Lemaître. Les interconnexions aux frontières, exploitées par RTE, ont un potentiel de 14.000 MW. Les gestionnaires de réseaux européens ont prévu de ne programmer aucune opération de maintenance sur les interconnexions le jour J pour optimiser les échanges entre pays.

«Nous devons être en situation de pouvoir compenser une variation très rapide de la production»

Nathalie Lemaître, directrice ad­jointe du Centre national d'exploitation du système (Cnes)

Pour gérer un phénomène qui s'apparente à un coucher et un lever de soleil 4 à 6 fois plus rapide, un plan d'action européen a été mis en place par les gestionnaires de réseaux de toute l'Europe. Chaque pays a tout d'abord prévu d'augmenter ses réserves habituelles de production électrique, destinées habituellement à corriger les petits écarts entre production et consommation. «Les nôtres seront augmentés de 50 %», indique la dirigeante. Les centrales hydroélectriques, «capables d'être démarrées en un quart d'heure», seront aussi mobilisées, pour compenser les variations en France, et potentiellement ailleurs en Europe. A contrario, les centrales thermiques qui requièrent près de trente minutes pour démarrer se révèlent inappropriées pour un phénomène fugace comme une éclipse solaire.

Si ces réserves supplémentaires ne sont pas suffisantes, des actions de délestage pourraient alors avoir lieu: «Il s'agirait, de manière coordonnée en amont, de suspendre momentanément l'alimentation de quelques clients pour rétablir l'équilibre production/consommation nécessaire au fonctionnement du système électrique. Nous n'en sommes pas là.» Ce n'est pas la première fois que l'Europe électrique affronte une éclipse du soleil: la dernière fois, en août 1999, aucune incidence n'avait été enregistrée sur le réseau. À cela, une bonne raison: la puissance solaire installée était cent fois moins importante qu'aujourd'hui. Ce jour-là, comble du paradoxe, la consommation d'électricité avait même baissé pendant l'éclipse, les consommateurs ayant soudain quitté leurs occupations pour admirer le phénomène!

 

 

La rédaction vous conseille :

 

( Source LeFigaro.fr /Frederic de Monicault )

Les commentaires sont fermés.