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04/03/2015

ELECTIONS DEPARTEMENTALES : LES BONS ET LES MOINS BONS DES DEPARTEMENTS

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Chômage: les départements du Nord et de la Méditerranée touchés de plein fouet

La France cernée par le chômage? Les départements français les plus lourdement touchés se situent aux extrémités de l'Hexagone. Au Nord, dans le Pas-de-Calais (13% contre 10% au niveau national), le Nord (12,8%) et l'Aisne (14%) mais surtout au Sud, tout le long de la côte méditerranéenne. C'est dans les Pyrénées orientales que le taux de chômage est le plus élevé de France (15,5%) mais les départements voisins ne sont pas vraiment en reste: 14,1% de la population active est au chômage dans l'Aude, 14,5% dans l'Hérault

On est loin des bons résultats de la Lozère (5,9%), située juste un peu plus au nord mais dont l'économie est tirée par un secteur associatif très dynamique et l'agriculture, ou encore de la Mayenne (6,7%) et des Yvelines (7,3%). «En matière d'emploi local, il n'y a pas vraiment de règle, note Olivier Bouba-Olga, économiste à l'Université de Poitiers. Les département urbains peuvent être dynamiques en termes d'emploi comme pas du tout. Finalement, le facteur qui détermine le plus fortement les performances de l'emploi local
 C'est la santé du marché du travail les dix années précédentes. L'inertie est très forte».

L'année dernière, certains départements ont pourtant fait mieux que les autres, et ce ne sont pas toujours les mieux lotis. Si les Pyrénées orientales et l'Aube se sont enfoncés dans la crise (le taux de chômage a progressé de 0,6 point dans ces deux départements sinistrés), la Somme, le Pas-de-Calais, le Nord et les Ardennes sont de en revanche parvenus à inverser la fameuse «courbe du chômage» malgré des taux initialement élevés. Dans tous ces départements cependant, elle est repartie à la hausse au dernier trimestre

 

• Dette: la Corrèze, plus mauvais élève de France

Plus de 32 milliards! C'est le montant en euros de la dette cumulée des 101 départements français. Un chiffre en hausse de 3,3% par rapport à 2013, selon les budgets primitifs 2014 publiés par le ministère de l'Intérieur. Il y a trente ans, l'encours avoisinait les 6 milliards...«Avec la faible densité routière, les départements doivent entreprendre d'importants travaux, affirme Olivier Régis, économiste spécialiste des finances publiques et président délégué du Forum pour la gestion des villes et des collectivités territoriales. Les départements de montagne vont souffrir». Sauf que les départements ne semblent pas prêts à mettre la main à la poche. Après avoir augmenté de plus de 6% par an entre 2000 et 2009, les dépenses des départements ont nettement ralenti depuis six ans. «Nous avons tout juste de quoi réaliser les dépenses de fonctionnement, explique Jean-Pierre Balligand, président du comité d'orientation du financement des collectivités locales et président du groupe de travail de l'Institut Montaigne consacré aux territoires. Pour le reste, la responsabilité incombe aux villes. Pour des projets dans le ferroviaire ou dans le numérique, nous sommes prêts à investir».

Parmi les départements, deux se distinguent: la Corrèze et Paris. Le premier, parce qu'il est le département le plus endetté de France. Un comble pour François Hollande qui a été, pendant sept ans (2001-2008), le maire de Tulle - préfecture de la Corrèze - et durant quatre ans, président du Conseil général de Corrèze (2008-2012). Le département limousin affiche la dette la plus élevée de France: 1448 euros par habitant! Soit le triple de la moyenne nationale (483 euros). «La dette a surtout explosé entre 2004 et 2008 en raison des travaux entrepris pour rénover les infrastructures et la volerie du département, explique Olivier Régis. Mais depuis 2011, elle s'est stabilisée et le département commence à rembourser». Si l'on en croit les budgets primitifs 2014 des départements publiés par le ministère de l'Intérieur, son taux de remboursement a ainsi progressé de plus de 5%. Comme 75 des 100 autres départements!

A l'inverse, Paris affiche...aucune dette! Une particularité due à son statut: Paris étant à la fois un département et une commune, la dette du département est logée au niveau de la Ville qui est endettée à hauteur de 3,6 milliards d'euros, soit environ 1600 euros par habitant (intra-muros). «Contrairement aux autres départements, Paris dispose d'une capacité d'endettement, d'autofinancement et de collecte des recettes fiscales sans commune mesure», commente l'économiste. Dès 2016, le coauteur de l'ouvrage «Pour mettre fin au mille-feuilles départemental» s'attend à une hausse des impôts locaux à Paris, l'un des départements où la fiscalité est la plus basse. Avec les taux d'emprunt historiquement bas, un recours plus important à l'emprunt pourrait également être envisagé.

 

 

• Impôts locaux: des recettes fiscales importantes pour l'Ile-de-France

Les impôts locaux pris en compte ici comprennent quatre critères qui constituent les principales ressources des départements: la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (Ifer), la taxe foncière sur le bâti et les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), plus connus sous le nom de frais de notaire. Les départements n'ont pas de pouvoir sur les taux de la CVAE et de l'Ifer, fixés par le gouvernement dans le cadre du projet de loi de Finances. La taxe d'habitation n'entre pas dans le calcul car elle est encaissée pour le compte de la commune où se situe l'habitation et éventuellement du groupement de communes auquel elle appartient.

Les recettes fiscales les plus élevées sont collectées en Hauts-de-Seine (445 euros/habitants), Haute-Garonne (435 euros) et Seine-Maritime (433 euros). A l'inverse, c'est à Mayotte - département au statut particulier qui bénéficie d'importantes dotations de la métropole- qu'elles sont les moins importantes (25 euros par habitants), suivi de Paris (104 euros) et La Réunion (150 euros). «La ressource la plus importante étant la CVAE, les départements aux recettes fiscales les plus importantes sont ceux où il y a le plus d'entreprises», précise Anne Bouillot, conseillère aux Finances de l'Assemblée des départements de France. Les Hauts-de-Seine, où se trouvent notamment le quartier d'affaires de la Défense, sont privilégiés. L'Ile-de-France est dans son ensemble favorisée: «Il faut savoir que 8 départements de la région concentrent à eux seuls 30% du produit de la CVAE», rappelle Anne Bouillot. Mais la présence d'entreprises n'explique pas à elle seule le niveau élevé de recettes tirées des impôts locaux. En Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France, elles grimpent à 404 euros. «Ce département joue sur les leviers de la taxe foncière et des DMTO pour financer des dépenses sociales, notamment le RSA, qui sont importantes», explique la spécialiste.

Globalement, 2014 a été marquée par une relative stabilité de la fiscalité dans les départements -élections oblige- même si la quasi-totalité ont relevé de 3,8% à 4,5% le taux des droits de mutation. «Cela contribue à accentuer les écarts entre départements, note Anne Bouillot. En effet, ceux où le marché immobilier est atone et qui ont des dépenses sociales élevées profitent moins de la situation que les départements plus riches où l'immobilier est dynamique et où les dépenses sociales sont moins fortes». Cette année, les départements doivent gérer la baisse des dotations de l'État dans un contexte économique compliqué. «Les départements ont le choix entre augmenter les impôts - même s'ils ne peuvent jouer que sur deux leviers, ce qui est insuffisant soit baisser les dépenses sociales. Mais à long terme, les deux solutions ne sont pas viables», prévient Anne Bouillot.

 

• Pauvreté: fortes disparités départementales, la Seine-Saint-Denis la plus touchée

Avec un taux de pauvreté de 24,8%, la Seine-Saint-Denis est le département le plus touché de France. L'Aude (21%), le Pas-de-Calais (20,7%) et les Pyrénées-Orientales (20,4%) sont également parmi les plus représentés. Les Yvelines sortent du lot avec un taux de 8,2%, selon les derniers chiffres publiés par l'Insee. «Quatre variables peuvent expliquer la pauvreté en France: le chômage, l'évolution des structures familiales avec de plus en plus de familles monoparentales, l'immigration et les retraités», explique Julien Damon, professeur à Sciences Po. En 2011, le seuil du taux de pauvreté à 60% du niveau de vie médian s'élevait à 11.730 € pour la France métropolitaine, précise l'Insee.

Les jeunes restent majoritairement les plus représentés en France, avec un taux de pauvreté de 20,8% en province et 20,5% en France métropolitaine, détaille l'institut. La Seine-Saint-Denis en concentre le plus grand nombre avec un taux s'élevant à 34%. Le Pas-de-Calais (30,7%) et les Pyrénées orientales (30,4%) sont également très touchés. Au contraire, les Yvelines et la Haute-Savoie sont les bons élèves, avec un taux de pauvreté de respectivement 11,8% et 12,6%.

Autre catégorie concernée, les familles monoparentales. «Dans cette configuration familiale, un seul individu porte l'ensemble des revenus», note Julien Damon. Pour les plus de 65 ans, le Cantal est le plus représentatif avec un taux de pauvreté de 16,9%. Le Gers (16,2%) et la Lozère (15,9%) sont également parmi les plus concernés. A l'inverse, les Yvelines concentrent un taux de pauvreté de 3,8 chez les seniors. «Ils sont les plus favorisés du système français, précise Julien Damon. La pauvreté dépend des flux de population. Si les riches s'en vont et les pauvres arrivent, la pauvreté du territoire augmentera».

 

• Rémunération: les grandes villes et les DOM favorisés, le Sud rural pénalisé

Un Français sur deux gagne plus de 19.246 euros net par an (1603 euros par mois). Mais entre le département des Hauts-de-Seine (31.040 euros), qui est celui dont les habitants sont les mieux payés, et Mayotte qui ferme le classement (15.930 euros), les inégalités sont criantes. Paris et sa région squattent le top 15: à l'exception de la Seine-Saint-Denis, tous les départements de l'Île-de-France y sont présents. L'Oise profite elle aussi des salaires élevés pratiqués dans et autour de la capitale. Autres privilégiés: les habitants des départements d'outre-mer, dont quatre apparaissent dans le haut du classement. Les trois autres départements qui complètent le top 15 (la Haute-Garonne, le Rhône et les Bouches-du-Rhône) profitent du dynamisme et de l'attractivité de leur capitale -respectivement Toulouse, Lyon et Marseille- pour faire grimper les salaires.

Dans le bas du classement, on trouve le seul DOM à ne pas faire partie du top 15, Mayotte. Autre particularité: le Sud est surreprésenté, avec pas moins de 11 départements situés sous l'axe Limoges-Clermont-Ferrand-Lyon dans les quinze dernières places. L'attractivité touristique des côtes les préserve cependant puisque ni la Côte d'Azur ni le littoral atlantique ne sont concernés. Ce sont plutôt les départements à dominante rurale qui pâtissent des rémunérations les plus faibles; les salaires moyens plongent dans les «campagnes vieillies à très faible densité» selon la terminologie utilisée par l'Observatoire des territoires.

 

• Flux migratoires: une France de l'Ouest et du Sud, attractive, et une France du Nord-Est qui l'est moins

La carte des migrations interdépartementales distingue «une France de l'Ouest et du Sud, attractive, et une France du Nord-Est qui l'est moins», résumait l'Insee dans une analyse suite au recensement de la population de 2006. Ce constat - déjà observé dans les années 90 - est toujours vrai aujourd'hui. Parmi les départements qui voient partir le plus d'habitants qu'ils n'en accueillent, la Seine-Saint-Denis décroche la palme avec un solde de -0,8% entre 2006 et 2011 (dernières données Insee), suivie de la Haute-Marne (-0,6%), du Nord (-0,5%), ou encore du Pas-de-Calais (-0,3%), des Vosges (-0,2%), des Ardennes (-0,4%) ... Paris (-0,2%) et tous les départements de l'Ile-de-France ont aussi perdu de leur attractivité. Ces départements urbains autour de la capitale, qui étaient très recherchés dans les années 90, n'attirent plus autant.

 

À l'inverse, les départements ruraux prennent leur revanche après avoir été désertés pendant plusieurs décennies, «à la faveur de l'augmentation des mobilités (...) et grâce au recours aux technologies de l'information et de la communication, de plus en plus fréquent», explique la Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale (DATAR) dans un récent rapport. Les départements plutôt ruraux, situés dans l'Ouest sur le littoral (Vendée, Morbihan, Côtes-d'Armor...), le Sud-Ouest (Tarn-et-Garonne, Tarn, Landes, Aude, Ariège...), ainsi que dans le Massif central (Corrèze, Creuse...) ont renforcé leur attractivité. La tendance migratoire reste baissière, en revanche, pour les territoires les plus éloignés des villes où les ménages hésitent à s'installer, comme l'Orne (-0,2%) ou la Loire (-0,1%). «Dans les zones peu denses, l'offre de transport en commun est faible, voire inexistante, en direction des pôles d'emploi. En outre, ces territoires ne bénéficient pas d'une grande diversité d'offre de services», relève la Datar.

(source LeFigaro.fr / Hayat Gazzane/ Marie Bartnik /Isabelle de Foucaud / Géraldine Russel : Guillaume Errard / victoria Masson )

 

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