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24/03/2015

NATCHA POLONY : LA LAÏCITE OU LA MORT

 

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Natacha Polony est chroniqueuse au Figaro. Son dernier livre, «Ce Pays qu'on Abat», est paru en 2014 aux éditions Plon.

Il y a dans le Musée du Bardo de Tunis des mosaïques chatoyantes qui rappellent que la Méditerranée, avant d'être une frontière d'eau salée où se perdent des malheureux, fut un gué, un passage qui reliait les continents autour d'une culture commune. Quand Alaric, en 410, éteignit la flamme de Rome, ébranlant le monde antique, c'est à Hippone, à quelques dizaines de kilomètres de l'actuelle Tunisie, que l'événement fut commenté par saint Augustin. Le Maghreb est phénicien, numide, berbère, arabe; il est juif, chrétien et musulman. Il est une part de notre mémoire, et plus encore la Tunisie, qui, après l'ère Bourguiba, a su faire vivre cette «révolution du jasmin», démontrant que la démocratie n'est pas un particularisme occidental.

Les djihadistes qui tirent à l'arme automatique sur des enfants à l'entrée d'une école juive, des dessinateurs, des clients d'un supermarché kasher, des policiers ou des touristes, ne poursuivent qu'un seul but: imposer un ordre totalitaire qui s'appuie sur une lecture littéraliste d'un texte religieux dont ils nient toute historicité. On ne le répétera jamais assez: cette idéologie repose sur la négation de l'Autre dans l'espace et dans le temps. L'Autre, ce contemporain qui a le mauvais goût de nourrir une autre vision du monde, mais aussi l'Autre en ce qu'il se manifeste dans un passé, une Histoire qui par son existence même remet en cause la prétention à l'éternité.

On ne le répétera jamais assez puisque certains, visiblement, n'ont pas envie que cela soit répété. Quel message envoie donc aux Français et au monde un président de la République qui, dans une interview de onze pages accordée au magazine Society, où il use et abusede la référence au 11 janvier, évite soigneusement de nommer le mal? Pas la moindre analyse proposant à la nation une réponse commune.

 

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(source LeFigaro.fr /Natacha Polony)

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