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29/03/2015

HEURE D'ÉTÉ, UN DISPOSITIF UTILE MAIS CONTESTÉ

 

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Dans la nuit de samedi à dimanche, toutes les montres devront être avancées d'une heure pour adapter les heures d'ensoleillement à celle des pics d'activité humaine. Mais est-ce encore bien utile à notre époque ?

Comme chaque année, ce dernier week-end de mars sera plus court que les autres. En cause le passage à l'heure d'été dans la nuit de samedi à dimanche. De 2h du matin, les horloges passeront directement à 3h01.

Mais pourquoi changer d'heure au juste? Un seul motif: l'économie d'énergie. Et pour cela, il faut adapter l'heure à nos modes de vie. L'idée est de faire concorder au mieux les heures d'ensoleillement avec celles d'activité humaine intense afin d'éviter une surconsommation en éclairage électrique notamment. Le soleil se lève plus tôt l'été. Or, l'utilité de ces minutes matinales de luminosité naturelle supplémentaires apparaît restreinte pour des humains qui se lèvent généralement après le soleil à cette période. «La plupart des gens se lèvent entre 6h et 7h du matin, or en hiver il fait jour le matin vers 8h et en été vers 6h», explique-t-on à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). Pour qu'il fasse toujours jour autour de 7h on adapte donc les horloges.

Ces petits ajustements limitent les pics quotidiens de consommation d'énergie, constatés en début et en fin de journée. L'ADEME avance des chiffres impressionnants concernant l'impact de ce dispositif: 440gwh d'électricité économisés et 44000 tonnes d'émission de CO2 évités en 2009. L'équivalent d'une ville de 800.000 foyers quand même! Le tout «pour un coût quasi nul de mise en œuvre», plaide l'Agence.

Une idée née d'une insomnie de Benjamin Franklin

Cette idée d'heure d'été aurait pu ne jamais voir le jour sans une insomnie de Benjamin Franklin. A Paris, l'ambassadeur américain constate par un matin d'été le vide des rues aux heures d'ensoleillement les plus matinales de la journée. Ce qui le fait songer à toutes les chandelles et bougies économisées si les gens se levaient et se couchaient plus tôt. Reprise un siècle plus tard par un scientifique néo-zélandais du nom de Georges Vernon-Hudson, l'idée est finalement appliquée durant la première guerre mondiale. Le but: économiser un charbon devenu précieux dans le cadre de l'effort de guerre. Repris en 1939-1945, le principe est abandonné en temps de paix, jusqu'en 1966 en Italie.

Le 28 mars 1976 c'est au tour des Français de passer pour la première fois à l'heure d'été. Il s'agit d'une des mesures du plan «On n'a pas de pétrole mais on a des idées» créé suite à l'envolée des cours du pétrole dans les années 1970. Personne n'y comprend alors grand-chose, comme en témoigne le présentateur vedette de l'époque Roger Giquel. La nouveauté donne lieu à quelques couacs, notamment dans les régions frontalières puisque nos voisins n'appliquaient pas encore tous ce principe. D'importantes perturbations dans les transports sont ainsi relevées pour les trajets entre la France et la Belgique ou la Suisse. Le système a depuis été étendu à toute l'Union européenne et harmonisé en 1998

Un dispositif caduc pour ses opposants

Les économies d'énergie avérées ne suffisent cependant pas à convaincre tout le monde de l'utilité de l'heure d'été. Les sceptiques demeurent nombreux. L'Association contre l'heure d'été (ACHED) ne voit que des inconvénients à l'avancement de l'heure. Beaucoup critiquent une mesure passéiste, inventée à l'époque du tout pétrole, dont la visée initiale est rendue caduque par les innovations technologiques récentes. L'avènement des ampoules à basse consommation par exemple remet en cause la nécessité de s'adapter aux heures du jour. La généralisation des équipements de climatisation, qui tournent à plein régime en été, met par ailleurs à mal les estimations d'économie d'énergie de l'ADEME.

Le second argument des réfractaires à l'heure d'été tient aux rythmes biologiques. Le chamboulement interne qu'implique ce soudain décalage serait mauvais pour l'organisme humain et animal. D'aucun vont même jusqu'à évoquer une influence négative pour les personnes souffrant de troubles cardiaques . Les études publiées à ce sujet demeure aujourd'hui assez contradictoires. Certains de ces nostalgiques de l'état de nature souhaitent calquer l'heure terrestre sur celle du soleil. Problème: l'heure solaire non plus n'a rien d'absolu.

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(source LeFigaro.fr / Antoine Sillières)

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