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19/04/2015

SOMMEIL : COMMENT LE CERVEAU SE SOUVIENT IL DE CERTAINS RÊVES ?

 

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Certains se souviennent plus souvent de leurs expériences oniriques que d'autres. Ils auraient davantage de réveils nocturnes.

 

David est un chasseur de rêves capable d'entrer dans le sommeil des gens pour en ramener des objets. Perrine, elle, veut découvrir la signature neurophysiologique du rêve. David est le héros d'un roman du prolifique Serge Brussolo, publié il y a quinze ans, Le Syndrome du scaphandrier. Le Dr Perrine Ruby est une scientifique bien réelle, qui travaille au laboratoire Dycog (Dynamique cérébrale et cognition) du Centre de recherche en neurosciences de Lyon. Elle est aussi professeur à l'université de Swansea (pays de Galles). Elle a publié l'an dernier les résultats de ses travaux sur les rêves dans les revues internationales Cerebral Cortex et Neuropharmacology.

«Tout le monde a envie de mieux connaître le rêve, constate Perrine Ruby, mais c'est un objet de recherche qui ne se laisse pas facilement attraper.» Premier obstacle, impossible de savoir avec certitude lorsqu'un dormeur est en train de rêver! Bien sûr, la théorie communément admise depuis les années 1950 est que les périodes de rêve coïncident avec une activité particulière du cerveau que l'on peut identifier grâce à l'électroencéphalogramme, le sommeil paradoxal. Paradoxal, car le dormeur présente une «activation corticale qui simule un véritable éveil actif», expliquait l'un des pionniers de la recherche sur le sommeil et sur le rêve, le Pr Michel Jouvet, dans De la science et des rêves, Mémoires d'un onirologue (Odile Jacob, 2013).

Interprétation logique car, à l'époque, les études avaient montré que si l'on réveillait des dormeurs pendant une phase de sommeil paradoxal, 80 % d'entre eux étaient suivis d'un rapport de rêves, alors que si on les réveillait dans une autre phase de sommeil (sommeil lent), seulement 6 % des réveils étaient suivis de souvenirs oniriques. D'où la théorie, presque un dogme, assimilant le rêve aux périodes de sommeil paradoxal. Un véritable paradigme pour les chercheurs pendant près d'un demi-siècle.

Pourtant, le dogme s'est fissuré dans les années 2000. «En synthétisant l'ensemble des études réalisées, on s'aperçoit qu'en réalité 50 % des éveils en sommeil lent sont aussi suivis d'un rapport de rêves, raconte le Dr Ruby. Ce n'est pas aussi bien que 80 %, mais c'est nettement mieux que 6 %! En tout cas, on ne peut plus dire qu'il n'y a que le sommeil paradoxal qui fait du rêve.» Faute de pouvoir enregistrer l'activité cérébrale pendant le rêve (puisqu'on ne sait pas quand il survient), elle s'est concentrée sur la fréquence de souvenir du rêve pour essayer de mieux comprendre ce qui la faisait varier.

Ses recherches sur des personnes jeunes, en bonne santé, sans problème de sommeil montrent que «les grands rapporteurs de rêves, autrement dit fréquemment capables de s'en souvenir, sont aussi ceux qui ont la quantité d'éveils la plus grande (ce qui ne veut pas dire qu'ils ont un mauvais sommeil) au cours de leur sommeil», explique-t-elle. «Nous avons pu montrer qu'ils sont aussi plus réactifs aux stimuli de l'environnement puisqu'ils ont une réponse cérébrale plus importante aux sons inattendus que les petits rapporteurs de rêves.» Un cerveau plus réactif, donc des dormeurs plus facilement réveillés? Voilà qui expliquerait tout. Cette idée est appuyée par une deuxième étude qui montre qu'au repos, les yeux fermés, l'activité cérébrale d'une région impliquée dans l'orientation de l'attention vers les sons est plus importante chez les grands rapporteurs de rêves que chez les autres.

Le voile s'entrouvre donc un peu plus sur les mystères du rêve mais il reste encore beaucoup à découvrir. Pourquoi, par exemple, le paramètre le plus fiable pour se souvenir de ses rêves est-il de s'y intéresser? Par exemple en remplissant, chaque matin, un carnet de rêves avec ce dont on se souvient au réveil. «On sait que cela augmente la fréquence de souvenirs des rêves, même si on ne sait pas pourquoi», note la scientifique.

Autre mystère: Comment fonctionne la thérapie par répétition d'imagerie mentale visuelle (Imagery Rehearsal Therapy) qui consiste à se répéter, après l'avoir modifié, le scénario d'un cauchemar dérangeant? Sur le site de recherche www.imaginerever.org, le psychologue Benjamin Putois et ses collègues invitent toutes les personnes concernées à participer à une étude basée sur cette technique. «C'est extrêmement efficace, remarque le Dr Ruby. Il y a 70 % de bons répondeurs».

D'ailleurs, peut-être est-ce parce que le rêve est un objet d'étude insaisissable pour les chercheurs que Perrine Ruby s'est associée avec l'artiste Manuel Salvat, auteur du «Rêve Club», pour présenter en juin-juillet prochains la poésie et la mécanique du rêve à travers une exposition («Rêve, entre science et art») aux Archives municipales de Lyon.

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  • (Source LeFigaro.fr /  Damien Mascret)

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