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07/05/2015

SANTÉ : DES TRAITEMENTS PROMETTEURS CONTRE L'ASTHME SÉVÈRE

 

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INFOGRAPHIE - Un espoir pour 350.000 à 400.000 Français concernés par cette maladie responsable de 920 décès par an.

 

Activité physique limitée, crises récurrentes de jour comme de nuit, passages aux urgences, hospitalisations… L'asthme sévère est un vrai handicap pour les 350.000 à 400.000 Français concernés. Ces malades ont beau prendre correctement leurs traitements (bronchodilatateurs, corticoïdes), la gêne et même le danger - on déplore environ 920 décès par an - sont quotidiens.

Maladie chronique, l'asthme est dû à une inflammation des bronches réagissant de façon excessive à certains facteurs (allergènes, pollution, stress…). Cette inflammation a notamment pour effet d'épaissir le muscle qui entoure les bronches. Devenu plus puissant, ce muscle, dit «lisse», se contracte trop fort autour de la bronche quand il est stimulé et réduit l'espace dédié de circulation de l'air. Ces dernières années, les biothérapies pour l'essentiel ont permis d'améliorer l'état de certains patients. Mais une autre voie de recherche centrée sur la réduction du muscle lisse donne des résultats prometteurs dans le cadre de deux essais cliniques conduits en France.

65°C pendant 10 secondes

La première thérapie expérimentale, appelée thermoplastie bronchique, repose sur une intervention mécanique. Mise au point au Canada, elle est testée en France dans deux hôpitaux (Hôpital Bichat à Paris, Hôpital Nord à Marseille). Le procédé consiste à enfoncer dans les bronches sous anesthésie générale un tube souple (fibroscope) muni à son embouchure de quatre petites électrodes. Lorsque le dispositif a été poussé aussi loin que possible dans l'arbre bronchique, les électrodes se collent aux parois des bronches et les chauffent à 65 °C pendant 10 secondes par radiofréquence. La chaleur diffusée réduit la taille du muscle lisse, et l'opération est répétée tous les 5 mm en remontant progressivement. La prise en charge totale repose sur 3 interventions d'environ 40 minutes chacune, espacées d'environ 3 semaines.

Les premiers résultats publiés en décembre dans l'American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine sur la base de 10 patients montrent que l'épaisseur du muscle lisse a diminué en moyenne de 49 à 78 %. «C'est bien plus que ce que l'on anticipait », explique le Pr Michel Aubier, qui conduit l'essai avec le Pr Pascal Chanez. Autre «agréable » surprise: «l'effet n'est pas limité aux bronches où l'on introduit le cathéter mais aussi aux zones adjacentes », poursuit le pneumologue. Des études conduites précédemment au Canada et aux États-Unis montrent enfin que l'amélioration perdure au moins cinq ans.

Une maladie en progression mondiale

Autre voie prometteuse contre l'asthme sévère, pharmacologique celle-là: le gallopamil, une molécule utilisée depuis les années 1980 pour traiter certaines pathologies cardiaques. Le médicament, testé sur une trentaine de patients par le Centre de recherche cardio-thoracique de Bordeaux, réduit la taille du muscle bronchique en limitant les apports en calcium dans les cellules musculaires. Au bout d'un an de traitement, la molécule montrait un recul de 12 % de l'épaisseur du muscle, révèle une étude publiée fin janvier dans la même revue. «Ces patients souffraient quatre fois moins d'exacerbation (aggravation des crises, NDLR) que le groupe placebo », précise le Pr Patrick Berger, qui dirige ces travaux.

Ces thérapies devront confirmer leur efficacité à plus large échelle, et chacune a ses inconvénients. La thermoplastie bronchique est surtout spectaculaire chez les patients dont le muscle lisse est très épais, ce qui impose pour l'instant une biopsie pour sélectionner les individus à qui elle profite le plus. Comme toute technique invasive, elle présente des risques de complication. Enfin, elle coûte 15000 à 20000 euros. «C'est sûrement avantageux quand même car la prise en charge d'un asthmatique sévère par biothérapies coûte 20 000 à 25 000 euros par an», rappelle le Pr Aubier, précisant qu'un dossier pour une prise en charge par la Sécurité sociale avait été déposé à la Haute Autorité de santé. Le gallopamil, molécule commercialisée depuis longtemps, est à l'inverse peu coûteux car sa molécule est généricable, fait remarquer le Pr Berger. Mais comme tout médicament, il n'est pas dénué d'effets secondaires.

 

«Ces deux voies sont très prometteuses, et il y a incontestablement un énorme besoin de santé publique pour l'asthme sévère, commente le Dr Marc Sapène, président de l'association Asthme et allergies. Il est d'autant plus important d'élargir les options thérapeutiques que cette pathologie est en forte progression dans les pays occidentaux.»

(source leFigaro.fr / Pauline Freour ) 

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