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29/05/2015

ATMOSPHERE , PRIX DU CARBONE : QUELS SONT LES ENJEUX ?

 

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LE SCAN ÉCO - Pour limiter le réchauffement climatique, les politiques et chefs d'entreprises réfléchissent à augmenter le prix du carbone, un des enjeux de la conférence de Paris sur le climat (COP21) qui démarre en novembre prochain.

• La «fuite carbone»

«Ce qu'on appelle la 'fuite carbone', c'est le fait qu'au lieu d'investir en Europe, les entreprises investissent hors Europe parce que le prix du carbone est inexistant et donc le prix de la production est plus faible. Pourtant, le résultat en termes d'émission de gaz à effet de serre est le même sauf qu'il est émis ailleurs», signale Alexandre Affre, directeur des affaires industrielles de Business Europe, le Medef européen.

Business Europe se dit favorable à un marché du carbone au niveau mondiale pour éviter ce genre d'effet: «Le prix du carbone devrait être fixé de façon égale dans les pays avec lesquels on est en concurrence sur les marchés internationaux: Chine, Japon, États-Unis, Inde, etc... On trouve parfois des initiatives mais rien de comparable avec ce qui se passe en Europe»

• Le niveau de déclenchement des investissements

Le marché européen du carbone, ETS dans le jargon, a pour but de faire émerger un prix du carbone. «Lancé en 2005, il n'aurait pas joué son rôle et le prix de la tonne de CO2 évolue entre 5 et 10 euros, alors qu'il faudrait, pour commencer à réorienter les investissements, un tarif autour de 30 euros la tonne», affirme Pascal Canfin, ancien ministre délégué au Développement dans Climat: 30 questions pour comprendre la Conférence de Paris, (Éditions Les Petits Matins). Ce que confirme The Shift Project, think tank spécialisé dans la transition carbone. Matthieu Auzanneau, chargé de l'analyse économique au Shift Project, explique: «Ce prix doit inciter les investissements bas-carbone nécessaires (centrales solaires, éoliennes) pour atteindre les objectifs ambitieux de l'Union européenne en matière d'atténuation des changements climatiques. Par exemple, le paquet climat-énergie affiche l'objectif dit des «trois fois vingt»: 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 20% d'économie d'énergie et 20% d'énergie renouvelable dans la consommation totale d'énergie. Le tout d'ici à 2020.»

• Les quotas

«Le marché européen du carbone couvre plus de 10.000 installations des secteurs énergétique et industriel collectivement responsables de près de la moitié des émissions de CO2 de l'UE. Il permet d'échanger des quotas de CO2 émis attribués gratuitement par chaque État», explique Matthieu Auzanneau. Les entreprises ont ensuite la possibilité de vendre ou d'acheter des quotas, créant ainsi un marché du carbone. Deux entreprises A et B émettent chacune 100.000 tonnes de CO2 par an. Le gouvernement concède 95.000 tonnes d'émission à l'une et à l'autre. Pour l'entreprise A il est plus économique de réduire ses émissions que d'acheter un quota supplémentaire, contrairement à l'entreprise B. A décide donc de réduire ses émissions de 10.000 tonnes et de vendre 5000 tonnes sur le marché; ce qui compense les coûts de l'adaptation de son installation. Pendant ce temps, B va acheter 5000 tonnes sur le marché. Ainsi à la fin, les émissions auront diminué, et les deux entreprises ont eu la possibilité de choisir la solution qui leur était la plus avantageuse.

• Le réchauffement climatique

Selon le rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), créé par les Nations unies, depuis le début de l'ère industrielle, la température de la planète est à +0,8°C. D'après la Banque mondiale, le changement climatique représente la première menace sur la sécurité alimentaire dans les prochaines décennies, en raison de son impact sur les rendements agricoles et la multiplication des sécheresses et des inondations, destructrices pour les récoltes. Pascal Canfin avertit: «Ces effets seront bien sûr différents selon la trajectoire d'évolution de la température. Au-delà de 2°C supplémentaires, des réactions en chaîne conduiront à un emballement dont les scientifiques ne peuvent mesurer toutes les conséquences». Le cinquième rapport du Giec l'a confirmé: la Terre se réchauffe et les activités humaines en sont la cause principale.«En augmentant les gaz à effet de serre dans l'atmosphère, l'homme perturbe cette variabilité climatique», avait déjà expliqué Pascale Braconnot, chercheuse au laboratoire des sciences du climat et de l'environnement CEA/CNRS dans Le Figaro.

• QUESTIONS AUX INTERNAUTES - Et vous, que pensez-vous de l'impact du prix carbone sur les entreprises? N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires dans les champs réservés ci-dessous.

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(Source LeFigaro.fr / Marie Théobald

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