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04/07/2015

EDUCATION : LES PROFS DES COLLEGES JUGENT LES PROGRAMMES INFAISABLES

 

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Appelés à se prononcer sur le projet du Conseil supérieur, les enseignants se montrent très critiques. Najat Vallaud-Belkacem parle, quant à elle, d’un «accueil favorable» mais concède «la nécessité d’améliorer la lisibilité du projet».

 

Après les critiques des intellectuels et historiens, voici les réserves des professeurs. Jeudi, le ministère de l’Éducation a publié la synthèse de la consultation des enseignants sur le projet de nouveaux programmes scolaires, prévus pour 2016.

La ministre Najat Vallaud-Belkacem parle d’«un accueil favorable des équipes pédagogiques», tout en concédant «la nécessité d’améliorer la lisibilité du projet actuel» élaboré par le Conseil supérieur des programmes (CSP). Une interprétation bien optimiste de ce rapport de 242 pages, dont la lecture révèle une position plus radicale des enseignants.

«Comment maîtriser une langue en 2,5 heures hebdomadaires?»

Illisibles et infaisables en l’état. C’est ainsi qu’ils jugent ces nouveaux programmes de la scolarité obligatoire. Et c’est sur le collège que se concentrent les critiques. Ainsi, sur le cycle 4 (de la 5e à la 3e), près de 80 % des enseignants estiment que le projet gagnerait à être «plus lisible».

À peine 21 % pensent que les contenus des programmes sont en adéquation avec le volume horaire. «Comment maîtriser une langue en 2,5 heures hebdomadaires?», interroge ainsi un professeur de langues vivantes. «À l’heure où l’on dit que les élèves français réussissent mal en lecture, écriture, maths et langues, je pense que le volume horaire consacré à chacune de ces matières doit augmenter», s’inquiète un professeur de français.

C’est dans cette discipline que les enseignants se montrent le plus circonspects. Ils considèrent que le projet n’est pas adapté aux élèves en lecture, écriture et surtout en étude de la langue «La vision de la grammaire proposée est fondée sur “l’observation réfléchie de la langue”,un concept universitaire, absolument pas adapté à la grammaire scolaire!» explique Jean-Rémi Girard, vice-président du Snalc.

«Trop vagues»

«Trop ambitieux», «trop vagues», «pas assez détaillés»… Tels sont les termes qui reviennent le plus dans les réponses des enseignants aux questions ouvertes. «40.000 réponses ont été validées. Sur 600.000 enseignants, c’est peu…» observe pour sa part Valérie Sipahimalani, secrétaire générale adjointe du Snes, estimant que «la consultation s’est heurtée à la réforme du collège, à laquelle beaucoup de collègues sont opposés». Elle regrette par ailleurs «le manque de questions sur le fond des programmes».

Les enseignants ont aussi été interrogés sur les programmes d’histoire, qui ont suscité, pourtant, un grand débat public. Dans la nouvelle copie que le CSP devra remettre le 3 septembre à la ministre, il est invité, dans cette discipline, à faire en sorte que «le programme n’élude aucune question jugée essentielle»… Il y a donc fort à parier que les Lumières feront leur grand retour parmi les thèmes imposés.

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