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11/07/2015

ANXIOLITIQUES : DES MISES EN GARDE SANS EFFET AUPRES DES PATIENTS

 

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Alors que la prise de médicaments de la famille des benzodiazépines ne devrait pas dépasser douze semaines, elle peut atteindre six ans.

 

En France, malgré les mises en garde qui se succèdent depuis des années, la consommation de benzodiazépines ne diminue pas vraiment. En 2014, près de 7 millions de Français ont pris au moins une fois une benzodiazépine anxiolytique. Et il est peu probable que le dernier avis émis par la Haute Autorité de santé, qui reconnaît l'intérêt médical de ces molécules dans l'anxiété tout en mettant en garde contre une utilisation prolongée, modifie en profondeur les habitudes de consommation.

«Ces recommandations sont un coup d'épée dans l'eau et n'apportent pas grand-chose de nouveau, si ce n'est l'idée importante de prévenir les patients dès l'instauration du traitement d'une durée limitée», estime le Dr Patrick Lemoine, psychiatre. Un traitement par anxiolytique ne devrait pas dépasser douze semaines de traitement. Or, selon les données de l'Assurance-maladie, la moitié des patients prend des benzodiazépines plus de 4 mois et 16 % d'entre eux ont même été traités en continu avec une durée médiane d'exposition d'environ 6 ans!

Risque de chute

Le consommateur de benzodiazépine est le plus souvent une femme (67 % des consommateurs), l'âge médian des patients est de 55 ans, un tiers d'entre eux étant âgés de plus de 65 ans et 10 % de plus de 80 %. Des populations âgées plus vulnérables, comme le rappelait l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un rapport de 2013: «La consommation de benzodiazépines expose les sujets âgés à des risques spécifiques, en raison des modifications physiologiques liées à l'âge qui accroissent le risque de surdosage et d'effets indésirables.» Ces molécules augmentent notamment le risque de tomber: selon une étude, le risque de chute est multiplié par deux lors d'une augmentation de dose de 2 mg par jour à 8 mg par jour en équivalent diazépam.

Autres effets indésirables, la perturbation de la mémoire à court terme, un ralentissement dans l'apprentissage d'une nouvelle information, mais aussi un risque de déclin cognitif. Une étude française menée par le Pr Bernard Bégaud a même pointé du doigt un lien entre la consommation au long cours de benzodiazépines et le développement d'une maladie d'Alzheimer. Patrick Lemoine s'inquiète, pour sa part, des liaisons dangereuses entre benzodiazépines et apnée du sommeil. «C'est sans doute la contre-indication la plus fréquente aux benzodiazépines, potentiellement mortelle et pourtant jamais mentionnée», souligne-t-il.

«Bons sentiments»

On ne peut pas dire que les autorités ne sont pas conscientes des dangers inhérents à ces molécules. Elles émettent régulièrement des recommandations pour en améliorer l'usage. Mais sans grand succès. «Ce type de recommandations faites de bons sentiments n'a aucun intérêt tant que ne seront pas retirées du marché les benzodiazépines inutiles, donc toutes à l'exception du Séresta, la seule benzodiazépine à demi-vie courte et sans métabolite actif, à l'exception du Xanax, mais qui est très addictif», affirme le Dr Patrick Lemoine. Une mesure radicale qui n'est pas à l'ordre du jour.

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  • (source LeFigaro.fr / Par Anne Prigent)

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