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15/07/2015

CONDUITE AUTOMOBILE : DOMPTER SES MAUVAIS REFLEXES

 

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Le stress et la gestion des émotions  sont des facteurs déterminants du comportement au volant.

 

Ayant «usé» ses points de permis et bien résolu à en récupérer, Alain, quinqua travaillant dans le tourisme, a participé dernièrement à deux journées de stage agréé par la préfecture de sa région. Le bilan qu'il fait de cette immersion en groupe («sur 20 personnes, 19 mecs») est très positif et il affirme avoir appris «plein de choses»: «Je suis reparti avec des informations que je n'avais jamais eues et qui me semblent désormais capitales: par exemple, lorsqu'on voit les distances qu'il faut pour s'arrêter selon qu'on roule à 35 ou 50 à l'heure ! C'est impressionnant de voir que la mort d'un enfant tient à si peu de différence.»

Mais une autre observation l'inquiète: «J'étais avec des conducteurs qui avaient roulé sans permis, des récidivistes du dépassement de vitesse… Et une femme alcoolique! De manière assez récurrente, ces délinquants de la route se présentaient comme des victimes… Victimes des autres, de la loi, et même des campagnes de prévention!»

C'est un fait: malgré les nombreuses campagnes de la Prévention routière, le nombre de délits était en augmentation en 2013 (de + 5 %), tout comme le nombre de points retirés pour excès de vitesse de plus de 50 km/h (62 064, soit une hausse de 5,7 %). Et il faut désormais cibler de nouvelles infractions, comme celle du port de l'oreillette, interdit depuis quelques jours.

Délits délibérés

Dominique Vallaeys-Beffara, psychologue et formatrice à la Prévention routière, l'observe régulièrement dans les stages de récupération de points qu'elle anime depuis vingt ans: «Le public est désormais plus averti, les conducteurs ont plus de connaissances grâce aux médias, reconnaît-elle. Mais malheureusement, pour certains, c'est toujours leur vérité à eux qui est prévalente.» Car, à côté des nouveaux délits par inattention (téléphone au volant, fatigue…), l'animatrice constate de fréquents délits délibérés: «C'est l'infraction volontaire: la personne ne supporte pas la lenteur du véhicule qui la précède, alors elle franchit une ligne blanche ; ou sur l'autoroute, elle ne comprend pas qu'il y ait une limitation de vitesse, alors pour calmer sa frustration et son agressivité, elle passe à 160 km/h.»

L'agressivité, le stress, la frustration… Il faut sans doute aller chercher dans ces dimensions émotionnelles pour comprendre l'incompréhensible. Car comment qualifier autrement le cas du bon père de famille, très soucieux de la sécurité de ses enfants, mais qui se conduit comme un danger public sur la route? «Nous sommes amenés à utiliser cette métaphore avec de tels conducteurs, explique Dominique Vallaeys-Beffara. Imaginez que vous confiiez vos enfants à une baby-sitter un soir… Vous la souhaitez bien sûr responsable, modérée, vigilante quant aux dangers possibles… Alors pourquoi ne pas ramener ces qualités à votre manière de conduire?»

C'est que, du point de vue de l'inconscient, l'habitacle automobile n'est pas neutre. Pour beaucoup de conducteurs, il se vit comme une pièce de plus du «chez-soi», avec toutefois une différence entre hommes et femmes. «Les premières voient la voiture comme un prolongement de l'espace domestique, aussi elles aiment que ce qui s'y vit reste convivial, explique le psychiatre Reynaldo Perrone, spécialiste de l'agressivité et auteur du Syndrome de l'ange(Éd. ESF). C'est aussi un nid qu'elles doivent protéger: si elles se sentent victimes d'intrusion - quelqu'un leur parle fort par leur portière ou les serre de trop près sur la route -, elles peuvent réagir au quart de tour. Les hommes, eux, vivent leur voiture comme un prolongement d'eux-mêmes et peuvent s'en servir comme une expression de leur personnalité… Et de leur puissance…»

Testostérone et grosse cylindrée

Une étude menée en 2008 par Gad Saad et John Vangas du département marketing de l'université Concordia a d'ailleurs révélé que le taux de testostérone de conducteurs mâles augmentait davantage quand ils étaient au volant d'une voiture «haut de gamme» (en l'occurrence une Porsche) plutôt qu'une voiture de catégorie «moyenne».

Le stress et l'agressivité semblent donc bien être en cause lors de comportements délictueux sur la route. Une conjonction d'émotions chez celui qui se met en danger - «parce qu'il ne supporte pas qu'on le dépasse» ou «veut absolument arriver à l'heure» - et qui est à voir comme: «une personne à cran, souvent en manque de sommeil, d'amour et de reconnaissance», ainsi que le résume Dominique Vallaeys-Beffara.

Alain, qui affirme avoir changé de comportement au volant après ses deux jours de stage, avoue même: «Aujourd'hui, je serais sans pitié pour le conducteur couillon que j'étais… Mais ce que j'ai appris, on aurait dû me l'enseigner au moment même où j'ai passé mon permis.»

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  • (source LeFigaro.fr / Par Pascale Senk)

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