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25/07/2015

" LA CANICULE EST UN EVENEMENT PLUTÔT PRECIPITANT QUE MORTEL"

 

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INTERVIEW - Le professeur François Piette, médecin gériatre libéral et ancien chef de service à l'Hôpital Charles Foix (Ivry-sur-Seine), rappelle que les épisodes de chaleur tuent moins que le froid hivernal.

 

Sept cent décès supplémentaires ont été recensés entre le 29 juin et le 5 juillet, lors de la canicule qui a frappé la France, a annoncé mercredi la ministre de la Santé Marisol Touraine. Le Pr François Piette, président de la Société française des technologies pour l'autonomie et gérontechnologies (SFTAG), appelle à de la «prudence» face à cette annonce.

Le FIGARO. - Est-ce la canicule qui a tué ces 700 personnes?

Pr François PIETTE. - La canicule est un évènement plutôt précipitant que mortel. Lorsque l'on prend le bilan de la canicule de 2003, qui reste la référence, 15.000 personnes supplémentaires sont décédées mais cela s'est traduit un an plus tard par une sous-mortalité en 2004. Ainsi, le nombre des personnes qui ont succombé à la canicule de 2003 auraient dû mourir dans l'année. Les 700 morts sur le mois de juillet représentent une estimation non-finie du bilan de l'été, il faudrait voir sur l'ensemble de la saison pour ensuite pouvoir comparer et voir les répercussions sur le taux de mortalité. Sachant que le nombre annuel de décès est de l'ordre de 500.000, si on rapporte ces 700 morts sur un mois, on ne peut qu'être prudent face à cette annonce.

Entre l'hiver et l'été, quelle saison est la plus à risque?

La période d'hiver reste plus meurtrière que l'été, avec 30.000 morts en moyenne par an cela représente deux canicules de 2003. D'autant plus que l'épidémie de grippe cette année a été particulièrement meurtrière. Mais si la surmortalité hivernale est liée principalement aux virus et relève de mesures spécifiques comme la vaccination, les décès liés à la canicule sont principalement causés par la défaillance de l'organisation médico-sociale.

Quels évolutions par rapport à 2003?

En seulement douze ans les mesures d'accompagnement ont changé du tout au tout. Pendant la canicule de 2003, les maisons de retraite n'étaient pas prêtes, les personnes seules étaient mal informées et les services de soins moins sensibilisés aux gestes qui sauvent. Beaucoup de personnes décédées pendant la canicule de 2003 vivaient isolées et ne recevaient pas d'aide. Aujourd'hui, il y a une attention particulière portée à ces personnes. Celles qui succombent aux épisodes de chaleur vivent souvent recluses et échappent aux dispositifs d'assistance.

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  • (source LeFigaro.fr / Par Nicolas Plantey) 

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