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08/08/2015

HÔPITAL : POURQUOI LES PATIENTS ETRANGERS NE REGLENT PAS TOUJOURS LEUR FACTURE

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INFOGRAPHIE - Les malades non résidents mais solvables ne sont pas toujours obligés de payer avant d'être hospitalisés.

Les hôpitaux français veulent attirer les patients étrangers. Fortunés de préférence. La ministre de la Santé Marisol Touraine ainsi que le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ont lancé un plan en ce sens vendredi dernier. Objectif: réaliser 2 milliards d'euros de «chiffre d'affaires» pour les établissements français. Une manne d'autant plus convoitée que les moyens des hôpitaux sont extrêmement contenus actuellement dans le cadre du plan de réduction du déficit.

Problème: les quelques patients qui se rendent en France pour se faire soigner sont parfois mauvais payeurs. Hasard du calendrier, la polémique a en effet ressurgi à l'occasion des vacances du roi d'Arabie saoudite en France. Dans un tweet, le plus célèbre médecin urgentiste de France, Patrick Pelloux, rappelait que le royaume arabe devait 3,7 millions d'euros à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

D'une façon plus générale, à l'AP-HP, les patients étrangers ont laissé derrière eux au fil des ans des impayés s'élevant à 118,5 millions d'euros. Ce n'est pas le seul dans ce cas. Au CHU de Dijon par exemple, la douloureuse en souffrance se monte à 693 000 euros depuis 2005, d'après Le Bien Public.

L'AP-HP a mené l'enquête pour savoir quels étaient les patients qui ne réglaient pas leur ardoise. Parmi les plus mauvais payeurs figurent en premier lieu l'Algérie, suivi du Maroc, des États-Unis et de la Belgique. Les deux premiers pays de ce classement des mauvais payeurs se retrouvent aussi être ceux dont proviennent le plus grand nombre de patients.

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Mais cela n'explique pas tout. En Algérie, les deux tiers des dettes sont dues par les résidents, et l'autre tiers par les assurances privées et la Sécurité sociale algérienne. Même ratio pour les États-Unis. Les particuliers américains doivent 3,7 millions d'euros, contre 1,9 million pour les assureurs.

Les plus riches sont les meilleurs payeurs

L'AP-HP a poussé plus loin ses recherches. Les malades qui arrivent directement aux urgences sont les plus mauvais payeurs. Au 31 décembre 2014, l'établissement parisien n'avait récupéré que 32% de son dû pour cette catégorie de patients. Ceux, très solvables, qui choisissent l'AP-HP pour la qualité de ses équipes et se voient surfacturer les soins de 30% avaient en revanche réglé leur facture à hauteur de 80%. L'AP-HP note enfin que sa direction des finances publiques n'a pas les moyens juridiques de poursuivre les mauvais payeurs une fois ces derniers de retour dans leur pays d'origine...

Pour réduire ces non recouvrements de créances, l'AP-HP a décidé que dorénavant les patients solvables, qui ont programmé leur hospitalisation, devront payer à l'avance. «Une position adoptée par l'ensemble des CHU français», précise l'établissement parisien. Mais pour que cela fonctionne bien, il faut que les services des hôpitaux parisiens changent parfois leurs habitudes. Et notamment que certains cessent de contourner le système mis en place en faisant passer les patients étrangers par les urgences, ce qui leur évite de payer en avance.

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    source LeFigaro.fr / Guillaume Guichard

 

 

 

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