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07/10/2015

PENSEE POSITIVE : "NIER LES EMOTIONS NEGATIVES EST INEFFICACE "

 

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INTERVIEW - Entretien avec Yves-Alexandre Thalmann, psychologue clinicien, professeur de psychologie et formateur. Il vient de publier «Pensée positive 2.0, la loi d'attraction enfin expliquée» (Éd. Source Vive).

 

LE FIGARO. - Pourquoi vous a-t-il semblé nécessaire de conceptualiser une nouvelle «pensée positive»?

Yves-Alexandre THALMANN. - J'ai longtemps assisté à la confrontation irréconciliable de deux mondes: les tenants de la psychologie positive, d'une part, très réticents, parce qu'ils se revendiquent de la science, à adouber spontanément les pouvoirs magiques de la pensée positive (très différente de la psychologie positive)… Et, de l'autre, les convaincus qui se nourrissent de témoignages expliquant comment, à force de visualiser le succès, on l'atteint forcément. Pour ceux-ci, adeptes de la pensée positive, les pensées que l'on entretient dans le secret de son esprit finissent par se matérialiser dans la réalité. D'un côté, donc, quelqu'un comme Mathieu Ricard qui affirme sur son blog: «Il est clair que l'Univers n'est pas à la disposition de notre psychisme et ne constitue pas un catalogue sur lequel nous pourrions commander tout ce qui est censé satisfaire nos désirs et nos caprices.» Et de l'autre, un auteur comme Rhonda Byrne qui, avec son best-seller Le Secret, nourrit l'idéologie d'une loi de l'attraction toute-puissante. Le concept de «pensée positive 2.0» est pour moi le chaînon possible entre ces deux visions: pas question de dire «pensez positivement et tout va aller mieux». En revanche, depuis longtemps, la psychologie en tant que science a montré que nos pensées ont une influence déterminante sur nos comportements, nos relations avec les autres… Et ont donc un rôle actif dans notre accès au bonheur.

Quel est, selon vous, le pire postulat des adeptes de la pensée positive?

Je ne me prononce pas en terme de «bon» ou «mauvais», je préfère parler d'efficacité. La pensée positive promet la réalisation de nos désirs. Or rejeter les émotions négatives (peur, colère, tristesse…) n'y aide pas. Convaincue que la loi d'attraction existe, cette idéologie présuppose aussi que si l'on pense à des catastrophes, celles-ci arriveront forcément. Or ce procédé cognitif est bien connu: plus je me dis «il ne faut pas penser à un ours blanc», plus j'y pense en réalité. Plus je refoule ma colère, plus elle me commande. Nier les émotions négatives est donc inefficace. Autre facteur d'inefficacité: si je me visualise comme ayant réussi mon examen, ou ayant perdu du poids, comme le suggèrent là encore les chantres de la pensée positive, je mobiliserai moins d'énergie et, donc, obtiendrai de moins bons résultats que si je prends aussi en compte certains obstacles ; les envisager permet évidemment de mieux les dépasser. C'est là une découverte essentielle de la pensée positive «nouvelle version» que je tente de promouvoir.

Une sorte de pratique du «plan B»?

Exactement. En intégrant les pensées dites négatives, on réintègre du réel. Exemple: je donne rendez-vous à mon enfant à la gare à 18 heures. Plutôt que simplement me répéter «il sera là, il sera là» - pure pensée positive -, j'anticipe un éventuel retard des trains et lui suggère de laisser son téléphone portable allumé afin que nous communiquions facilement… Je visualise le but, certes, mais en me préparant aux empêchements possibles.

Est-ce réellement plus efficace?

Oui! Cela est désormais prouvé scientifiquement. La professeure Gabriele Oettingen notamment, de l'université de New York, s'est employée pendant près de vingt ans à mener des études rigoureuses avec des milliers de sujets sur les pouvoirs de la pensée positive. Elle a découvert les effets déterminants du «contraste mental»: ceux qui visualisent leur objectif. Et les obstacles possibles ainsi que les moyens de les surmonter réussissent davantage que ceux qui écartent toute pensée négative. Et vous remarquerez que je ne dis pas qu'ils réussissent «à tous les coups» mais simplement «davantage», prudence scientifique oblige!

Voir aussi www.penseepositive20.net

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  • (source LeFigaro.fr / Par Pascale Senk)

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