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06/10/2015

LES MEDECINS EN GREVE CONTRE LA LOI TOURAINE

 

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Sur fond d'élections professionnelles, les coordinations locales de praticiens protestent contre le projet de loi santé, qui doit être voté mardi par le Sénat.

Les élections professionnelles des médecins libéraux ne sont jamais un long fleuve tranquille. Celles qui se tiennent jusqu'au 12 octobre ne dérogent pas à la règle: un mouvement de grève débute ce lundi et doit durer deux jours. Les objets du courroux des praticiens sont multiples, du tiers payant généralisé contenu dans le projet de loi de Marisol Touraine à l'absence de hausse de tarifs depuis 2011.

Les syndicats contestataires, la Fédération des médecins de France (FMF) et le Syndicat des médecins libéraux (SML), ainsi que les mouvements autonomes locaux que sont les coordinations et l'Union française pour une médecine libre (UFML), qui les chapeaute, appellent une nouvelle fois à faire grève contre le projet de loi santé. Le texte doit être adopté mardi par le Sénat, dans une version très modifiée par rapport à celle de la ministre.

De son côté, MG France, le premier syndicat de généralistes, incite les médecins à fermer leur cabinet ce lundi pour réclamer une hausse du tarif de leur consultation de 2 euros, pour le porter à 25 euros, et protester contre le tiers payant généralisé. Dans un communiqué, l'organisation dit constater «une mobilisation en hausse constante s'étendant en tache d'huile dans des régions très motivées, et partout une même détermination à défendre une profession en danger».

Ces mouvements spontanés, qui émergent du terrain, sont un classique des périodes de grande tension dans le corps médical.

La mobilisation des coordinations, surtout, devrait être très forte. En Saône-et-Loire, la coordination MST 71 annonce 90 % de fermetures de cabinets lundi et mardi. Même chose dans la Loire, où s'est montée la première coordination, le «Printemps roannais». Les insoumis, dans l'Ain, ainsi que les «comités de défense des territoires de santé» bretons, très mobilisés dans le Finistère, annoncent un important suivi. Dans les alentours de Longwy, en Lorraine, la plupart des médecins devraient laisser leur stéthoscope rangé dans leur tiroir. Les coordinations les plus virulentes devraient bloquer des axes routiers.

Ces mouvements spontanés, qui émergent du terrain, sont un classique des périodes de grande tension dans le corps médical. La première fut créée par les infirmières, en 1988. Les médecins ont repris l'idée dès l'année suivante. Un succès. Face à la mobilisation, l'Assurance-maladie avait dû remiser son projet de maîtrise économique des dépenses de santé. Bis repetita en 1991, puis en 2002. «Les coordinations adoptent une posture de refus de toute négociation, explique Patrick Hassenteufel, professeur de sciences politiques à l'université de Versailles et spécialiste des syndicats de médecins. Elles veulent faire aboutir leurs revendications sans faire de concession.»

Dans ce contexte, le rapport de force entre les syndicats se présentant aux élections professionnelles a évolué depuis le précédent scrutin. Les plus contestataires, comme la FMF et le SML, semblent gagner du terrain, d'après le traditionnel sondage du Quotidien du médecin. Sans pour autant dépasser MG France chez les généralistes, ni la CSMF, première organisation chez les spécialistes et deuxième chez les généralistes. Clin d'œil de l'histoire, les leaders des coordinations finissent souvent dans les syndicats représentatifs. L'un, Gérard Maudrux, préside depuis de nombreuses années la Caisse de retraite La rédaction vous conseille :

(source LeFigaro.fr /Ivan Letessier)

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