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12/10/2015

PRIMAIRE : APRES LA JURISPRUDENCE VALLS, LA TECHNIQUE MORANO

 

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LE SCAN POLITIQUE - On connaissait le tour de force vallsiste : un faible score à la primaire et Matignon qui s'ouvre à soi. Voici venu le modèle Morano : une déclaration choc et une invitation garantie sur TF1.

 

Qu'est-ce qui est de nature à provoquer de la jalousie entre les politiques? «La télévision! La télévision, bien sûr», répond du tac au tac le député Les Républicains (LR) Thierry Solère. Le chef d'orchestre de la prochaine primaires de la droite et du centre ne croyait pas si bien dire. Vingt-quatre heures après notre question, TF1 annonçait la venue de Nadine Morano sur son plateau du journal télévisé de 20 heures, le plus regardé d'Europe. Jeudi soir, plus de six millions de Français ont regardé et écouté l'ancienne ministre dénoncer la «faute politique majeure» de Nicolas Sarkozy qui venait de lui retirer son investiture après ses propos sur la «race blanche». Une audience inespérée pour n'importe quel élu, quand bien même il squatterait assidûment la salle des quatre colonnes de l'Assemblée.

En invitant l'eurodéputée, TF1 vient d'ouvrir une brèche. Le Graal médiatique est maintenant à la portée de tous pourvu que le propos scandalise suffisamment au point d'occuper la scène médiatique pendant plus de deux semaines. Henri Guaino, l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, a d'ailleurs exprimé sa surprise sur RMC : «Jusqu'à présent il fallait être au moins premier ministre pour être invité au 20h de TF1, même un cardinal avait du mal à être invité». Quant à Thierry Solère, il a ensuite confié à LCP être «franchement» choqué de l'invitation de Nadine Morano sur le plateau de Gilles Bouleau. Mais tous les autres ambitieux ont retenu la marche à suivre pour s'inviter dans la lucarne. Avec la nouvelle jurisprudence Morano, il n'est plus à exclure que la primaire de novembre 2016 soit l'objet d'une course à l'échalote médiatique.

«Jusqu'à présent il fallait être au moins premier ministre pour être invité au 20h de TF1, même un cardinal avait du mal à être invité»

Henri Guaino sur RMC

Car cette jurisprudence succède à une autre, venue, elle, de la rue de Solférino. Porter une candidature de témoignage à la primaire et devenir premier ministre, c'est l'exploit de Manuel Valls. En 2011, le député-maire d'Evry a obtenu 5,63% en choquant la gauche par ses propositions iconoclastes. Trois ans plus tard, il sort Jean-Marc Ayrault par la force des caméras. Et là encore, la leçon est retenue à droite. «Si, au minimum, je réitère mon score lors de l'élection à la présidence de l'UMP (6,32%) et que quelques mois plus tard, je suis nommé premier ministre, je ne me plaindrai pas», a expliqué avec franchise un Hervé Mariton fraîchement déclaré candidat à la primaire.

Pour se présenter définitivement à la primaire, les membres des Républicains devront apporter 20 parrainages de parlementaires. Une étape difficile à atteindre pour Nadine Morano. Mais le dernier délai pour présenter les documents est fixé au 21 septembre 2016. Ce qui promet onze mois pendant lesquels n'importe quelle personnalité pourra se présenter comme probable challenger afin de s'inviter dans les médias. Le temps du débat entre protagonistes qualifiés se fera attendre...

Ironie du sort, Nadine Morano elle-même avait alerté sur les risques liés à l'organisation d'une primaire à droite. «Elles sont inévitablement facteurs de division par les écuries qu'elles vont susciter», disait-elle en juin dernier à Atlantico. Elle voyait probablement juste: entre frénésie médiatique et lutte pour le pouvoir, la course vers l'Elysée s'annonce baroque à droite.

(source LeFigaro.fr / Tristan Quinault Maupoil ) 

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