UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/10/2015

CHÔMAGE : ET SI ON NOTAIT FRANÇOIS HOLLANDE AU CONTRÔLE CONTINU ?

 

FH .jpg

FIGAROVOX/TRIBUNE - Jacky Isabello souligne que la hausse constante du taux de chômage est ce qui caractérise de la façon la plus marquante le quinquennat de Hollande.

Chômage: "A l'épreuve du contrôle continu le président Hollande n'a plus aucune chance d'avoir la moyenne!"

(Jacky Isabello est co-Fondateur de CorioLink. Il a écrit avec Thibault Lanxade En finir avec la dictature du Salariat paru en 2010 aux éditions Editea.)

 

Et si chaque électeur appliquait les techniques de notation de l'Éducation nationale pour juger l'action du personnel politique! Pendant que l'agenda présidentiel est rythmé par le service après-vente du documentaire Un temps de président et les rencontres contraintes par la situation internationale préoccupante, le chômage continue de s'aggraver, comme en attestent les derniers chiffres de l'INSEE de Pôle emploi. Si la ministre du Travail, Myriam El Khomri, se défend tant bien que mal en attirant l'attention sur l'efficacité des dispositifs en faveur de l'emploi des jeunes (contrats de générations, emplois d'avenir), il reste que le chômage s'est accru de 4,6% depuis août 2014, avec 20 000 demandeurs d'emplois supplémentaires sur le dernier mois. Si le Président était jugé non pas sur l'inversion de la courbe du chômage, mais évalué en continu, comme à l'école, sur la qualité des actions entreprises par les pouvoirs publics, il ne serait plus possible, à 18 mois de la prochaine échéance présidentielle, de revendiquer une note supérieure à 10. Rendant ainsi, sa réélection impossible!

En termes de hausse du taux de chômage, la France serait un des pires cancres dans la salle de classe européenne.

Au premier abord, un taux de chômage de 10% pourrait laisser à penser que l'on se situe dans la moyenne de la zone euro (9,5% en août 2015) tandis que cette augmentation récente du nombre de demandeurs d'emplois indique tout le contraire. En termes de hausse du taux de chômage, la France serait même un des pires cancres dans la salle de classe européenne, loin derrière l'Estonie (de 8,0% à 5,7%) ou l'Irlande (de 11,1% à 9,5%), élèves-modèles du moment. En un mot, il est clair que la France se situe à contre-courant de la tendance à la baisse qui touche actuellement la zone euro. Or le quinquennat avance à grands pas et si on se prête à l'exercice délicat du bilan en continu, l'addition est d'ores et déjà salée pour le président de la République.

Nous nous sommes donc prêté à cet exercice improbable de mettre en application le principe du contrôle continu appliqué à l'action publique et tout particulièrement à l'action de M. Hollande. Ce système d'évaluation est de plus en plus répandu dans le secondaire et le supérieur. Plus étalé dans le temps il est souvent considéré comme plus équitable et pertinent dans la mesure où il permet d'évaluer à intervalles réguliers la façon dont les savoirs sont reçus et assimilés. Au passage, on peut d'ailleurs remarquer que le poids du contrôle continu vient d'être renforcé au brevet des collèges dans le but de s'assurer une acquisition progressive des connaissances par les élèves. En un mot, la France tend à se distinguer du tout puissant examen terminal, qui s'apparente à une échéance unique et déterminée à l'avance. Un peu comme si la légitimité de se présenter à une deuxième élection quinquennale se construisait chaque jour. Toutefois, nous serons généreux ; seule la qualité des efforts de l'élève Hollande en matière de politique de l'emploi sera prise en considération.

En osant un parallèle audacieux, il y a fort à parier qu'à la lecture des chiffres du chômage, la mission confiée par le chef de l'Etat aux gouvernements Ayrault et Valls ne résiste pas longtemps à l'épreuve du contrôle continu. De là à dire que les engagements de campagne présidentielle volent en éclats, il n'y a qu'un pas. Poussons l'hypothèse plus loin. Si on réunissait un échantillon d'une dizaine d'électeurs, qui joueraient pour l'occasion le rôle d'un jury de professeurs, il est quasiment sûr que «le président-élève», n'obtiendrait pas la moyenne. Cet échec hypothétique met en relief le décalage entre, d'un côté, le temps (long) de la décision politique et de ses effets et, d'un autre côté, l'instant fugace et pourtant décisif de l'évaluation: l'élection.

Il apparaît difficile pour ne pas dire impossible que le Président réussisse cette entreprise périlleuse, alors même qu'il s'était engagé à ne pas se représenter en cas d'échec. Toutefois, admettons que, vu à travers les lunettes du contrôle continu, la promesse d'une inversion de la courbe du chômage reste la seule chance de convaincre les Français d'oser à nouveau l'écurie «hollandiste». En admettant évidement que l'élection puisse être ramenée à une sorte de contrôle terminal. Faites ce que je dis mais pas ce que je fais, pensez-vous... jamais!

La rédaction vous conseille :

(source LeFigaro.fr /Jacky Isabello)

Les commentaires sont fermés.