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23/10/2015

POURQUOI LE DOSSIER AIR FRANCE EST IL SI SENSIBLE ?

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- Depuis l'échec cuisant du dernier CCE, l'atmosphère est tendue chez Air France. Emplois, engagement du gouvernement, image de la France… derrière la crise que traverse la compagnie aérienne se cachent de nombreux enjeux. Décryptage.

Depuis plusieurs semaines Air France est soumise à de fortes turbulences. En proie à de grandes difficultés, la compagnie aérienne entame ce jeudi de nouvelles discussions avec les représentants des salariés. L'objectif: se mettre d'accord sur un plan d'actions pour devenir plus compétitive. Depuis l'échec cuisant du dernier CCE, l'atmosphère est tendue. Mais pourquoi l'«affaire Air France» a-t-elle pris une telle ampleur?

1. Parce que la tension sociale est extrême

La colère des salariés trouve ses racines dans l'annonce de la mise en place d'un nouveau plan d'économies baptisé «Perform 2020». Ce dernier doit permettre à Air France de dégager un résultat d'exploitation d'au moins 700 millions en 2017. Or «Perform 2020» fait suite à un précédent plan de restructuration, «Transform 2015», qui s'est déjà traduit par la suppression de plus de 5000 emplois depuis 2012, un gel des salaires et des promotions, l'augmentation du temps de travail des navigants…

La direction d'Air France avait menacé de mettre en œuvre un «plan B» plus sévère que «Perform 2020» en cas d'échec des négociations avec les syndicats. Début octobre, faute d'accord avec les représentants des pilotes, elle met sa menace à exécution et présente son plan alternatif qui prévoit, entre autres, la suppression de 2900 postes. Les salariés sont à cran. La colère de certains d'entre eux s'abattra sur le DRH, Xavier Broseta, et sur Pierre Plissonnier, DRH d'Air France à l'Aéroport de Roissy, obligés d'escalader un grillage pour fuir la foule, chemises arrachées.

Si la tension semble être retombée d'un cran depuis cet épisode, elle n'a pas disparu. D'abord parce que l'interpellation puis la garde à vue prolongée d'employés a provoqué l'indignation des syndicats. Ensuite parce que le PDG de la compagnie, Alexandre de Jugniac, vient de confirmer que le plan alternatif n'était pas suspendu. Un millier d'emplois seront bien supprimés l'an prochain. «Mais si les négociations sont réussies, on peut éviter son application en 2017. Or, c'est en 2017 que se concentrent les mesures les plus douloureuses», a-t-il prévenu. Les dirigeants et les organisations syndicales se retrouveront à la table des négociations ce jeudi dans un climat qui reste électrique.

2. Parce que l'État actionnaire a du mal à prendre position

L'État possède 17,58% du capital de la compagnie tricolore. Une participation certes minoritaire mais qui oblige le gouvernement à réagir au dossier, d'autant plus que ses représentants en conseil d'administration ont validé le fameux plan B. Sa position est devenu très ambigüe. Début octobre, le premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Économie Emmanuel Macron affichaient clairement leur soutien à la direction. Mi-octobre, François Hollande fait un virage à 90 degrés et dénonce «la brutalité d'un certain nombre de décisions qui peuvent être celles des patrons». Dans la foulée, Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, Myriam El Khomri, ministre du Travail, veulent «remettre les choses à plat». Désormais, le président de la République, comme son premier ministre, appellent la compagnie à éviter les licenciements….À ce discours confus s'ajoutent les décisions contradictoires du gouvernement qui contribuent à plomber la compagnie face à ses concurrents. Selon certains observateurs, ce dossier relance surtout le débat sur les participations de l'État au capital d'entreprises commerciales dont les objectifs sont souvent en contradiction avec les exigences de la puissance publique.

3. Parce que l'image de la France est associée à celle de sa compagnie nationale

Si la crise chez Air France prend une telle ampleur, c'est aussi parce qu'elle concerne un fleuron national auquel l'image de la France est intimement liée, plus que pour n'importe quelle autre entreprise. «Je considère que cette compagnie est une image de la France. Il faut qu'on se donne les moyens de la conserver», avait indiqué le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll au début du mois. La disparition d'Air France, symbole d'une certaine fierté nationale, inquiète les politiques de tout bord, Alain Juppé évoquant même «une catastrophe pour l'économie et le rayonnement de la France». Elle est aussi jugée inconcevable par une majorité de Français, selon un sondage publié par Le Parisien le mois dernier.

Or c'est bien l'avenir d'Air France qui est au coeur des discussions ce jeudi. La compagnie tricolore subit la concurrence des compagnies low-cost sur le moyen-courrier et celle des compagnies asiatiques et du Golfe sur le long-courrier. Elle connaît des problèmes de rentabilité (avec un déficit de 376 millions d'euros en 2014 année marquée par une longue grève), de masse salariale, de perte de parts de marché… Selon les dirigeants, les plans de restructuration sont inévitables. «Si Air France n'évolue pas, elle se met en danger. On sait qu'une compagnie peut disparaître», a rappelé Manuel Valls.

 

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 (source LeFigaro.fr /Hayat Gazzane)

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